Vie politique

Portrait d'élu

Alain Pochon, l’autodidacte

Alain Pochon, le nouveau maire des Portes, à La Patache
Publié le 27/12/2020

Président du Grand Pavois, créateur d’entreprises florissantes et désormais maire des Portes-en-Ré, Alain Pochon multiplie les casquettes. Autodidacte depuis le début d’une vie professionnelle intense, il le sera aussi dans la gestion de sa mairie. Avec la cohésion et l’adhésion de son équipe pour horizon

Alain Pochon commence à travailler dès l’âge de 15 ans en tant qu’apprenti en électricité marine. « Je n’ai toujours connu que les bateaux ! », résume-t-il. Ce « pur Rochelais », comme il se définit lui-même, travaille ensuite pour le compte d’une entreprise d’éclairage public. À 18 ans, il devient « ouvrier hautement qualifié » puis part effectuer son service militaire. C’est au sein de l’armée qu’il commence à s’intéresser à la technologie radio, pour les chasseurs alpins. Il y donne des cours de radio et forme le peloton. À l’époque, son père travaille pour une entreprise au sein de laquelle il entretenait le matériel électronique de bateaux. « À cette époque, les marins louaient leurs matériels nautiques, dont les radars. Lorsque le patron de mon père décède, la société Radio Océan lui propose de commencer à entretenir ce matériel de location. C’est quand je suis rentré de l’armée que mes parents ont évoqué l’idée que l’on travaille ensemble ». À 22 ans, le jeune Alain crée l’entreprise Pochon avec la femme qu’il a épousée quelques années plus tôt. « Cela n’a pas été facile … Le métier est difficile, le milieu est difficile. Les marins ont, par leur métier et la vie qu’ils mènent, des caractères endurcis », commente-t-il.

Cap sur l’innovation

L’entreprise Pochon travaille alors beaucoup sur l’île d’Oléron. « Les marins d’Oléron ont été mes premiers clients, ils m’ont fait confiance et sont encore fidèles à la société Pochon aujourd’hui. Il y a ensuite eu ce que l’on appelle le renouveau de la pêche rochelaise, cela a été une chance. Nous avons été très novateurs dans les techniques que l’on proposait, notamment en termes de logiciels et de matériel de navigation ». La confiance des clients associée aux innovations proposées ont été les clés de la réussite de l’entreprise, désormais aux mains de ses deux enfants. « Je me souviens qu’à l’époque, on me prenait pour un fou lorsque j’ai commencé à équiper les bateaux d’ordinateurs. C’était complètement précurseur et c’est justement ça, la force de l’entreprise ». La création de pilotes automatiques marquera l’histoire de l’entreprise Pochon, qui rayonne rapidement à l’international. « Mon dada, c’était le pilotage automatique et pour cela, il fallait naviguer pour faire des essais. Je naviguais énormément pour développer le logiciel, je suis avant tout un technicien ». Mais au-delà de l’aspect technique, la force de l’entrepreneur réside aussi dans sa volonté à travailler en équipe. « Ma vie professionnelle s’est construite avant tout à travers les rencontres. Il faut savoir bien s’entourer ». Bien s’entourer, c’est aussi ce qu’il fait au sein de Grand Pavois Organisation, qu’il préside depuis 27 ans.

« Défendre ma profession »

Parallèlement à cette vie professionnelle très prenante, entre déplacements autour du monde et navigation, il endosse le rôle de président du Grand Pavois. « Lors de sa création en 1972, le Grand Pavois, c’était 20 exposants pour 40 bateaux. J’ai tout de suite intégré l’association, puis j’ai siégé au bureau. J’ai ensuite accepté d’en prendre la présidence car j’estime que si des personnes avant moi, c’est-à-dire les 4 mousquetaires rochelais, créateurs du salon, ont pris de leur temps pour apporter quelque chose à la profession, c’était à mon tour de lui donner de mon temps et de la défendre ». Alain Pochon sera aussi, entre 2007 et 2019, président de la Caisse régionale du Crédit Maritime Littoral Sud Ouest et administrateur de la Caisse Régionale Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique. Il a été ensuite sollicité par le Ministre des Transports de l’époque Jean-Louis Borloo pour siéger au sein du Conseil de surveillance du Grand Port Maritime et siège par ailleurs au conseil d’administration du port de Plaisance des Minimes.

Maire malgré lui

En juillet 2020, il est élu maire des Portes-en-Ré, après des élections non sans rebondissement. Le village du bout de l’île, qu’il fréquentait jusqu’alors uniquement pour se ressourcer, est devenu son lieu de vie, les terres sur lesquelles l’attend un nouveau défi. « La vie politique et municipale ne m’a jamais intéressé. Si j’avais su que je me lancerais dans une telle aventure, je m’y serais préparé ! ». Alain Pochon a déjà été sollicité plusieurs fois pour intégrer des municipalités, il avait toujours refusé. Comment s’est-il alors retrouvé à la tête de la mairie portingalaise ? « Je passais voir un ami et ancien client, Patrick Bourraine, à une exposition photos aux Portes. Je rencontre alors Bernard Poulet qui me demande de rejoindre l’équipe et au départ, j’ai refusé ». Il se laisse finalement convaincre par son ami Patrick et accepte de travailler sur la problématique des mouillages. Mais après l’éviction des deux têtes de liste au premier tour, la nouvelle équipe municipale vote pour qu’il prenne les rênes de la mairie, à l’unanimité.

L’humain au centre du village

« Cela ne m’intéressait pas d’être maire mais ils ont tous voté pour moi, ils m’ont fait confiance. Rien ne se fait autour d’un seul homme et je n’ai jamais rien fait seul, tout doit se faire en équipe. Les électeurs attendent de nous que l’on fasse avancer le village ». La nouvelle équipe a déjà avancé sur plusieurs dossiers importants (remise à niveau de l’école, réhabilitation du cimetière ou encore remise du marché au centre du village) sous l’impulsion du nouvel édile qui a fixé des axes de travail clairs et précis. Alain Pochon a bien conscience de la tâche qui l’attend et des lourdeurs administratives inhérentes à la gestion d’une municipalité. « Je ne m’attendais pas à toute cette complexité ! Mais il faut que je sois à la hauteur, car les administrés et le conseil municipal me font confiance ». Ce n’est donc pas l’esprit de « challenger » qui semble motiver le nouvel élu mais plutôt le sens du dévouement envers une équipe qui l’a choisi. « Je suis maire contre mon gré mais maintenant que j’y suis, je veux y arriver, je suis entièrement au service de mon équipe et de la population. Ce qui compte, c’est de mettre l’humain au centre du village des Portes et de rapprocher les gens. Le reste n’est que littérature », conclut-il.

Aurélie Cornec

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires