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Des effectifs de gendarmerie renforcés pour plus de contrôles sur l’île de Ré

Les renforts de Gendarmerie sont arrivés ce 19 mars 2020 : dix patrouilles sont affectées à l'île de Ré
Publié le 19/03/2020

Dix patrouilles sont désormais affectées à l’île de Ré depuis ce 19 mars 2020, notamment pour contrôler le confinement des populations rétaise et secondaire.

Des effectifs de la gendarmerie nationale, notamment composés des renforts zonaux arrivés le 18 mars 2020, sont mobilisés dès ce 19 mars, notamment sur l’île de Ré, pour assurer leurs missions de surveillance et de contrôle dans le cadre des mesures pour lutter contre l’endiguement de l’épidémie de coronavirus.

Des renforts importants, une verbalisation possible depuis mardi midi

« Les effectifs engagés en Charente-Maritime sont 750 militaires du Groupement auxquels s’ajoutent 360 Réservistes et un renforcement de 100 Gendarmes mobiles en plus. 193 militaires de la gendarmerie sont dédiés au Covid-19, soient 80 patrouilles sur le département

Ce sont ainsi dix patrouilles, soient vingt-cinq gendarmes affectés en permanence à l’île de Ré désormais, composées des effectifs habituels et des renforts issus des réservistes. » explique le Commandant de Groupement du département, Bruno Makary, présent ce matin avec le Commandant second de la Compagnie de La Rochelle (à laquelle l’île de Ré est rattachée), Cédric Blondron, au rond-point d’entrée de Rivedoux, pour contrôler entrées et sorties.

« Nous sommes présents en permanence depuis mardi. Jusqu’à maintenant nous étions dans la pédagogie, et pour rassurer les gens, nous n’avons fait que dix verbalisations. Nous passons au stade des contrôles beaucoup plus stricts » explique Cédric Blondron.

« L’été sur l’île de Ré il y a 180 000 personnes, là on est à environ 20 000 personnes au maximum (17 000 permanents + 3000 environ rentrés en plus), confinées sur l’île de Ré, on est loin d’être dans une situation ingérable », précise le Commandant Makary.

« Nous n’avons pas constaté plus d’infractions de la part de résidents secondaires que des permanents renchérit Cédric Blondron, or nous sommes là en permanence depuis mardi, avant le confinement de mardi midi les entrées sur l’île de Ré des résidents secondaires étaient autorisées dans le cadre des mesures gouvernementales ».

Par ailleurs, du fait du confinement, les interventions habituelles ont baissé de 20 % : moins de délits forcément avec les gens confinés chez eux, même s’il y a des situations très compliquées à gérer, par exemple dans le cas de couples en instance de divorce ou de séparation, qui se retrouvent confinés.

Le Covid 19 a eu pour effet de redistribuer les activités de la Gendarmerie, en reportant tout ce qui n’est pas indispensable. Certains procès on le sait ont été suspendus, on assiste à un fort ralentissement de l’activité judiciaire.

Un flux de véhicules très faible

Restés une petite heure à l’entrée du rond-point de Rivedoux ce 19 mars 2020 au matin, les médias ont pu constater que le flux de véhicules, à l’entrée comme à la sortie de l’île est faible. Le trafic d’entrée concerne principalement les véhicules de livraison, les ostréiculteurs, sauniers, électriciens et autres artisans de services appelés pour des réparations. Les motifs des sorties sont principalement médicaux et professionnels.

Comment les gendarmes se protègent-ils ?

Pas de masques ni de gants pour les importants effectifs de Gendarmerie rencontrés ce matin. « Nous veillons aux distances de sécurité, nous évitons de toucher les attestations, nos véhicules sont régulièrement désinfectés et nous fonctionnons avec une équipe A et une équipe B qui ne se côtoient pas, ce qui permet d’être en résilience en permanence. Au moindre soupçon, les gendarmes concernés sont mis en « quinzaine », nous n’avons eu que des cas de grippe, jusqu’ici. » explique Bruno Makary.

Deux drones pour un contrôle à distance

La Gendarmerie dispose de deux drones pour l’ensemble du département. Pilotés à distance, ces drones permettent de diffuser des messages de prévention et d’alerte. La réglementation prévoit 1 km de distance maximale, la capacité technologique est de 7 km qui pourrait être utile en cas de nouvel évènement de type Xynthia.

En temps normal le drone est utilisé notamment dans le cadre du secours à la personne lors d’une intervention, ou encore pour filmer en hauteur une scène de crime. Dans le cadre de l’actuel confinement, il permet notamment de surveiller les plages ou les pistes cyclables, le pilote du drone enregistre en instantané le message vocal qu’il souhaite, immédiatement diffusé par le drone à hauteur des gens, sans avoir à s’en approcher, pour leur rappeler les mesures de confinement et les enjoindre à rentrer chez eux.

Entrée et sortie de l’île, déplacements sur l’île, plages et pistes cyclables sont ainsi désormais surveillés par les dix patrouilles affectées à l’île de Ré.

Espérons que ces mesures désormais mises en place seront de nature à calmer les fortes tensions provoquées par l’arrivée soudaine des résidents secondaires, très mal perçue par un certain nombre de résidents permanents. S’astreindre à se confiner avec ses enfants chez soi et voir des citadins, issus de zones plus touchées que l’île de Ré – qui a eu la chance d’être jusqu’ici relativement bien épargnée – se comporter en vacanciers, pratiquer des loisirs balnéaires peut effectivement en scandaliser plus d’un.

D’autant que les structures médicales rétaises ne sont pas équipées ni dimensionnées pour faire face à une forte épidémie locale, ceci même si l’hôpital d’été de Saint-Martin de Ré a été activé, en concertation avec l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine.

Désormais, si le confinement est respecté, les esprits devraient se calmer…

 

 

Nathalie Vauchez

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