Culture

Salon du Livre

Avant-Première : extraits choisis d’une Ile aux Livres prometteuse

Une affiche signée Rob Stribley pour une Ile aux Livres tournee vers l’horizon.
Publié le 07/08/2019
Avant-Première : extraits choisis d’une Ile aux Livres prometteuse
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Le Salon l’Île aux Livres nous attend au coin du Bois (Plage), autrement dit dans la salle polyvalente, les 9, 10 et 11 août 2019. Plus de cent auteurs de tous horizons, des tables rondes et conférences passionnantes, une belle place faite aux femmes et Martine Laroche-Joubert comme invitée d’honneur, des nouveautés avec l’entrée de la bande dessinée et du polar dans le cercle, des remises de prix le dimanche soir… Mais place aux livres et aux auteur(e)s… en avant-première, pour donner à tous l’envie de venir les découvrir durant ces trois jours de fête, la fête des mots, des mots qui en disent long…

 

Câlins assassins, quand la réalité dépasse la fiction

C’est un titre de thriller et c’est bien une sourde angoisse qui nous saisit à la lecture de ce livre. Pas une fiction mais une histoire vécue, si terrible qu’on se demande comme elle a pu être. Et pourtant… Elle n’a que quatre ans lorsque Delphine entame une descente aux enfers, traînée d’hôpitaux en hôpitaux par une mère souffrant du syndrome de Münchhausen par procuration. Vous ne savez pas ce que c’est ?

Vous allez le découvrir. La vie passe mais le traumatisme reste, enfoui au plus profond. Il ressurgira plus tard et avec une violence inouïe. Delphine Paquereau est une survivante dont les mots sonnent juste.

PLR

Câlins assassins , Delphine Paquereau. Éditions Max Milo – 250 pages

Horizons berbères

L’année dernière déjà, Stève Lucas frappait fort avec la présentation de son récit-témoignage au Bois- Plage. Il revient cette fois avec un très beau premier roman. Comme les protagonistes de son histoire, lui aussi aura gravi une montagne !

Après s’être battu pour apprivoiser la chance qu’il reste d’une vie qui a joué avec lui l’insolente ; après le temps de se réinventer pour, dans la bibliothèque de son coeur ranger les mots d’une journée fatale qu’un ciel noir enveloppa brusquement en le laissant paraplégique ; le voyageur Stève Lucas ose visiter la terre des routes imaginées.

L’écriture comme un cap à franchir… Quelle surprise élégante que ce conte qui voit grandir des êtres soudainement liés par le maillage providentiel de leur destinée.

En héros : les hauts plateaux de l’Atlas dont la réputation régit l’économie locale des petits villages en contrebas. Autour, des personnages en quête d’un ailleurs. Une chasse au trésor qui mène le plus souvent les âmes attentives au renouvellement de soi.

Maxime, l’adolescent cannois venu fuir la routine d’un quotidien superficiel sera le détonateur des rêves du jeune éclopé Alilou. Ensemble, ils réussiront l’exploit de gravir le Toubkal tant convoité (c’est le point culminant de l’Afrique du Nord) et trouveront le chemin à emprunter pour toucher au plus près qui l’on est, en marge des projections sociales ou familiales.

Marie-Victoire Vergnaud

Ce jour-là… c’était la nuit, est paru en juin 2018. « Horizons berbères », est sorti cet été, toujours aux Nouvelles éditions Bordessoules.

Stève Lucas sera présent au salon « L’île aux livres ».

Une femme au front, ce que la reporter ne pouvait pas dire

La passion de l’information et de l’ailleurs s i g n e n t l a personnalité de Martine Laroche- Joubert. Si sa carrière à la télévision débute dans l’univers ouaté des studios d’Antenne 2 avec une émission culturelle, elle rejoindra vite l’Information et le service de politique ét rangère de la chaîne. Une profession : grand reporter et une spécialisation : les zones de conflits. Afrique, Moyen-Orient, Asie centrale, Europe, Caraïbes… Martine Laroche-Joubert rend compte de toutes les violences du monde.

Mais dans « Une femme au front », c’est la femme qui raconte. Sa vie de famille bouleversée par un métier qui la mène sans cesse au loin, sa culpabilité de mère, les dangers et les belles rencontres qui l’attendent, la mort qui la frôle. Un parcours sur lequel, bien qu’endurcie, elle a souvent senti son coeur chavirer.

Invitée d’honneur de l’Ile aux Livres 2019, Martine Laroche-Joubert est aussi productrice et réalisatrice de documentaires. Le premier d’entre eux « Une mort sans importance » pour lequel elle a reçu le Prix du Meilleur Documentaire, sera projeté le Vendredi 9 août à 18h00 dans le cadre du Salon. Un rendez-vous à ne pas manquer avec une autre grande figure féminine, victime « sans importance » de la folie des hommes.

PLR

Une femme au front Mémoires d’un reporter de guerre, Martine Laroche Joubert Éditions du Cherche-Midi – 192 pages.

Les Heures solaires, le poids de la filiation

Dans son second roman, délicat et sensible, « les Heures solaires », Caroline Caugant brosse le portrait de trois générations de femmes unies par de lourds secrets de familles. Bien construite et portée par une écriture fluide, on se laisse entraîner par cette histoire qui creuse avec finesse la question du poids de la filiation. Une belle découverte !

Margaux Segré

Les heures solaires de Caroline Caugant. Éditions Stock, publié le 2 janvier 2019 – 18 euros.

Elle swingue, La folle vie de Lili !

Folle la vie de Liliane Rovère ? Chacun y verra ce qu’il veut. Infiniment riche en tous cas, de passions et d’émotions.

Mais pas pour autant légère. Quand on naît de confession juive en 1933, la partie n’est pas gagnée. Marquée de l’étoile jaune, cachée et déracinée pendant la guerre, Lili s’en sort.

Et elle se sort de tout d’ailleurs Lili. Suivant son instinct et ses passions. Pour la musique, le théâtre et sa fille Tina. Elle vit les grandes heures de Saint-Germain des Prés, rencontre les plus grands du jazz. Ses amis sont musiciens, ses amours aussi.

Lili suit son chemin et Liliane le raconte. Dit tout, sans ambages. Une autobiographie vibrante et joyeuse pour une vie qui swingue.

PLR

La folle vie de Lili , Liliane Rovère. Éditions Robert Laffont 305 pages.

Un poète loidais au salon L’île aux livres

Alain Dubesset, né en 1941, connaît Loix depuis 1964. C’est son épouse, originaire du village, qui le lui a fait découvrir. Il est passionné de poésie depuis sa jeunesse. « Je ne pense pas pouvoir écrire autre chose que des poèmes », nous confie-t-il. Après avoir publié deux recueils, dans les années 1960, il a récemment décidé de récidiver, pour meubler une partie de sa retraite.

Lors du prochain salon du livre, il dédicacera son dernier ouvrage, « Vingt-sept poèmes d’amour », suivi de « Partage d’un regard » (éditions Edilivre). La cinquantaine d’années passées avec son épouse, une muse qu’il idéalise, représente sa principale source d’inspiration. Alain est fasciné par son village, en lisant ses vers on a l’impression de ressentir les embruns de l’océan…

Jacques Buisson

Vingt-sept poèmes d’amour suivi de « Partage d’un regard » Éditions Edilivre, 231 pages – 18 euros.

Les Misophones… et je coupe le son !

Dans ce premier roman, Bruno Salomone, humoriste et acteur français, explore la relation entre deux naufragés du coeur qui deviennent complices grâce à leur misophonie. Leur vie, ballottée entre tumulte sentimental et chaos acoustique, va être bouleversée, pour le meilleur et pour le pire… « Haine du son », la misophonie est un trouble neuropsychique rarement diagnostiqué mais commun, caractérisé par des états psychiques fort désagréables (colère, haine, anxiété, rage, dégoût), déclenchés par des sons spécifiques. Ou, comme Damien, le personnage principal du roman, l’exprime si bien : « Ça peut être une personne qui croque une pomme, le broyage d’une chips dans la bouche, une respiration lourde, le reniflement régulier d’un enrhumé, quelqu’un qui siffle les “s”… »

Cet ouvrage, au-delà de l’histoire d’amitié et de l’intrigue, permet de parler de cette pathologie méconnue et de comprendre ce que peut vivre un misophone de l’intérieur. Une sorte de mode d’emploi pour les non-misophones, afin de leur faire comprendre ce que peut vivre quelqu’un de leur entourage qui souffre de ce trouble. Mais c’est avant tout un roman, l’histoire d’une amitié qui va se construire bruyamment, brique par brique, entre Damien et Alexi (sans « s » : Damien va recueillir Alexi et l’aider à se révéler, ils vont s’entraider, s’agacer pour le plus grand plaisir des lecteurs car la misophonie est un magnifique terrain comique. Une comédie à la fois tendre et grinçante.

C’est aussi une quête initiatique à la recherche de la compréhension, de l’écoute, du partage, du soulagement, de la solution et de la guérison. Un voyage dans un univers auditif sous l’angle d’une perception singulière. Avec ce roman, Bruno Salomone prouve qu’il existe d’autres solutions que l’isolement total pour combattre la misophonie : le casque anti-bruit et la communication !

Florence Sabourin

Les Misophones par Bruno Salomon Éditions du Cherche Midi Roman de 272 pages – 17 euros.

Né d’aucune femme, beau et cruel

En narrant le destin tragique de Rose, jeune fille d’un autre temps vendue par son père, Franck Bouysse continue à explorer la noirceur de l’âme humaine et confirme son immense talent. Beau et cruel à la fois, porté par une langue poétique et très personnelle, ce roman intemporel et universel vous tient en haleine de la première à la dernière page.

Margaux Segré

Né d’aucune femme, de Franck Bouysse : La Manufacture des livres, publié le 10 janvier 2019. 20,90 euros. Lauréat du Grand Prix des lectrices de Elle, du prix du roman inspirant Psychologies magazine, du Prix des libraires et du premier Prix Babelio.

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