- Patrimoine
- Réédition d'une monographie de La Flotte, de 1915
La Flotte : « Histouëre véridique d’ou temps passé »
Que savait-on de la Flotte en 1915 ? Les Éditions « Le Livre d’Histoire Lorisse », spécialisées dans la réédition de monographies sur les villes et les villages de France, publient un fac-similé de la monographie que Baptiste Bernard publia il y a un siècle sur le village dont il fut, 48 ans durant, secrétaire de mairie.
Étonnante promenade dans l’histoire de l’ancienne Navigium, l’ancien nom de La Flotte. Promenade où la grande Histoire de France rencontre bien souvent l’histoire locale. Des origines, mal connues de la commune, à 1915, l’auteur s’étend longuement sur la période révolutionnaire et consigne le récit de quelques journées mémorables de ces temps troublés. On lit les billets poignants que le Flottais Gustave Dechézeaux, ancien député à la Convention nationale, adressa à sa femme et sa famille à la veille d’être guillotiné à Rochefort, le 17 janvier 1794, à trente trois ans ! « Fanny, adieu. La méchanceté des hommes a mis l’éternité entre nous ».
Promenade botanique

Mais l’Histoire se poursuit : le 9 novembre 1801, le deuxième anniversaire du 18 Brumaire est fêté par « une promenade officielle dans les rues, tir au fusil, rondes, bal gratuit, feu de joie et lancement d’un feu d’artifice dont la principale pièce re-présente Bonaparte annonçant la paix à l’Univers ». Grands idéaux sur lesquels Baptiste Bernard, en 1915, se reconnaît un peu désillusionné. D’ailleurs, relate-t-il pour le 12 avril 1814, « l’empire est déchu et Louis XVIII monte au pouvoir ! Un Te Deum est alors chanté à l’église, le pavillon blanc remplace le drapeau tricolore, la plupart des maisons sont illuminées et chacun pare sa coiffure de la cocarde blanche ». Sic transit gloria mundi !
Ne reste plus qu’à relater l’accueil triomphal réservé au Président Félix Faure, en 1897 dont Baptiste Bernard fut un participant, sûrement, à cause de son poste à la mairie. Accueil qui transforma l’ancien Cours d’Aulan, puis du château, puis des Ormes, en Cours Félix Faure qu’il est resté aujourd’hui. Car, heureusement, entre les photos, dont celle de la pêcheuse de crevettes ou de l’abbaye encore peinte en noir et blanc, le tableau des noms des rues et des « causes qui ont pu motiver les dénominations », le reste de la monographie est plus paisible. Mais plein d’érudition locale. Ainsi, les écogardes et ceux qui s’intéressent à l’environnement ne rateront pas la promenade botanique de Baptiste Bernard et, notamment, le long inventaire détaillé, avec toute sa poésie latine, de la flore flottaise. Ils nous diront si, du port à l’abbaye des Châtelliers, se rencontre, encore aujourd’hui, une aussi impressionnante diversité.
Quant à ceux qui seraient atteints de la « maline », un petit tour au chapitre « Traditions Pratiques populaires Superstitions » devrait les faire rire, sinon les guérir. Voilà donc un savoureux ouvrage d’histoire réthaise que les passionnés de La Flotte dégusteront comme un très vieux Pineau de l’île… de cent ans d’âge ! Monographie de la Flotte, Baptiste Bernard, réédition en fac-similé, le Livre d’Histoire, 2015, 34 euros, tirage limité et numéroté.
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