L’EHPAD de Saint-Martin s’invite aux municipales
Il y avait déjà eu un précédent en novembre dernier, rebelote cette fois-ci à l’initiative du Collectif citoyen « Sauvons le seul EHPAD public de l’île de Ré ». En partie avec les mêmes, puisque certains élus font partie de ce Collectif. Difficile de ne pas évoquer une certaine récupération politique.
Dommage, car l’organisation du débat avait le mérite d’exister et il est de bonne guerre de solliciter les candidats en campagne électorale, même si, on le sait bien, les annonces et promesses n’engagent que ceux qui les écoutent… Michel Lardeux, le modérateur, a tenté de rester factuel en rappelant le contexte et donnant la parole à tous, et le Collectif a publié un compte-rendu le plus neutre possible.
Cependant, très vite, dès qu’ils ont eu la parole, trois candidats aux élections (aucun d’eux n’étant maire) ont tenté de politiser le débat en mettant directement en cause la Communauté de Communes et son président. « Pourquoi n’est-il pas là ? », « Que fait la CdC ? », un autre candidat rétorquant « Le Département n’a rien fait », suite à certaines affirmations contestables, notamment sur la prime dite « d’insularité » qui ne serait pas légale*. Se demandant où il avait mis les pieds et sentant la tentative d’instrumentalisation, un autre candidat quittait d’ailleurs assez vite la salle.
Les objectifs et la position du Collectif citoyen
Pour les Rétais, le maintien de l’ensemble des structures du Groupe Hospitalier Littoral Atlantique à Saint-Martin de Ré est fondamental pour la continuité des soins et la gestion des urgences pour l’ensemble de l’île de Ré : EHPAD et son unité protégée, service de soins médicaux et de réadaptation (SMR, communément appelé « hôpital »), Service d’accueil de jour pour les malades Alzheimer et apparentés, service d’urgences saisonnier. Les représentants syndicaux et le personnel de l’EHPAD dénoncent les conditions d’accueil, de vie et surtout de travail des personnels en sous-effectif et alertent régulièrement sur les risques de fermeture. Le Collectif s’est créé en décembre 2023, pour les soutenir et « obtenir l’engagement de l’Etat, des instances concernées – ARS et Département – et des élus locaux sur le maintien du seul EHPAD public de l’île. »
De ce débat auquel participaient une quinzaine d’élus et/ou candidats, des représentants syndicaux, du personnel en sont sortis trois sujets forts. Le premier concerne la pyramide des âges rétaise, avec plus de 47% de la population ayant plus de 60 ans, près de 20 % plus de 75 ans et un solde démographique largement négatif (265 décès pour 77 naissances en 2024).
Le second sujet concerne les difficultés de recrutement et de fidélisation du personnel, liées au manque de solutions de logement abordable et aux conditions de travail éprouvantes. Les besoins en recrutement et en formation, le manque d’encadrement et la faiblesse des salaires sont pointés du doigt, avec pour corollaire la nécessité que les autorités de tutelle (ARS, Département) et le groupe hospitalier s’engagent dans un plan d’avenir pour trouver des solutions pérennes afin de rendre l’EHPAD plus attractif aux yeux des professionnels. La prime d’insularité a été à nouveau évoquée.
Troisième sujet évoqué, « étudier les possibilités de rachat du foncier bâti par tous les moyens financiers et légaux (y compris préemption) en relation avec l’ARS, des financeurs mutualistes, etc. pour faire cesser cette spirale destructrice. » Certains intervenants estimant que retrouver la maîtrise du foncier permettrait de reprendre en main la gestion de l’EHPAD. Les besoins de rénovation et d’entretien des bâtiments ont aussi été évoqués.
Au terme de ce débat, le collectif a réaffirmé sa détermination en faveur du maintien du service public de l’EHPAD, nécessité vitale au regard du vieillissement de la population et de l’équité territoriale. La rupture du lien familial et social qu’induirait la fermeture à terme de l’EHPAD n’est pas acceptable. Il s’engage auprès des Rétais à suivre l’évolution de ce dossier après les élections.
*Comme nous l’écrivions en juin 2024, des dérogations à la loi existent déjà en zones frontalières, comme par exemple cette prime pour les fonctionnaires installés près de la frontière suisse, afin de les inciter à rester travailler en France. Ce dispositif date de décembre 2023 et concerne 29 000 agents de l’Etat dans 133 communes de l’Ain et de la Haute-Savoie. Dans un compte-rendu du conseil de Ministres d’alors il est rappelé les « importantes difficultés de recrutement et de fidélisation liées à a cherté de la vie, se traduisant en particulier par des tensions spécifiques pour l’accès au logement… et qui conduisent à des fermetures de lits dans les hôpitaux et les EHPAD… ». D’où ces dérogations.
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