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Portrait - Annick Delalleau

Annick Delalleau (Foyer du Bois), très investie dans la vie associative rétaise

Annick Delalleau, un « curé laïc » ?

Annick Delalleau, très investie dans la vie associative rétaise
Publié le 04/11/2015

Il y a des personnes qui rendent humbles ! Elles ne passent pas à la télé. Mais « font le travail ». Annick Delalleau est de celles-là ! Des années qu’elle préside aux destinées du Foyer du Bois-Plage.

Ceux qui la connaissent savent que si « elle n’est pas dans le moule » ou parfois « brute de décoffrage », c’est le masque gai d’une richesse intérieure débordante, « haute en couleurs » ! Son moteur ? « La joie du don ». En même temps que les cinquante ans du Foyer d’éducation populaire et laïc du Bois-Plage, elle fêtera l’an prochain ses cinquante années de bénévolat à elle.

De grandes figures humaines

Pourquoi s’engager comme elle l’a toujours fait, et en une époque qui, selon elle favorise trop l’individualisme ? Née en 1950, elle a eu « la chance d’avoir des parents communistes ». D’ailleurs, pour comprendre son enfance, deux films suffisent, plaisante-t-elle : celui de Josiane Balasko et Don Camillo. « Certains croient que c’est inventé », mais non, elle, elle a « connu cela ». Elle est née d’un père athée, communiste, et « qui ne serrait pas la main du curé ». Mais ce père avait été sauvé, tout jeune, à la Libération, de l’effondrement de son immeuble, par le colonel Rol-Tanguy. Communiste, figure éminente de la Résistance. Et resté ami fidèle de sa famille. De sorte qu’elle ne peut oublier, dans sa formation humaine, les figures impressionnantes de ces hommes qui s’étaient engagés pour sauver la France : « on passait des heures à écouter ces gens ». L’esprit de cette grande époque de la Résistance, faite de courage et de don de soi, et de la Reconstruction est omniprésent dans ses références intérieures. Et sa bibliothèque. Dès l’adolescence, elle commence à travailler, comme coiffeuse. De quoi nourrir la palette de ses cheveux colorés. Et déjà elle fait du bénévolat. Pour former les jeunes coiffeurs. A l’époque, elle réside sur la Butte Montmartre, à Barbès. Sa personnalité gouailleuse, haute en couleurs, séduisait. Qui sait qu’elle a été à l’époque, selon sa propre expression, « une petite personnalité » ? Elle coiffe des artistes, travaille pour L’Oréal. Voyage à l’étranger.

Aller voir la mer

Et puis un jour, en juillet 1989, lassée de la futilité de cet univers, elle décide de partir. En moins de six mois, elle vend son salon et part, avec sa famille, « voir la mer ». « Je n’ai jamais regretté ». Et le lendemain de son arrivée, rigole-t-elle, « j’étais déjà présidente d’une association de bénévoles ». Elle a ça « dans les gènes ! » Elle ouvre à nouveau un salon de coiffure, et s’investit dans la vie locale. Présidente du Comité d’animation marsillois, elle lance, entre autres engagements, avec la municipalité la « Fête de la pomme ».

Un engagement auprès de ceux qui souffrent

En 1993, un grave accident de voiture lui a fait connaître de nouvelles épreuves. Elle en tire une leçon : même et surtout quand on est triste, mieux vaut choisir de rebondir plutôt que de s’apitoyer sur soi-même. Une expérience qu’elle partage avec Alain son mari, dont Michèle Boisliveau, ancienne conseillère municipale du Bois-Plage, et qui les connaît depuis son arrivée en Charente-Maritime dit : « c’est son âme soeur ». Mais aussi un enseignement : « si on ne l’a pas connue, on ne peut juger à l’emporte-pièce ceux qui sont dans la misère ». Et un engagement, désormais, en faveur de ceux qui souffrent. Il y a sur l’île une pauvreté qui ne se voit pas, dit-elle. Ses multiples engagements au Foyer, aux Restos du Coeur, en font un pivot constant de la solidarité sur l’île. Et souvent plus discrètement que ses tenues laisseraient accroire. Car, si d’aucuns la jugent bizarre, elle assume : « ça me plaît de faire la rigolote ! » Ses tenues, ses cheveux colorés, c’est volontaire.

Sûrement une façon de tester l’autre, de provoquer à la relation, au-delà des carcans et des quant-à-soi ! Pour être une « touche de couleur », comme lui a dit, un jour, une paroissienne avec qui elle a fait le catéchisme. Encore un bénévolat. Sa foi est revenue avec son accident de voiture : « j’ai éprouvé le besoin de rentrer dans l’Église ». C’est la personnalité de Mgr Gaillot qui la convainc. Tout comme la touchent les figures de l’abbé Pierre ou de Soeur Emmanuelle. Pour Michèle Boisliveau : « Annick, c’est un curé laïc. Sa vie est un sacerdoce au bénéfice des autres ». Bien vu !

Jean-Baptiste Le Proux

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Vos réactions

  • pepito17
    Publié le 4 novembre 2015

    Cet interview en hommage à Annick est très largement mérité.
    Je suis heureux de voir qu’une personne aussi dévouée, disponible et pleine d’attentions pour tous soit mise à l’honneur par notre collectivité.
    Amitiés à Annick.

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