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La Martinière : 50 + 1

Aux côtés de François-Xavier, Léa Petit, responsable de la nouvelle boutique boitaise à seulement 23 ans
Publié le 20/07/2021

Non, il ne s’agit pas d’un jeu ni d’une énigme. Cinquantenaire en 2020, la célèbre entreprise rétaise a une année de plus et surtout, une boutique de plus !

Elle fait depuis des décennies le bonheur de tous, célébrant tout à la fois la gourmandise, le goût du travail bien fait et un certain art de vivre insulaire. La Martinière, ce n’est pas un mais plusieurs symboles, l’exemple d’une réussite mais aussi une belle aventure humaine. Rencontre avec François-Xavier Cathala en terrasse de sa dernière création, pas un parfum mais une boutique au Bois-Plage.

Environ deux ans… et un mois

Commençons tout de suite par ce nouvel opus, introduction à une conversation qui nous emmène ensuite loin dans le temps et les coulisses d’une entreprise qui n’en finit pas d’écrire sa belle histoire. Si le projet boitais remonte à quelques temps déjà, il aura fallu l’opportunité d’un local, le temps du rachat du fonds de commerce et son aménagement pour que la nouvelle boutique voit enfin le jour. « Le local a été installé en un mois » précise Xavier. Un beau challenge qu’il résume d’une phrase : « C’est là que l’on voit la force d’une équipe ! ».

La Martinière telle qu’en elle-même

Très attendue dans le village, La Martinière boitaise a ouvert ses portes le samedi 10 juillet. Les inconditionnels de la glace artisanale (et tous les autres) y retrouvent leurs parfums préférés mais aussi les pâtisseries et verrines glacées, atouts chics et délicieux de nos dîners d’été, les macarons, glacés ou non et autres mignardises, sans oublier les inimitables gaufres. Bref, rien ne manque, pas même la terrasse.

« Dès le premier jour, nous avons vu une clientèle d’habitués, des Boitais pour la plupart, nous remerciant d’avoir ouvert ici », se réjouit Xavier. Car son métier d’artisan glacier, c’est exactement comme ça qu’il le voit, le vit et le savoure.

51 printemps

Les 50 ans, nous les avons loupés dans les colonnes du journal. « On devait faire une fête mais il y a eu la crise sanitaire alors… », sourit Xavier, évoquant une autre célébration ratée, les 40 ans de la Maison « mais il y a eu Xynthia ». « Finalement, je vais arrêter de prévoir des fêtes ! », conclutil dans un éclat de rire. Ben justement, profitons-en, ici et maintenant, alors que l’été est enfin de retour, pour évoquer l’histoire d’une entreprise qui est aussi (et surtout) l’histoire d’une famille allant de son noyau fondateur à celle bien plus vaste, incluant équipe et clients qui, de générations en générations, se retrouvent devant une glace signée La Martinière.

Non pas une mais plusieurs histoires

« A Saint-Martin, la maison mère, c’est plutôt l’histoire de mes parents » raconte Xavier qui donnait déjà des « coups de main » alors qu’il était à l’école primaire. Bien sûr, à l’instar d’Obélix tombé dans la potion magique, François-Xavier Cathala est tombé dans la glace, même si sa silhouette ne ressemble en rien à celle du célèbre gaulois. A-t-il un jour songé à faire autre chose ? « Joker », répond Xavier en souriant, pour finalement avouer que « non car en fait les cartes étaient déjà distribuées ». Elles ne vont pas l’empêcher d’écrire sa propre histoire.

L’Atelier, un tournant personnel

Celle de Xavier et de son épouse Cécile commence il y a près de 15 ans avec la création de l’Atelier, rue de Sully à Saint- Martin. Ce n’est pas une annexe mais bien un concept à part entière. « C’était à l’époque où de grands pâtissiers français, tels Pierre Hermé ou Philippe Conticini ouvraient des boutiques », se souvient Xavier « et avec mon épouse, cela nous a donné l’idée de créer quelque chose dans cet esprit en l’adaptant avec nos glaces », continue-t-il.

Sortant du cadre originel, l’Atelier est un succès. Suivra il y a dix ans environ, l’ouverture à La Flotte d’une petite boutique « trop petite », souligne Xavier se rappelant avec un sourire ces Flottais l’interpellant pour lui demander si La Flotte « n’était pas digne de quelque chose de plus grand ». Ce sera rapidement chose faite et de la plus belle des façons.

Un laboratoire plus tard, l’aventure

continue Après l’ouverture à La Flotte, la logistique se complique. Au-delà des vitrines, il faut pouvoir fabriquer dans de bonnes conditions. A l’origine, les litres de glace étaient faits sur place, donc à Saint-Martin. Il faut maintenant plus de place… et de personnel. A Sainte-Marie, la création du Laboratoire assumera désormais la distribution des points de vente.

Solidement ancré à Saint-Martin et à La Flotte, François-Xavier aurait pu s’arrêter là. Mais il est entrepreneur dans l’âme. Il y a quatre ans, La Martinière s’installe à Saint-Clément du côté du Phare des Baleines, site incontournable.

Aujourd’hui c’est au Bois-Plage… et demain ? « Chaque ouverture demande une adaptation », explique Xavier, soit un à deux ans « pour tout remettre en ordre, et la troisième année, on se repose la question ». Le « on », c’est lui et son épouse Cécile, partenaire indéfectible et indispensable regard féminin. Et un nouveau projet, ils en ont déjà un.

A Sainte-Marie, ils envisagent un local où prendra place une boutique dédiée au drive et au click and collect. Mais ça, c’est déjà un autre chapitre… alors que celui du Bois-Plage n’est pas encore clos. La boutique ouverte le 10 juillet est une esquisse. Dès la saison achevée « nous allons tout casser et tout repenser », explique Xavier qui voit cette première saison comme un « retour d’expérience profitable ». « Le chronomètre est enclenché », ajoute-t-il en référence aux délais entre la fermeture annuelle (après les vacances de la Toussaint) et la réouverture en 2022.

Une philosophie et des valeurs

Sur l’Ile de Ré, La Martinière rime avec réussite. Mais il n’est pas besoin de parler des heures avec Xavier pour comprendre que c’est bien plus que cela. Cette réussite, économique ou familiale, est le résultat d’un travail acharné et le fruit savoureux (et chaleureux bien que glacé) d’une exigence sans faille et de valeurs affirmées. « Aujourd’hui, on peut se revendiquer artisan glacier même avec de la poudre transformée en glace », explique Xavier, évoquant le salon mondial de la glace à Rimini en Italie. « Tout cela ne veut plus rien dire », continue-t-il, fermement ancré dans ses fondamentaux : une matière première soigneusement sélectionnée associée à un vrai savoir-faire artisanal et saupoudré de l’indispensable savoir-vendre. « Vous pouvez faire le meilleur produit du monde, si vous ne savez pas le vendre, ça ne sert à rien », résume-t-il.

De la fabrication à la commercialisation, tout est dans l’équipe. « Je préfère un jeune sincère et maladroit qu’un pro au sourire dédaigneux » précise Xavier Cathala. Au rendez-vous, des clients d’un jour ou de toujours, d’ici et d’ailleurs et toutes classes sociales confondues, accueillies avec la même attention et le même soin. « Mais c’est ça l’Ile de Ré… et nos glaces ! », s’exclame spontanément Xavier. Une mixité à laquelle il tient, autour d’un produit d’excellence qui s’adresse à tous depuis les origines.

L’histoire de plusieurs vies

La sienne après celle de ses parents. Pour conclure avec Xavier, impossible de ne pas les évoquer. Forcément fiers de leur fils ? Oui bien sûr d’autant que « ce n’était pas gagné », sourit Xavier, reconnaissant sans détours avoir surfé sur la réussite parentale dans sa jeunesse. « Mais j’ai été préparé à la reprise, j’ai appris ce métier et je le fais pour de bonnes raisons », ajoute-t-il.

Le fils de… a bien grandi et s’est fait un prénom. Alors ses parents ? Ils sont surtout heureux. « En débarquant avec une valise en 1962, ils n’avaient jamais imaginé tout ça », souligne Xavier avec tendresse.

Les deux pieds dans sa réalité de chef d’entreprise (et revendiquant d’avoir toujours tout fait à l’instinct), François- Xavier Cathala nous réserve sans doute encore de belles surprises. « C’est un engrenage infernal » affirme-t-il, évoquant l’engagement envers les clients mais aussi l’équipe « à qui il faut donner des perspectives ». « Les choses vont parfois plus vite et plus loin que je ne l’avais envisagé » reconnaît- il. A voir son air épanoui et son sourire, nul doute que cet « engrenage infernal » lui va très bien au teint.

La glace, la sienne ? Du travail et beaucoup d’amour en héritage. Fraise, poire, vanille ou chocolat, tout ce qui sort du labo de La Martinière a l’inimitable goût du vrai, magnifié de quelque chose de subtil et délicat. Mais voyons… ne serait-ce pas un petit supplément d’âme ?

La Martinière en parfums Ils sont entre 250 et 300 avec une rotation de quelque 55 parfums par jour dans les boutiques. De son côté, L’Atelier peut se revendiquer d’une centaine de fabrications.

La Martinière, une équipe « Un socle important à l’année » avec dix-sept personnes entre bureau, fabrication et boutiques, assorti de quelques beaux témoignages de fidélité : Jérôme, 35 ans de présence, Tony 28, Manu (L’Atelier), 14, Sébastien 12, Julia 10 ans… et ce n’est sans doute pas fini. En saison, 115 personnes s’attèlent à régaler nos étés.

La Martinière en mode privé Ce volet plus confidentiel est né il y a environ dix ans pour répondre à des demandes. Événements locaux, anniversaires, baptêmes, mariages… La Martinière et son chariot à glace se déplacent à domicile. Dernier coup de coeur de Xavier, une jolie vespa aménagée dont il me montre une photo, lors du dernier Ré Beach France Volley. « Il faut bien que je m’amuse », dit-il avec un sourire gourmand.

La Martinière – Maître Artisan Glacier Angle rue de la Glacière et du Colombier au Bois-Plage Ouvert tous les jours de 10h à 14h et de 16h à 22h30 05 46 09 01 20 – www.la-martiniere.fr – contact@ la-martinière.fr et sur Facebook

Pauline Leriche Rouard

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Vos réactions

  • PIOUPIOU
    Publié le 23 juillet 2021

    Bonjour,
    Nous passons beaucoup de temps sur l’île de ré, et parfois aux Martinieres. Bien sûr le goût des glaces est un plaisir à goûter sans modération. Le personnel a toujours le sourire quelque soit la météo. Quel bonheur d’être considéré comme un vrai client.
    Nous croisons régulièrement Francois-Xavier il a donné son sourire à ses collaborateurs et collaboratrices et reste toujours disponible pour échanger quelques mots. Merci a lui pour tout cela.

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