Enfants et jeunes

Mois de l'architecture et du cadre de vie en Poitou-Charentes

les brises marines à ars en ré

« Laissez-vous conter les Brises Marines. De la colonie permanente à la crèche enfantine 1925-2014. »

Les Brises Marines à Ars-en-Ré ont été créées en 1925 par Achilles Porsain
Publié le 05/05/2014

Tel est l’intitulé de l’exposition sur l’histoire du site des Brises Marines à Ars-en-Ré réalisée par le Service de l’architecture et du patrimoine de la Communauté de Communes de l’Ile de Ré dans le cadre du Mois de l’Architecture et du Cadre de vie en Poitou-Charentes. Une exposition visible sur les grilles du chantier à Ars-en-Ré jusqu’au 30 avril dernier et que l’on peut désormais télécharger sur le site internet de la Communauté de Communes *.

De l’OEuvre de la colonie scolaire permanente à l’Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique

Le directeur de l’école d’Ars-en-Ré, Achille Porsain, décide à son retour de la Grande Guerre de venir en aide aux enfants issus de familles défavorisées et aux orphelins. Pour cela, aidé de sa femme Jeanne et de sa belle-soeur Léa Bonnet, il accueille chez lui et à l’école communale une dizaine d’enfants. En 1925, il fonde l’« OEuvre de la colonie scolaire permanente d’Ars-en-Ré », association ayant pour objet de « loger, nourrir, entretenir, éduquer, soigner des enfants âgés de 6 à 14 ans de sexe masculin fréquentant ou ayant fréquenté une école publique et pour qui la cure marine est recommandée ». Il s’agit de redonner la santé aux enfants par une hygiène de vie et en même temps de les orienter professionnellement. L’association fut dissoute en 1927 afi n d’être rattachée à l’ « OEuvre des Pupilles de l’École Publique de Charente-Maritime » (OPEP).

Victime de son succès, la colonie scolaire permanente de l’OPEP, installée dans une maison de la rue Thiers, est rapidement trop exiguë. Pendant l’été, l’établissement offre les services d’une colonie de vacances pouvant accueillir jusqu’à 200 enfants.

Elle se doit de trouver un lieu plus grand pour accueillir les enfants. Et en 1928, l’argent d’un héritage permet à Achille Porsain d’acquérir une partie de l’ancien domaine du Graffaud. Entre 1931 et 1935, le préventorium fut plusieurs fois agrandi et transformé pour répondre aux normes hygiéniques alors largement diffusées par l’Académie de Médecine.

Dix ans plus tard, l’établissement prend le nom de « Centre de cure héliomarine ». Devenu mixte en 1962, l’établissement peut alors accueillir 30 filles de 6 à 14 ans et 33 garçons de 6 à 12 ans. Transformé, le préventorium accueillera dès 1973 des enfants présentant des troubles du comportement.

Au fil des ans, la maison sanitaire devient (en 1988) un Institut de Rééducation Psychothérapique (IRP) puis un Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique (ITEP).

Dans la continuité de l’oeuvre sociale d’Achille Porsain

Pose de la première pierre aux Brises Marines, en 2013

Pose de la première pierre aux
Brises Marines, en 2013

Le rachat du site aux PEP 17 (Association Départementale des Pupilles de l’Enseignement Public) en 2013, a permis de mettre en oeuvre un nouveau projet qui s’inscrit dans la continuité de l’oeuvre sociale et éducative mise en place par Achille Porsain : un pôle petite enfance (multi- accueil, RAM (Relais Assistantes Maternelles), bureaux à vocation sociale) et 29 logements locatifs à loyer maîtrisé sont financés par la Communauté de Communes de l’Île de Ré. Le programme architectural choisi est le fruit d’une longue réfl exion privilégiant l’intégration du bâti au paysage urbain environnant et l’esprit convivial d’une place de village : constructions limitées en hauteur, toits en tuile creuse, murs enduits à la chaux talochée, création d’espaces verts et de cheminements piétonniers.

 

* www.cdciledere.fr

Cliquer sur « Expo Brises Marines » puis sur le lien « L’exposition est visible sur les grilles du chantier à Ars-en-Ré du 12 au 30 avril 2014 et disponible en téléchargement ici ».

 

Achille Porsain, un instituteur très 3e République

Achille Porsain est né le 6 septembre 1877 à Loix. Nommé instituteur dans sa commune natale en 1908, il est ensuite promu comme directeur de l’école primaire d’Ars-en-Ré en 1922. Le souvenir de ses compagnons tombés au front sous ses yeux le hante. C’est alors qu’il décide de venir en aide aux veuves et aux orphelins.

« J’ai puisé ma force dans ma foi laïque et républicaine. J’ai réalisé partiellement une des oeuvres de la cité future dont nous discutions si souvent dans les enfers de la Somme et de Verdun » (Achille Porsain – 1951).

Il devient rapidement une figure majeure d’Ars, et grâce à son préventorium, le premier employeur de la commune, employant majoritairement des habitants d’Ars ou des environs. Il vient ainsi en aide à de nombreux jeunes gens en leur offrant un enseignement scolaire, et pour les plus grands, l’apprentissage d’un métier chez des artisans d’Ars-en-Ré ou des environs. Il décède en 1952 à l’âge de 75 ans.

 

Voir l’article consacré aux établissements sanitaires et éducatifs rétais au XXe siècle

Jean-Pierre Pichot

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Vos réactions

  • Nanouvero44
    Publié le 20 septembre 2021

    J’ai passé un certain nombres de mois a ce préventorium, je pense de 1949 à 1950.
    Un souvenir dont je suis sue, c’est d’avoir été à la messe de Noël a Minuit, Le chemin ma paru interminable (je suis né en avril 1946) et à l’époque des travaux de sillons près des bois voisins, je suis en ce moment septembre 2021 et les bâtiments que j’ai connu ont isparus

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