Économie

Activités primaires

2018 / 2019 : un bon cru pour Uniré

© Aurélie Cornec - L’assemblée générale d’Uniré s’est déroulée au Bois-Plage, le 31 janvier dernier
Publié le 10/02/2020

La Coopérative des vignerons de l’île de Ré et des pommes de terre AOP, Uniré, tenait son assemblée générale ordinaire le 31 janvier dernier. En présence de nombreux élus, Jean-Jacques Enet, le président, a présenté le rapport détaillé de l’exercice du 1er août 2018 au 31 juillet 2019.

« A Uniré, 2019 restera un bon millésime pour la rémunération de nos apports avec une récolte de pommes de terre abondante et de qualité, bénéficiant de prix élevés. Pour les vignerons, la rémunération de la récolte 2018 nous permet d’aborder l’avenir avec enthousiasme et sérénité. Malgré ces bonnes perspectives, il ne suffit pas de profiter sans réagir, c’est au contraire le moment d’intensifier nos efforts afin d’être toujours plus performants en investissant dans les plantations et les mises aux normes », a expliqué Jean-Jacques Enet. « Ces bons résultats sont en grande partie dus à une conjoncture favorable à nos activités mais sont aussi le fruit d’une gestion rigoureuse, d’une politique d’investissement réfléchie par votre Conseil d’administration et le travail d’une équipe bien structurée en perpétuelle évolution », a-t-il ajouté.

Répondre aux contraintes légales

Les contraintes administratives restent une préoccupation quotidienne pour les vignerons, « la loi Egalim (loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire NDRL) peine à se mettre en place, la certification HVE (Haute qualité environnementale) nous impose la construction d’aires de lavage déjà obligatoires mais inaccessibles à l’échelon individuel. Devant cette difficulté, le Conseil d’administration a décidé de créer quatre points de services dédiés aux adhérents d’Uniré afin que chacun puisse répondre à cette obligation ». La plupart des adhérents présentent en effet déjà toutes les conditions pour être certifiés HVE, excepté en ce qui concerne les aires de lavage.

2018 : des vendanges très abondantes

Contre toute attente au sortir d’un millésime 2017 particulièrement généreux, les vendanges 2018 ont également été très abondantes en termes de rendement avec 46 648 hectolitres contre 48 015 lors de la précédente campagne. « Notons, à l’instar de la récolte 2017, une grande précocité et donc un avancement de la date des vendanges qui se sont échelonnées en 2018 du 27 août au 8 octobre. Ceci va dans le sens, entre autres facteurs, d’une vendange parfaitement saine et à la maturité parachevée sur le plan du chargement en sucres ». Si les volumes de vins de distillation enregistrent un recul, avec 26 000 hectolitres contre 28 000 en 2017, ils restent exceptionnels. Par ailleurs, ces vendanges 2018 ont vu la première vinification d’une cuvée d’Azuré rosé bénéficiant de la mention « vin biologique ».

Le succès de la gamme bio et le recul du Pineau

Les ventes de Vins de France (anciennement Vins de table) augmentent de 7,82%, dont la moitié se porte sur le Rosé du Large. Ce développement est porté, à l’instar de l’année précédente, par les ventes en BIB, un conditionnement qui représente désormais pas moins de 89% des ventes de Vins de France. Les ventes de Vins de Pays, sur l’exercice 2018 / 2019, enregistrent une progression de 2,71% par rapport à l’année passée. « Il est intéressant de noter le développement de la proportion des vins blancs sur le volume de vente des Vins de Pays, ce qui fait écho au regain de la popularité de cette couleur ces dernières années à l’échelon national ». Les ventes de BIB de Rosé des Dunes progressent quant à elles de 7,12%. Ce conditionnement représente désormais 48% du volume commercialisé du Rosé des Dunes. Enfin, une augmentation des volumes vendus pour la gamme Azuré (gamme certifiée agriculture biologique ou en conversion) est observée. Un succès qui s’explique notamment par les actions de promotion mises en places par l’équipe commerciale d’Uniré. Seule ombre au tableau de ces bons résultats : une légère baisse des ventes du Pineau des Charentes Ilrhéa, avec un recul de 4,18% pour le blanc et de 2,86% pour le rouge. « Le contexte commercial difficile de l’AOP Pineau des Charentes se ressent sur la commercialisation d’Ilrhéa. Néanmoins, la reconstitution de notre stock de Pineau se poursuit […], assurant ainsi des rotations plus lentes et donc un élevage plus conforme à la commercialisation d’un Pineau de qualité ». Concernant le Cognac, les ventes accusent une légère baisse (-0,16%), mais « la dynamique commerciale de l’appellation reste porteuse et le second marché animé, ce qui permet une valorisation intéressante de nos eaux-de-vie ».

De bonnes conditions pour les pommes de terre

Concernant l’activité maraîchère, « les plantations de pomme de terre se sont déroulées dans de bonnes conditions ». Grâce à un climat propice, la production était au rendez- vous, avec près de quinze jours d’avance. Par manque de plants en Alcmaria et en Léontine, Primabelle a été plantée pour la première fois. « Nous nous sommes donc retrouvés avec quatre variétés à commercialiser qui ont engendré quelques difficultés pour prévoir les mises en marché des produits et un peu de confusion chez nos clients ». Mais les chiffres sont bons, puisque la production vendue a augmenté de 51% par rapport à celle de 2018. Par ailleurs, l’intérêt porté par les consommateurs aux sachets fraîcheurs se confirme en 2019, au détriment du conditionnement carton. « L’union commerciale Noirmoutier / Ré nous a donné une force et nous permet notamment de dégager des prix intéressants », a commenté le président d’Uniré.

Une belle vitrine

La coopérative s’est dotée, en janvier dernier, d’un nouveau magasin* afin de développer les ventes en circuit court, la meilleure façon pour Uniré de générer de la marge. La coopérative a souhaité une surface de vente « importante, moderne, efficace et qui donne envie d’y entrer ». Jean-Pierre Gaillard, le maire du Bois-Plage-en-Ré, a d’ailleurs salué cette initiative : « Il s’agit d’une belle vitrine, qui permet de mettre en valeur nos produits ». « Je reste convaincu que ce nouveau cellier sera une belle vitrine pour nos produits, leur donnant ainsi encore plus de valeur sans pour autant empiéter sur les ventes de nos distributeurs qui restent nos meilleurs alliés pour l’écoulement de nos récoltes », a précisé Jean-Jacques Enet. Le cellier des vignerons sera « inauguré comme il se doit, une fois avec les adhérents et le personnel puis une seconde fois avec les politiques, les officiels et les professionnels avec qui nous travaillons ». La séance a été conclue avec la présentation du rapport financier, qui fait part d’un chiffre d’affaires de 14 236 000 euros, contre 12 889 050 euros pour l’exercice 2017 / 2018. Le président d’Uniré a enfin prévenu les adhérents qu’au regard de la baisse de 49% des récoltes 2019, ils doivent « s’attendre à une baisse de rémunération »

*Lire notre article “Uniré mise sur le développement de l’oenotourisme” dans Ré à la Hune 202 ou sur www.realahune.fr

« Nous ne sommes pas des pollueurs »

Jean-Jacques Enet a profité de cette assemblée générale pour faire part à l’assistance de « l’agri-bashing* » subit par Uniré. Invité sur les ondes de France Bleu La Rochelle en janvier dernier pour s’exprimer sur l’utilisation de pesticides, le président s’est dit « piégé par le journaliste ». « Cette interview faisait suite au courrier d’un Rétais nous accusant d’augmenter l’utilisation de pesticides. Ce qui est faux, puisque nous suivons les directives légales qui nous imposent justement de diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires. La façon dont l’interview a été montée m’a fait dire des choses que je n’ai pas vraiment dites ! L’agriculture raisonnée, nous la pratiquons depuis bien longtemps, avant même que le terme n’existe. Je vais demander à France Bleu La Rochelle la possibilité de m’expliquer, voire d’organiser une confrontation avec l’auteur de ce courrier, afin que l’on arrête de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas : des pollueurs ». *L’agri-bashing consiste à dénigrer les pratiques des agriculteurs, notamment en termes d’utilisation massive de pesticides.

Aurélie Cornec

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