Territoire

Sécurité - Prévention inondations

La protection du Nord de l’île de Ré bientôt labellisée ?

© Nathalie Vauchez - La digue du Boutillon le lendemain de Xynthia.
Publié le 05/12/2019

Lors du Conseil communautaire du 28 novembre, les élus ont approuvé le programme d’actions de prévention des inondations N°2*, autorisé le président de la CdC à le présenter aux instances d’instruction et de labellisation et acté un éventuel financement intercommunal complémentaire en cas de défection partielle de l’un des partenaires institutionnels.

Ce fut un long chemin pour en arriver là et plusieurs fois Lionel Quillet a répété que les élus rétais ont bien cru ne pas pouvoir y parvenir, au vu de la complexité du dossier à monter et des lourdeurs administratives. A cet égard, selon le président de la CdC, le préfet Rigoulet-Roze – qui a depuis quitté la Charente-Maritime – a mené une action à la fois bienveillante et déterminante pour aider à surmonter les obstacles et temporiser.

Une stratégie de protection globale du Nord de l’île

Car la principale caractéristique des PAPIs de 3ème génération, arrivés après le décret digues de 2015, est d’imposer de définir des systèmes d’endiguement fermés, d’où la nécessité pour le Nord de l’île d’élaborer un unique système d’endiguement. Il n’est plus possible de concevoir les protections site par site, comme le permettait le PAPI 1, mais il est demandé de globaliser l’approche afin de s’assurer d’une protection tout azimut. Pas simple sur une île, encore moins sur le Nord de l’île, puisqu’il faut à la fois prendre en compte le Fier d’Ars et les façades maritimes, sans oublier d’intégrer le rôle des marais.

Pour « améliorer la résilience du territoire face au risque de submersion marine » ils convient d ’ intégrer l’ensemble des outils, réglementations et procédures : Le PAPI est interdépendant avec la gestion du trait de côte, la Loi Gemapi, les différents systèmes d’endiguement, les Plans Communaux de Sauvegarde, le PLUi (et ex SCoT), le PPRL et autres procédures de réduction de vulnérabilité, alerte et gestion de crise… Sans oublier évidemment de s’inscrire dans la continuité du PAPI labellisé en 2012**.

L’axe 7 du PAPI 2 représente un budget de 56,97 millions d’€ HT de travaux

Si un PAPI ne se cantonne pas à la réalisation de travaux mais inclut des volets de prévention et communication, ces premiers représentent l’essentiel du budget. Ainsi l’axe 7 du nouveau PAPI de l’île de Ré représente- t-il 56,97 millions d’€ HT à lui seul sur un montant total de ce PAPI de 57,895 millions d’€. Le prix à payer pour assurer la protection – contre un évènement de type Xynthia + 20 cm – des personnes et des biens du Nord de l’île de Ré (Les Portes, Saint-Clément, Ars et Loix) par la création d’un système d’endiguement fermé tout en maintenant la continuité territoriale. Les opérations seront phasées en sept actions, auxquelles s’ajouteront trois actions supplémentaires visant à intégrer des cordons dunaires.

Les sept actions d’endiguement concernent le Fier d’Ars aux Portes (4,5 km de la Patache jusqu’à La Rivière, 3,77 millions d’€ HT), le Fier d’Ars sur les trois communes les plus au nord (13 km de La Rivière à La Grange, 16,3 millions d’€), les façades maritimes des Portes (3 millions d’€), de Saint-Clément (5,02 millions d’€), mais aussi la réfection et la rehausse des digues de la Fosse de Loix (1,2 km, 1,94 millions d’€), la protection des réseaux à Ars du Martray à La Marielle pour assurer la continuité territoriale (1,6 km, 14,6 millions d’€) et enfin la protection du secteur sud d’Ars et ses réseaux associés de La Marielle à La Grange (1,7 km, 8,9 millions d’€).

Les trois actions supplémentaires concerneront le renforcement et la protection des cordons dunaires du Pas de Zanuck (Conche des Baleines, 2 millions d’€) et de de la Plage sud de Rivedoux (virage du Défend, 0,71 millions d’€), ainsi que la gestion du stock sableux de la plage de Montamer (Sainte-Marie, 0,73 millions d’€).

Une répartition financière des collectivités à confirmer

Si la répartition des participations financières de l’axe 7 du PAPI 2 devrait être la même que celle du PAPI 1, soit 40 % pris en charge par l’Etat (Fonds Barnier), 20 % par le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine, 20 % par le Conseil Départemental de la Charente-Maritime et 20 % par la Communauté de Communes de l’île de Ré***, la Région et le Département doivent encore confirmer leur participation dans une lettre d’intention, qui sera annexée au plan de financement.

Aussi, lors du Conseil communautaire du 29 novembre 2019, les élus ont-ils acté le fait que la CdC prendrait toute mesure budgétaire et financière pour remédier à une éventuelle défection partielle de l’un des partenaires qui pourrait financer en-deçà des 20% attendus.

Instruction et labellisation du PAPI 2

Le dossier du PAPI 2 de l’île de Ré sera déposé en ce mois de décembre 2019 en préfecture. Puis le conventionnement avec les partenaires financiers sera finalisé d’ici à février 2020, le PAPI 2 de l’île de Ré devant être présenté à la Commission Inondations Plan Loire (de Bassin) le 14 février, puis en Commission Mixte Inondations le 2 avril 2020 pour, si tout va bien, une signature de la convention-cadre en septembre 2020 et le lancement des actions à l’automne 2020. Le début de la réalisation des travaux sera étalé entre 2022 et 2025.

A l’issue de ceux-ci l’île de Ré sera globalement protégée pour faire face à des évènements de type Xynthia + 20cm. Ce sera ensuite aux générations futures de définir si elles entendent – dans le cadre du réchauffement climatique et de la montée présumée du niveau des océans – continuer de protéger l’île de Ré, et donc rehausser les protections, ou si elles optent pour un abandon du territoire et un repli stratégique.

*Sous cahier des charges Papi génération 3

**Le PAPI 1 de l’île de Ré labellisé le 12 juillet 2012 s’élevait à plus de 45 millions d’euros, donc 44,6 millions de travaux sur onze projets. Compte tenu des évolutions budgétaires et de l’apparition des PAPI de 3ème génération en 2015, ce sont neuf projets qui ont été et finiront d’être réalisés, sans dépasser l’enveloppe initiale (prévue sur onze projets). Parmi eux, les plus gros projets déjà réalisés ont été ceux du Boutillon sur Ars et La Couarde (10,65 millions d’€), des Doreaux (9,6 millions d’€) sur Saint-Clément, la Fosse de Loix (5,78 millions d’€), La Flotte et notamment la porte du Port (4,86 millions d’€). Celui de La Couarde/Fosse de Loix (7 millions d’€) vient de démarrer.

***Contrairement à d’autres territoires, la CdC de l’île de Ré prend l’intégralité des 20 % à sa charge, les dix communes rétaises ne sont pas mises à contribution.

Nathalie Vauchez

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