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L’ancienne demeure des Seigneurs de Ré
L’Hôtel de Clerjotte, qui héberge actuellement le Musée Ernest Cognacq, est constitué d’un ensemble de bâtiments remarquables par leur élégance, dont la construction s’est étalée du XVe siècle à nos jours. Il a joué un rôle important dans l’histoire de Saint-Martin.
Dès le XVIe siècle, le port de Saint-Martin connaît une croissance spectaculaire en raison de la position stratégique de l’île de Ré face aux incartades des Anglais, grâce à la bonne santé économique de La Rochelle et à son sel et à sa vigne. Le pouvoir royal favorise l’installation dans l’île de grandes familles seigneuriales afin de mieux contrôler ce qu’il s’y passe. C’est ainsi que naissent alors les demeures dites de plaisance, dont l’Hôtel de Clerjotte qui accueillit des familles nobles ou servit de logement de fonction aux représentants du roi. Les actes notariés de la Renaissance indiquent «!Hôtel de Clergeatte!», du nom de Louis Clergeat, qui initia sa construction vers 1470-1480. Au XVIe siècle, la propriété appartient aux Maroix, noble famille comprenant en son sein des officiers de la seigneurie de Ré, qui sont les premiers occupants connus. Après le décès du prévôt Jean Maroix (1540), puis de son épouse, leurs cinq héritiers procèdent au partage de la succession en plusieurs étapes et en morcelant «la maison de la Clergeatte» en cinq parts. L’Hôtel de Clerjotte ne représentait qu’une petite part de ce vaste ensemble englobant le sud de Saint-Martin depuis la rue des Gabaret jusqu’au cours Dechézeaux et la rue Baron de Chantal.
Parmi les propriétaires la célèbre famille des Gabaret
Jean Gabaret, lieutenant des armées navales du roi, acheta l’Hôtel de Clerjotte dans le cadre de la succession du couple Maroix. La famille des Gabaret, originaire de Gascogne, était très fortunée et ses membres s’illustrèrent dans la Marine royale. Le marquis de Gabaret, calviniste, devra, après la défaite des protestants en 1627, céder la propriété de Clerjotte à Jamon des Jarielles avant de s’expatrier aux Antilles afin d’éviter les représailles des catholiques. Celui-ci donnera en gérance la propriété, de 1675 à 1679, à la Fabrique, organisme qui administrait et entretenait des biens religieux. En 1684, Jean de Gabaret, lieutenant général des armées navales du roi devient propriétaire tant par héritage familial que par acquisition sur les créances de son beau-père Jean Jamon.
Une longue fonction militaire qui endommagea la propriété
A la fin du XVIIe, Louis XIV décide de renforcer les défenses des Pertuis et ordonne la construction d’une citadelle à Saint-Martin et d’une enceinte entourant la capitale. L’ampleur des travaux nécessitera la confiscation de nombreux bâtiments et en 1690 Clerjotte est réquisitionné par l’intendant Bégon pour servir d’arsenal. Cette fonction militaire, l’Hôtel de Clerjotte la conservera jusqu’après la fin de la Deuxième Guerre mondiale en 1949. Les bâtiments en souffriront beaucoup et la soldatesque, y compris allemande, ne le ménagera pas.
En 1955, Clerjotte est cédé à la ville de Saint-Martin qui, utilisant les dons municipal. En effet, le fondateur de la Samaritaine, Rétais de souche et riche philanthrope, est à l’origine de la création du musée qui occupe de nos jours l’Hôtel Clerjotte. A la mort, en 1905, de René Phelipot, maire du Bois-Plage et érudit, il achète ses collections pour la somme de 12 000 Francs qu’il offre à la commune de Saint-Martin. Deux ans plus tard, il fait don de 50 000 francs pour l’acquisition de la maison des Cadets Gentilshommes dont une partie sera transformée en musée Phelipot (1907) avant de porter le nom de son mécène. Les finances de la commune n’étant pas en mesure d’entretenir le musée, Ernest Cognacq ajoutera à ses précédents cadeaux une rente annuelle perpétuelle de 500 francs.
Classé monument historique en 1929, la restauration sera menée par Michel Mastorakis, Architecte en chef des Monuments Historiques qui s’était fixé pour objectif de redonner à l’endroit son aspect initial, rectifiant, entre autres, les malheureuses modifications de l’époque de l’arsenal. Débutée en 1960, elle prendra plusieurs années et comprendra également celle des jardins. Le musée Ernest Cognacq sera transféré dans l’Hôtel de Clerjotte en 1969.
Il y a peu d’exemples dans l’île de Ré d’hôtel particulier Renaissance. Construit au XVe siècle, Clerjotte a été profondément remanié au XVIe avec l’adjonction de deux ailes à arcades et d’une tour octogonale qui témoignent de la diffusion des nouveaux concepts architecturaux venus d’Italie. Au XVIIe, réquisitionné comme arsenal, il n’évoluera plus sur le plan de son architecture avant 2006 et la création, très discutée à l’époque, d’une nouvelle aile moderne.
Aujourd’hui, l’Hôtel de Clerjotte est devenu indissociable du musée Ernest Cognacq qui s’épanouit dans ses murs.
L’ABBAYE DES CHÂTELIERS : Une vieille dame de 870 ans!
Erigée en 1156 à La Flotte par les abbés Isaac de Stella et Jean de Trizay, sur autorisation du seigneur Eble de Mauléon, l’abbaye cistercienne des Châteliers, initialement appelée Notre Dame de Ré, est considérée comme l’édifice religieux le plus ancien de l’île de Ré.
Classée au titre des monuments historiques depuis 1990, bien connue non seulement des Flottais et de tous les habitants de l’île de Ré, mais aussi des vacanciers de passage sur le territoire, l’abbaye des Châteliers, illuminée tout au long de l’année, sert aujourd’hui de décor naturel à de nombreuses animations!: visites ou escape game organisés par le musée du Platin, point d’arrivée des marches solidaires pour Octobre rose, Tulipes contre le cancer, etc.
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