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Ecologie

Barn’s, un salon de coiffure résolument “éco-responsable”

Le sac à cheveux des Coiffeurs Justes contient deux kilos de cheveux soit l’équivalent de 220 coupes.
Publié le 03/06/2020

Au regard de l’impact de leur activité sur l’environnement, les coiffeurs réagissent.

Entre produits chimiques, déchets non recyclables et emballages plastiques, la coiffure est un métier qui impacte l’environnemnt. Sachons qu’il existe environ 62 000 salons de coiffure en France (combien au monde ?) dont les pratiques influencent de façon délétère la qualité des eaux des fleuves et des océans (eaux de rinçage, déchets plastiques, etc.)

Nos cheveux ont un potentiel d’absorption exceptionnel

Par nature lipophiles (ils absorbent le gras) et hydrophiles, les cheveux sont en plus imputrescibles, incompressibles, très résistants et lavables.

C’est après ce constat que Thierry Gras, coiffeur dans le Var, a fondé en 2015 l’association Coiffeurs Justes pour inciter les coiffeurs adhérents de tout le pays et bientôt de toute l’Europe, à collecter les cheveux coupés dans son fameux sac à cheveux pour les recycler.

Une démarche écologique autour de la récupération des cheveux

À La Rochelle, certains coiffeurs se mobilisent, quatre salons adhèrent déjà à l’association Coiffeurs Justes, c’est aussi le cas de Virginie, au salon de coiffure Barn’s du Village Artisanal de Loix.

La coiffeuse rétaise, tout particulièrement sensible à la pollution des mers, oriente résolument ses pratiques professionnelles vers un mode plus respectueux de l’environnement. « C’est un engagement personnel, explique-t-elle, mais qui impose un coût financier plus important. »

Tout récemment, dans le choix des produits, elle a opté pour la marque australienne Kevin Murphy qui revendique une qualité 100 % éco-responsable : fabrication en Europe, transport par bateaux, ingrédients issus de l’agriculture biologique ou de la chimie raisonnée et sans essais sur les animaux. Leurs emballages sont 100 % issus du micro-plastique collecté dans les océans, la marque possède d’ailleurs ses propres bateaux.

Et pour sa propre gamme de soins (les savons à raser Barn’s), elle opte pour une fabrication locale, à Loix, un packaging inox, totalement recyclable et les expédie sans surplus d’emballage dans un carton fabriqué en France.

Avec l’association Solidhair, elle recycle les mèches de plus de 25 centimètres qui serviront à confectionner des perruques pour les personnes atteintes du cancer et, depuis un mois, l’enseigne a rejoint les Coiffeurs Justes.

Une valorisation dans plusieurs domaines d’application

Les cheveux coupés sont récupérés dans les sacs à cheveux de l’association vendus 1 € pièce. Ils sont ensuite mis en boudins dans des collants de contention (eux-même récupérés auprès des centres hospitaliers). Ces boudins au grand pouvoir absorbant (un kilo de cheveux pompe huit litres d’hydrocarbures) sont utilisés en mer lors de pollution aux hydrocarbures mais aussi dans les ports, amarrés sous les catways pour catalyser les nappes d’huiles. Aux États-Unis, l’association Matter of Trust a déjà testé ce type d’aspirateur à hydrocarbures lors de l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le golf du Mexique. Bien avant cela, en 1978, les Bretons avaient utilisé cette recette de grand-mère pour nettoyer leurs côtes mazoutées par le funeste naufrage de l’Amoco Cadiz.

Les opportunités d’utilisation des cheveux, parfois associés aux poils d’animaux, qui possèdent d’autres particularités, sont nombreuses. Aux USA, on en fait aussi des tapis pour filtrer les rejets d’hydrocarbures de véhicules sur les bouches d’égouts. Dans le bâtiment, on peut les incorporer au plâtre pour leurs capacités de résistance et d’isolation.

Se faire couper les cheveux : un geste pour la planète, en somme !

Véronique Hugerot

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