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L’eau, c’est la vie !
Sans elle rien de possible. Est-on capable d’imaginer des robinets à sec ou le rationnement ? Non. Et pourtant…. Cela pourrait bien arriver.
Invitée de l’association Ré Avenir lors de son Assemblée générale, la directrice générale d’Eau 17, Hortense Bret, avait présenté l’étude prospective 2022, socle d’une stratégie de résilience et d’adaptation au dérèglement climatique. Interrogée quelques semaines après (et deux épisodes caniculaires plus tard), elle avoue être préoccupée malgré son tempérament positif. A l’appui, des chiffres : « sur un mois de juin normal, la consommation est d’environ 64 000 m3 par jour sur la Charente-Maritime pour passer en août à 95 000 m3 par jour. Aujourd’hui (25 juin), nous en sommes à 82 000 m3 jour », souligne-t-elle. Tout est dit, la ressource en eau est en train de diminuer alors que le pic de saison n’est pas encore là.
100% dépendante
C’est le cas de l’Ile de Ré, ne possédant aucune ressource. Notre eau potable vient donc exclusivement du continent, principalement du fleuve Charente avec un complément de Vendée, et parcourt soixante-dix kilomètres de réseaux pour être acheminée sur le territoire. Ne pas se sentir concerné par ce qu’il se passe sur le continent et ne pas participer aux efforts nécessaires serait donc de graves erreurs. Trois types d’approvisionnement en eau sont disponibles sur la Charente-Maritime : les eaux de surface (le fleuve Charente pour 35%) et les eaux souterraines, par les nappes dites libres (peu profondes et touchées par les pollutions humaines) et celles dites captives (profondes et donc plus protégées) les deux représentant 65% de la ressource. En période de canicule, la consommation augmente du fait de la végétation, de l’irrigation des zones agricoles et des usages en eau potable. Même si le niveau est haut et les nappes remplies – ce qui était le cas en raison d’un hiver pluvieux – le niveau descend alors très vite et « on n’a pas assez d’eau », conclut Hortense Bret.
Une stratégie pour faire face mais…
Votée par les élus d’Eau 17, une stratégie d’adaptation et de résilience s’articule en quatre grands axes allant de l’innovation pour la continuité du service à la réduction de l’empreinte écologique du service public de l’eau, en passant par la préservation de la ressource et l’implication active dans le développement durable des territoires. Elle est issue d’une étude prospective initiée en 2022 prenant en compte quatre scénarios différents (hiver sec et été chaud pour exemple) et préfigurant deux hypothèses, l’une à horizon 2025, l’autre à horizon 2050. Et le constat est clair : si l’équilibre entre ressources et besoins est assuré pour les secteurs intérieurs sur les deux dates, il est en danger sur le Royannais en 2050 tandis que le littoral est a minima en déséquilibre dès 2035 et déficitaire quels que soient les scénarios considérés en 2050. Il est donc indispensable d’agir dès aujourd’hui. Et autant le dire tout de suite, cela passera par une optimisation des ressources et une modification des usages.
Réduire les prélèvements d’eau potable
Pour atteindre une indispensable sobriété en eau, il s’agit de « réduire et de supprimer les volumes inutiles », cela pouvant aller jusqu’à une augmentation des tarifs, « hors usages considérés comme vitaux », précise Hortense Bret, mais également de « substitution de certains besoins (arrosage, lavage de voiries) par des ressources alternatives », qu’il s’agisse d’eau de pluie, d’eaux grises ou d’eaux usées traitées.
Mobilisation générale
Pour Eau 17, il s’agit donc de sensibiliser et de mobiliser l’ensemble des usagers, dont les acteurs économiques aux activités les plus gourmandes en eau comme les campings. « 50% de leur facture d’eau résulte de fuites », précise Hortense Bret, soulignant que certains usages (chasses d’eau, douches, etc.) pourraient provenir de ressources alternatives. Problème, les travaux inhérents ont un coût et si les campings sont à l’écoute, il ne leur est pas toujours facile de l’intégrer sauf si d’importants travaux (réfection par exemple) sont à l’ordre du jour. Cela passe aussi par la sensibilisation : « cet été, quatre personnes employées saisonnières vont sillonner les campings du littoral », explique-t-elle, évoquant informations et animations sur l’eau. Au-delà des acteurs économiques, il va sans dire que nous sommes absolument tous concernés en tant qu’usagers : ne pas laisser couler l’eau de la douche ou celle du robinet inutilement, choisir les modes éco pour machines à laver le linge et la vaisselle, installer des mousseurs réduisant le débit d’eau, autant de petits gestes qui n’en sont pas.
Que faire face à la canicule ? Stopper l’arrosage de pelouses déjà grillées, oublier le karcher et le nettoyage des terrasses, mais aussi le potager et les plantations. C’est difficile et nous n’y sommes pas habitués ? Oui, mais l’enjeu est essentiel car que ferons-nous si l’eau vient à manquer ?
Pour conclure sur une note positive, l’Ile de Ré est plutôt à la page car réutilisant déjà des eaux usées traitées à destination agricole avec deux stations dédiées (l’une à La Flotte et l’autre à Ars) auxquelles il faut ajouter trois bornes vertes (Ars, La Flotte, La Couarde) et « bientôt une quatrième à Sainte-Marie », précise Hortense Bret. C’est pas mal mais étant totalement dépendants de la ressource, nous pouvons encore mieux faire. A commencer par tous appliquer, dès la prochaine canicule (annoncée), les principes de sobriété qui de toute façon, de gré ou de force, deviendront la règle.
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