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APSC : l’association couardaise a trouvé un second souffle

En face du Marché du Mail, une zone peu esthétique que surveille la commune
Publié le 25/08/2020

Matinaux, les adhérents de l’APSC ont débuté leur AG annuelle dès 9h30 le 8 août à La Couarde. Très attendus en ce samedi, Patrick Rayton et Lionel Quillet ont ensuite rejoint l’assistance

Pour le nouveau Président Eric Revel, c’est une première. Elu en mai dernier, il a soigneusement préparé ce rendez-vous qui va lui permettre, au-delà des rapports d’usage, de présenter ses orientations pour dynamiser une association qui, il y a deux ans, se cherchait quelque peu.

De nouvelles bases

Rapports moral et d’activités rappellent la création des « Café couardais », invitant adhérents et habitants à des rencontres informelles sous le signe de l’échange. Entré en avril 2019 dans le vif des inquiétudes pesant sur la survie du centre bourg, le Café couardais est ensuite parti du côté du Chemin des Brardes avant de renouer avec l’histoire du village, dans une troisième édition animée par Michel Pelletier, pour lequel La Couarde n’a aucun secret. Des Café couardais « il y en aura d’autres » affirme Eric Revel.

Autres initiatives, l’amélioration du site web enrichi d’une revue de presse et d’une « Tribune opinion » ouverte à tous afin de recueillir avis et suggestions.

Idée de l’APSC reprise par la Mairie (« et j’en suis très heureux » précise Eric Revel), un Comité de réactivation du centre-bourg a vu le jour avec la participation du secrétaire et du trésorier de l’association. Enfin, l’un des membres est désormais présent à chaque conseil municipal et rendez- vous est pris avec M. le Maire chaque trimestre : « il est important de faire le point avec bienveillance mais aussi vigilance » explique Eric Revel.

Côté finances, l’association se réjouit d’une belle mobilisation avec 220 adhérents payants en 2019 et l’intérêt de nouveaux sympathisants.

Un grand projet autour du patrimoine

Il nous en avait déjà touché quelques mots (voir Ré à la Hune N°207) : l’AG est pour Eric Revel l’occasion de lancer « Les Ateliers du Patrimoine de La Couarde ». De quoi s’agit-il ? D’un projet stimulant un travail collectif créateur de liens et transgénérationnel autour du patrimoine couardais sous un angle élargi.

Car pour Eric Revel, si le patrimoine est bien sûr architectural, il a aussi d’autres visages, se fait végétal, mémoriel et personnel, vivant au travers d’anecdotes en patois comme du souvenir de la présence sur les dunes d’immortelles aujourd’hui disparues. Bref il s’agit de recueillir et de transmettre, de partager et de découvrir. Une initiative fédératrice qui n’occulte pas la problématique du centre-bourg, autre axe majeur de l’APSC.

Attendant l’arrivée des deux élus invités, Eric Revel donnera ensuite la parole à l’assistance et plusieurs couardais s’exprimeront, omettant et c’est dommage, de reformuler certaines questions après l’intervention de Lionel Quillet et Patrick Rayton.

Concilier impératifs économiques et patrimoine naturel et humain

Un enjeu majeur pour l’avenir de l’île que le Président de la CdC développe autour de trois de ses thèmes de prédilection : PLUi, protection du territoire et mobilité. Sur le premier, Lionel Quillet rappelle les grandes lignes, l’Ile de Ré ayant « choisi le contraire d’une loi générale favorisant la densification ».

« Xynthia a montré la résilience d’un territoire devenu aujourd’hui très résilient avec la crise du COVID », explique Lionel Quillet mais « nous n’allons pas monter des digues indéfiniment ». L’ile de Ré devra évoluer encore avec le réchauffement climatique et le risque de submersion », se doter de maisons elles aussi résilientes qui « conserveront leur blancheur et leurs volets mais devront être construites différemment ».

Préservation de l’environnement et économie exigent aussi une mobilité mieux pensée. « Si l’Ile de Ré ne se désenclave pas, ce sera bientôt l’asphyxie au printemps et en été », pour Lionel Quillet qui revient avec précision sur la troisième voie du Pont, « une voie centrale dédiée au bus, véhicules de secours et déplacements de détenus, et pas une voie supplémentaire pour les voitures » comme le Président l’entend parfois. Elle se prolongera par un circuit propre reliant Rivedoux et Sainte-Marie puis dans un second temps cette dernière et Le Bois-Plage. Laissant la parole à Patrick Rayton, Lionel Quillet rappellera sur la protection qu’il s’agit là du « plus gros chantier de France » et seulement de la « reprise de l’existant ».

Digues et OAP

Centré sur La Couarde et ses digues, son Maire évoque un planning évidemment contrarié par la crise sanitaire mais aussi par des exigences à la fois économiques et environnementales, sur la partie allant de la Moulinatte au Goisil qui sera achevée à Noël. « Il nous faudra aussi envisager la protection de La Passe » poursuit Patrick Rayton. Autre sujet : le PLUi et les OAP déposés avec autant de projets pour le village : un programme de logements à l’horizon 2023 du côté du Petit Noue, un éventuel réaménagement mixte commercial et logements au Peu Ragot ou encore la partie allant de la rue du Peu des Hommes à la rue Joachim qui « inquiète la commune ».

Concluant sur le centre-bourg, Patrick Rayton parle avec franchise de la complexité de la situation. L’étude prévue en collaboration avec la CCI sur le commerce local est reportée en septembre et l’élu n’a donc guère d’éléments nouveaux à présenter si ce n’est sa « volonté d’avancer ». Sur le café Les Mouettes, le Maire évoque les 3 millions d’euros qu’il aurait fallu investir pour un rachat, « impossible sauf à augmenter la taxe foncière de 40% ». Aujourd’hui, il y a deux acquéreurs sérieux mais le dossier est loin d’être bouclé.

Pour terminer ce rendez-vous couardais de trois heures, latitude sera ensuite laissée à l’assistance d’interroger les élus. Des questions précises à des sujets plus généraux seront évoqués telle la question de l’affichage sauvage, Lionel Quillet marquant son souhait d’en reprendre la gestion qui revient aujourd’hui à la Préfecture, ou encore les pistes cyclables et l’écotaxe.

Patrick Rayton tiendra-t-il compte des propositions de l’APSC ? Peut-être ou pourquoi pas… l’élu se veut prudent, sachant combien il y a parfois de nuances entre un projet et sa faisabilité. Toujours pragmatique le Maire de La Couarde se veut aussi ouvert, affirmant « ne pas avoir de soucis » avec une collaboration positive.

Pauline Leriche Rouard

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