Territoire

Assemblée générale - les Portes en ré

La sauvegarde du paysage, une priorité pour l’ASSIP

De gauche à droite : Dominique Chevillon, président de l’association Ré Nature Environnement, Philippe de Longvilliers, président de l’ASSIP et Michel Auclair, maire des Portes-en-Ré.
Publié le 03/09/2019
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L’assemblée générale ordinaire de l’Association de Sauvegarde du Site des Portes-en-Ré s’est tenue le 19 août dernier, en présence de Lionel Quillet, président de la Communauté de Communes de l’île de Ré et de Michel Auclair, le maire du village. L’occasion pour l’association et les participants de dialoguer avec les élus sur des sujets d’actualité.

En préambule, Michel Auclair a rappelé que « le tissu productif des Portes-en-Ré est difficile. Nous avons beaucoup de résidents secondaires, peu de résidents permanents mais heureusement, des associations dynamiques ». « La mairie essaie au maximum de maintenir l’activité de ces structures. Nous avons d’ailleurs pu obtenir le label de commune touristique grâce à ce tissu associatif », a-t-il ajouté. Au sujet de la propreté du village, qui a encore fait beaucoup parler cet été, l’édile a expliqué que les Portes-en-Ré doit faire face à une surcharge de population, surtout durant le mois d’août, mais que « le classement en commune touristique permet d’obtenir un budget supplémentaire, la municipalité va ainsi pouvoir embaucher du personnel qui sera chargé de la propreté du village ».

Philippe de Longvilliers, le président de l’ASSIP, a ensuite pris la parole au sujet des prochaines échéances électorales. « L’association va recueillir les suggestions des adhérents concernant l’avenir du village des Portes-en-Ré et de l’île et les transmettre aux candidats des élections municipales. Nous dialoguerons avec eux pour mieux connaître leurs projets et leur vision », avant de rappeler les grandes thématiques concernant les attentes des électeurs portingalais. Ainsi, les adhérents pourront exprimer leurs souhaits au sujet de la propreté et de l’esthétisme du village, la problématique du surnombre de voitures et du manque de parking, les soucis rencontrés sur les pistes cyclables en termes de sécurité et d’encombrement, les atteintes au paysage avec notamment pour enjeu « de faire respecter les zones naturelles qui sont parfois utilisées comme dépôts sauvages » ou encore la lutte contre les incivilités et le vandalisme. Sur ce dernier point, le souhait d’un déploiement de caméras de surveillance a été évoqué.

Une dégradation des paysages

Dominique Chevillon, président des associations Ré Nature Environnement et Adépir, a ensuite livré son analyse concernant les problématiques rencontrées aux Portes-en-Ré, avec tout d’abord les incivilités commises au sein des écluses à poissons. « Nous notons des dégradations sur plusieurs écluses à poissons des Portes : les pancartes rappelant la loi sont arrachées et certaines personnes se permettent de ramasser des huîtres sur les murs. L’interdiction de pêcher ou même de marcher sur ces murs ne semble en effet pas acceptée par tous. Il faut pourtant sauvegarder ces écluses pour maintenir notre patrimoine ». Il a ensuite rappelé qu’une loi de 1930 prévoit que les paysages présentant des caractéristiques pittoresques doivent être préservés et conservés, comme c’est le cas sur l’île de Ré. « La diversité des végétaux ou encore les marais salants en font un paysage pittoresque, ce que j’appelle la « signature » de l’île de Ré ». Depuis une quinzaine d’années, on assiste à une dégradation de ces paysages, à laquelle s’est ajouté l’affichage sauvage que l’on retrouve partout et qui prospère sur l’île ». Dominique Chevillon a également soulevé le problème des campings. « Les établissements d’hôtellerie de plein air étaient censés s’intégrer dans le paysage. Mais contrairement aux toiles de tentes plantées deux mois de l’année, les mobil home constituent ce que l’on peut appeler des verrues du paysage ».

« Un patrimoine paysager de qualité à préserver »

C’est l’une des orientations inscrites dans le PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal de l’île de Ré), comme l’a souligné le président de Ré Nature Environnement. « Nos élus vont donc faire attention au patrimoine paysager et nos associations se doivent de les aider à ne pas oublier ce point du PLUi ».

Pour clôturer cette assemblée générale, Lionel Quillet a présenté le PLUi puis rappelé l’importance de restaurer les digues, notamment aux Portes-en-Ré. « Le PAPI 3 (Programme d’Actions de Prévention des Inondations) est en cours de finalisation et devrait être acté d’ici le début de l’année prochaine. Ce programme concerne les Portes-en-Ré, Ars-en-Ré et Loix. Les travaux seront lancés fin 2020 voire début 2021. Le plan digues sera entièrement achevé d’ici 2025 ».

Le problème du port des Portes

Environ quatre-cent-cinquante bateaux sont au mouillage sur la commune. Interrogé sur la création d’un port aux Portes-en-Ré, le président de la CdC a rappelé que « le mouillage sauvage est interdit. Le jour où un accident grave se produira, l’État rappellera la loi à la municipalité ! Plusieurs maires successifs se sont heurtés à ce serpent de mer. La notion de port à sec devra à un moment s’imposer ».

L’ASSIP en bref

Depuis plus de cinquante ans, l’ASSIP agit pour sauvegarder l’environnement du village des Portes-en-Ré et plus globalement de l’île de Ré. Association agréée par l’État, elle poursuit trois objectifs :

– défense des côtes et protection des espaces naturels,

– dialogue avec les pouvoirs publics pour concilier environnement et développement,

– information et sensibilisation du public.

L’ASSIP compte à ce jour cinq-centquatre- vingt-cinq membres, un chiffre qui lui vaut d’être l’association rétaise la plus importante en terme d’adhérents et lui confère donc une grande force de mobilisation. Apolitique et non subventionnée, l’association vit uniquement grâce à ses adhérents.

Aurélie Cornec

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