L’émaillage, un art séculaire
Ils ne sont au total qu’une petite quarantaine en France à exercer le métier d’émailleur d’art. Maryse Bouchet, diplômée d’État à Limoges, est l’un d’eux. Vous la trouverez dans son atelier du 18, rue du Havre à Ars où elle vous parlera avec passion de son métier et des arts du feu.

Maryse Bouchet réalise des bijoux (des vrais, et non de la pacotille comme beaucoup en proposent), des tableaux et des sculptures contemporaines en cristal de Limoges sur cuivre qu’elle associe selon son inspiration à divers matériaux tels le verre fusing, le bois, l’or ou autres métaux.
Un cristal invité à la table des rois
Ce cristal qui participa à la réputation de la ville de Limoges du XIe au XVIIIe siècle est encore aujourd’hui fabriqué par Franc Dufour à la cristallerie Saint-Paul Emaux Soyer de Condat-sur-Vienne (87). Il s’agit de l’émail dit des bijoutiers utilisé par les orfèvres et les émailleurs, bien différent de l’émail industriel (bon marché) ou de l’émail de verre. Ainsi, jusqu’au 18e siècle, il fut utilisé principalement dans la création de l’art de la table et pour la fabrication d’objets religieux. « C’est cette même matière première que j’utilise, un produit d’exception et de très grande qualité, qui a pour base la silice, la soude, le carbonate de potasse, le borax et le minium de plomb. Ce que j’aime plus particulièrement dans ce travail très méticuleux, c’est la calcination du cuivre qui permet d’obtenir des rouges naturels jusqu’au vert en passant par l’oranger. L’oxyde d’or nous amène des couleurs chaudes alors que l’oxyde d’argent nous livrera quant à lui des couleurs froides. »
Des techniques multiples
Le métier en lui-même consiste à déposer la poudre de cristal sur un support métallique (cuivre) qui se transformera par fusion à 850° C.
Ces matériaux nobles vont alors s’exprimer à travers différentes techniques : l’émail peint (« Attention ! On n’utilise pas de peinture mais des grains de cristal. Ainsi reproduisait-on des portraits peints qu’un client apportait, d’où le nom d’émail peint. »), l’émail cloisonné (dans le style des émaux bressans), la grisaille (pour réaliser des noirs et blancs), le champlevé (une technique utilisée jadis par les Égyptiens : métal creusé), et le plique-à-jour, une technique peu pratiquée de nos jours, laquelle donne un effet vitrail aux pièces réalisées. Les Espagnols étant les maîtres de ce type d’émaillage.
Un métier aux multiples facettes
En fait, le métier d’émailleur d’art est la synthèse de plusieurs activités : celle du dinandier (travail et mise en forme du cuivre), du fondeur et du joailler (travail de l’or et de l’argent), du graveur, du dessinateur, de l’émailleur (application de l’émail) et finition à l’enluminure. « Quant à l’inspiration, je la trouve dans la nature et je l’exprime dans les décors de mes créations dont chaque pièce est unique et signée à l’or. »
Maryse Bouchet – Expositions et points de ventes :
Exposition permanente : Galerie de la Maison de l’Email 18/20, boulevard de la Cité 27000 Limoges
Tél : 05 55 34 37 68
Atelier, boutique de vente (d’avril à fin septembre) : 18, rue du Havre 17590 Ars-en-Ré
Tél : 06 899 42 553
Courriel : emaux-marysebouchet@orange.fr
Site internet : www.emaux-marysebouchet.fr
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