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Très haut débit

La fracture numérique ne passera pas par Ars-en-Ré

La nouvelle antenne 4G d’Ars et l’ancienne qui devrait être démontée
Publié le 01/08/2018
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Au mois de juillet, l’opérateur Free a remplacé son antenne devenue obsolète.

Du haut débit (3G) on passe au très haut débit (4G) pour les téléphones mobiles grâce au pylône monotube intégré avec radôme (dôme-radar) nouvellement installé par Free mobile sur le terrain des services communaux (derrière la caserne des pompiers). Non seulement l’ancienne antenne, qui s’élevait à 17 mètres de haut, ne suffisait plus à couvrir la demande galopante des utilisateurs de smartphones, particulièrement en période d’affluence, mais sa technologie était devenu obsolète.

Toute la base électrique (voir photo) et le traitement du signal ont été changés. Le nouveau pylône monotube, aux dégradés de bleu imitant l’aspect du ciel, s’élève à 25 mètres de hauteur hors radar.

Flou sanitaire

Outre l’incongruité du pylône dans le paysage maritime, qui a pourtant fait l’objet de l’autorisation des Bâtiments de France, l’antenne a de quoi interpeller les habitants d’Ars quant à leur exposition aux champs électromagnétiques (RF / radiofréquences) générés (de l’ordre de 700 et 900 MHz). Les études sur les effets des radiofréquences sur notre santé restent encore réservées et suscitent des positions radicalement divergentes selon les installateurs et les populations exposés. Les quelques rares habitations situées à moins de trente mètres du pylône d’Ars tout comme les travailleurs de la zone artisanale alentour, ont de quoi se faire du mouron !

Une notice rassurante

L’hébergeur télécom ATC France, qui revendique la propriété de 2 450 pylônes et l’opérateur Free mobile mettent à la disposition du public une notice informative que l’on peut consulter dans le hall de la mairie. En quarante pages indigestes remplies de chiffres et de tableaux, celle-ci nous rassure en indiquant que l’exposition aux champs électromagnétiques générée est inférieure aux valeurs de référence. (Ouf !)

La valeur de référence est de 46 volts par mètre pour une émission de 700 MHz et de 36 volts par mètres pour une émission de 900 MHz. Quid des émissions du pylône casseron ? 700 ? 900 ? (Je repense à la maison la plus proche !) La notice indique par ailleurs une puissance de 40 W et le PIRE (Puissance isotrope rayonnée équivalente) est de 31 dbW quand le PARE (Puissance apparente rayonnée) est de 28.85 dbW.

Vous l’aurez compris, la notice informative pour le grand public est claire comme de l’eau de roche et, après en avoir pris connaissance, on ne sait plus trop à quel saint se vouer, à moins d’être physicien ou ingénieur en électricité ou inconscient.

Alors que certaines communautés (Villargaudin Hautes-Alpes et Lys Les Lannoy, 59), invoquant le risque sur la santé, ont refusé l’installation d’antenne 4G, la commune d’Ars ne pouvait se soustraire à cette évolution de la technologie. Ayant à coeur de satisfaire de son mieux la clientèle estivale, elle met à disposition son terrain moyennant redevance. Le monotube intégré bleuté avec radôme règne désormais sur le sommeil des villageois dont on n’a pas sollicité l’avis.

Véronique Hugerot

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Vos réactions

  • Horace Tacouere
    Publié le 18 novembre 2018

    Bonjour,
    Tout à fait d’accord avec vous Madame Hugerot : ce pylône est incongru dans le contexte environnemental du marais, du ciel rétais et du clocher d’Ars.
    Et il l’est essentiellement par le choix du coloriste.
    Bien évidemment, celui-ci n’a pas cherché à fondre le pylône dans le ciel rétais et à le faire oublier. Non ! Sinon, il aurait utilisé du gris clair, comme le fait la Marine Nationale pour ses navires.
    En fait, ce coloriste n’est pas allé chercher bien loin son camaïeu de bleu : c’est celui de l’actuel logo de Google Earth depuis 2017.
    Autrement dit, ce pylône n’est qu’une opération de com au bénéfice de Free Mobile. (Monsieur Niel viendrait-il passer ses vacances à Ars-en-ré ?…)
    Pour ce qui concerne les caractéristiques émissives des 5 antennes et leurs bandes de fréquences, on les trouve notamment sur le site http://www.cartoradio.fr de l’ANFR. Par contre, à ce jour du 18 novembre 2018, les mesures des champs d’ondes électromagnétiques ne sont pas publiées (ce qui ne veut pas dire qu’elles soient hors normes).
    Cordiales salutations.

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    • Horace Tacouere
      Publié le 20 novembre 2018

      … En fait, ce pylône, ce n’est pas Google Earth, c’est Google Ars !