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Portrait - Métier

Garde-champêtre au Bois-Plage : rencontre avec une fonction et un homme

VTT électrique, quad ou encore pick-up : Kévin Mouëllic a les moyens de son efficacité
Publié le 07/05/2021

Avec son arrivée le 1er avril dernier, Le Bois-Plage renoue avec la tradition des gardes-champêtres

Sa prise de fonction avait été largement annoncée au gré des différents conseils municipaux, marquant l’importance de cette création de poste pour le Maire Gérard Juin, soucieux de mettre en place une véritable stratégie de sécurisation de la commune soumise au risque Feu. Mais si la mission de Kévin Mouëllic est intimement liée à cet aléa, elle ne s’arrête pas là.

Kévin Mouëllic, un parcours exemplaire

Son bureau ? Les forêts et espaces boisés qui bordent notamment les belles plages d’un village dont le nom ne doit rien au hasard, mais aussi ses rues et venelles. Finalement, la globalité du territoire du Bois-Plage est son domaine et les habitants ne manqueront pas de reconnaître bientôt sa haute silhouette.

Né à Grenoble mais d’origine bretonne, Kévin Mouëllic arrive en Charente-Maritime à l’âge d’un an et y passe son enfance, jusqu’à ce que les exigences de sa carrière militaire ne le mènent à Nogent-le-Rotrou, où il intègre la Sécurité Civile. Puis il rejoindra l’emblématique Brigade des sapeurs-pompiers de Paris où il restera dix-neuf ans. Dans la capitale, il a certes plus affaire à des incendies urbains qu’à des incendies de forêts mais sa maîtrise du feu se double de l’expertise du secours aux victimes.

Garde-champêtre et heureux de l’être

A l’heure de la retraite militaire, voilà Kévin Mouëllic recruté au Bois-Plage. Il n’y a pas de hasard, seulement des rendez-vous paraît-il. C’est justement là que Kévin a passé ses premières vacances rétaises. Aujourd’hui il habite Sainte-Marie, village où il avait déjà vécu avant son détachement en Guyane, mais songe à s’installer au Bois en famille. A voir avec son épouse, infirmière urgentiste.

Ce qui est sûr, c’est que Kévin est heureux d’être ici, où il estime « avoir de grandes choses à faire », et qu’il a l’amour de l’Ile de Ré chevillé au coeur. « La sensibilisation au territoire » est une démarche qui lui est chère mais aussi « cette nouvelle aventure avec une nouvelle équipe ».

« Nous devions trouver quelqu’un de qualifié et d’opérationnel », explique le Directeur général des Services Ludovic Corbeau, « Kévin, c’est le carré d’as ! », ajoute-t-il.

Prévention, pédagogie, proximité

« Sauvegarde des personnes, des biens et de l’environnement ». Si Kévin Mouëllic peut ainsi résumer en une seule phrase le sens de ses fonctions, ses missions se révèlent très enchevêtrées.

Commençons par le feu, seul vrai risque couru par la commune. « Une végétation très sèche encourage en quelques instants des incendies très virulents » explique l’ex sapeur-pompier. Alors pour lui, il s’agira de surveiller et de prévenir les comportements parfois hasardeux.

Lutte contre les campings et dépôts sauvages, « une pratique qui doit disparaître », énonce-t-il avec fermeté, sont aussi au coeur de ses responsabilités, ainsi que tout ce qui relève des atteintes portées à l’environnement, telles la circulation en zone interdite ou encore le dépôt de déchets verts pour lesquels « Les gens n’ont pas conscience des dommages qu’ils causent parce que sont des végétaux, alors que le transport des pollens favorise la prolifération de plantes invasives dangereuses pour les écosystèmes naturels », souligne le garde-champêtre. Tout cela en pratiquant « une écologie positive ». « Beaucoup de mauvaises habitudes sont liées à la méconnaissance », assure Kévin.

Un visage du quotidien

Au-delà de son travail dans les espaces naturels, le garde-champêtre est aussi un nouvel interlocuteur de proximité pour les habitants de la commune avec lesquels il souhaite instaurer une relation de confiance. « Les gens ont des remarques à faire et je suis un relais », explique-t-il, ajoutant que son rôle peut aller jusqu’à celui de « médiateur dans des conflits de voisinage ». Prévention, pédagogie… Si Kévin Mouëllic, qui « aime communiquer par nature », s’inscrit sans aucune restriction dans la stratégie définie par son supérieur Monsieur le Maire, que personne ne croit pour autant qu’il s’agit d’angélisme.

Kévin aurait pu choisir d’avoir « policier rural » inscrit sur son polo bleu mais il a préféré « garde-champêtre », un titre qui a pour lui plus de sens. Mais si le dialogue est sa première approche, il dispose aussi d’un pouvoir de répression et l’appliquera si nécessaire.

Passé le rappel aux règles, avis aux récidives, refus d’obtempérer et autres comportements caractérisant l’incivilité assumée, Kévin Mouëllic saura faire respecter sa personne et sa mission. Fier de ses fonctions, le garde-champêtre boitais porte la volonté d’une commune se voulant valeur d’exemple.

Garde-champêtre, un peu d’histoire

Si le premier poste a été créé il y a fort longtemps, il faudra attendre la Révolution pour que la fonction soit introduite dans une loi éditée en 1790, et attendre encore pour que ses titulaires soient déclarés officiers de police judiciaire. Le garde-champêtre est alors celui qui porte képi et tambour et de nombreuses archives attestent de sa présence.

Obligatoire jusqu’en 1958 dans toutes les communes françaises, il sort ensuite du cadre légal et disparaît peu à peu des paysages. A quelques exceptions près puisque « 726 garde-champêtres sont aujourd’hui en fonction », explique Kévin Mouëllic. Et devinez qui est a priori le 726ème ? Et bien c’est lui, le garde-champêtre du Bois-Plage, commune qui n’en a pas eu depuis… « Du moins officiellement », conclut Ludovic Corbeau, évoquant un boitais qui aurait peu ou prou rempli cette mission

Pauline Leriche Rouard

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