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Alexandre Vincent, la course à pied dans le sang !
A 40 ans, le Martinais a fait de sa passion un vrai rythme de vie. Arrivé sur le tard à 21 ans dans la discipline, il participe cette année encore, aux Championnats de France du semi-marathon. Retour sur une ascension personnelle qui force le respect.
“J’aurais pu perdre ma jambe !”
“Je n’ai aucun parcours dans un club d’athlétisme”, sourit celui qui découvre un peu par hasard la course à pied à 21 ans, suite à un grave problème de santé. Il se réveille un jour la jambe gonflée, sans vraiment savoir pourquoi, “après plusieurs jours d’attente, j’ai vraiment eu très peur, j’aurais pu perdre ma jambe”, confesse Alexandre. Sans finalement jamais savoir quelle mouche l’avait alors piquée, son problème disparaît, et il se met bille en tête de courir un marathon. D’abord bercé par le football et le tennis, sa vie d’étudiant lui offre aussi de moins en moins de temps. Il se décide alors en 2006 de s’éprendre d’une nouvelle passion : la course à pied, “un sport accessible, qui nécessite peu de matériel”. Un sport qu’il juge lui-même un peu ‘has been’, pour un étudiant de 23 ans, mais peu importe, il sent bien que cette discipline lui provoque de belles sensations, sans savoir que ce sport guidera chaque jour un peu plus son quotidien.
Un premier marathon en 5h02
Sans aucune base, il se lance dans une initiation autodidacte pour mener “avec une très mauvaise préparation et de très mauvaises chaussures” un premier marathon en 5h02. Un temps plus que moyen pour les connaisseurs, mais une médaille de finisher, la première d’une longue série. Vient alors une prise de conscience de l’importance de mettre en place une routine. “J’avais vraiment de bonnes bases en endurance, mais ça ne suffit pas”, admet Alexandre. Après cette première, qu’il considère à demimot comme un échec, il fera à minima toujours un marathon par an, jusqu’à aujourd’hui, pour compter désormais vingt-trois médailles de finisher. Modeste, il avoue avoir un niveau de pratique relativement normal, qui lui offre un record personnel de 2h36 aujourd’hui sur la distance. Pas mal, et une sacrée progression, exponentielle depuis 2017. “En 2017, j’étais sur une routine autour de 3h30 par semaine, mais mon travail, le Covid et la lecture en 2019 du livre “Born to Run” ont complètement changé ma philosophie” nous explique celui qui aujourd’hui, avale plus de 120 kilomètres par semaine. Cette pratique, c’est donc un élément essentiel de sa vie, de son équilibre, ce qui représente 9 à 12h par semaine, pour des “semaines normales” glisse Alexandre, qui dépasse allégrement et le temps et la distance quand il faut préparer des évènements importants.
Semi Marathon et Championnat de France
Si vous lui demandez sa distance fétiche : le semi-marathon. Et pour cause, en 2024 il termine 35e français sur la distance aux Championnats de France à Saint Tropez. S’il minimise sa performance par l’absence de certains cadors de la discipline, il affiche tout de même en 2025 un chrono à La Rochelle à 1h12’07 soit une vitesse de croisière au-delà des 17 km/h sur la distance. Cette année encore, il s’alignera aux France à Nice sur les 21 kilomètres, dans l’espoir d’améliorer son record personnel sur un parcours a priori très roulant. Côté marathon, il aura en tête celui d’Ambès, près de Bordeaux en mai, puis de La Rochelle qu’il tient à faire tous les ans, toujours dans le but de s’approcher de cette barre symbolique, presque mythique des 2h30. Gagner 6 minutes sur 42 kilomètres, pour les connaisseurs, c’est loin d’être facile, mais à force de persévérance, il espère que son corps répondra présent. Son marathon préféré ? “Berlin, et son parcours dans la ville, une vraie visite, tout en courant !”. En bref, une année chargée…
Investissement bénévole au profit du Run in Ré
Si son master en informatique l’a mené à développer des sites internet et des logiciels, il est aussi un peu à l’origine du club de course à pied de l’Île de Ré : Run in Ré. “J’avais cette idée depuis un moment, et un jour je découvre que certains l’ont concrétisée avant moi” confie-t-il. Il se rapproche alors tout naturellement du club avant de l’intégrer et de mettre à profit savoir-faire et savoir-faire pour le club, qui a dépassé cette saison la barre symbolique des cent licenciés. Dans la lignée de ses apprentissages, il passe en ligne son certificat de qualification professionnelle d’athlétisme et obtient sa carte d’éducateur sportif. Cela lui permet de développer une pratique structurée et structurante pour les licenciés du club, notamment en présentiel le mardi. “L’idée est de faire en sorte que chacun s’exprime à son niveau, dans des séances de course uniformisées”, explique Alexandre. Ainsi, chacun a son rythme de course, car les objectifs sont individuels, mais les exercices identiques.
Finalement, il constate que si beaucoup viennent à la course par plaisir, la structuration de leur pratique leur fait vite aller vers la “compétition”, entendons par là l’inscription à des courses. Aujourd’hui, plus de 50% des adhérents du club font ou ont déjà fait des courses. L’objectif affiché est aussi de permettre à terme la création d’une école d’athlétisme sur l’Île de Ré, pour faire découvrir la pratique de ce sport aux plus jeunes. “Il y beaucoup d’intérêt sur les plans physiologiques et physiques à pratiquer jeune la course à pied. Cela développe l’endurance, la motricité, des compétences que l’on peut utiliser dans beaucoup de disciplines.” Affaire à suivre.
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