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Véronique Richez-Lerouge : une politique au service de la vie quotidienne

© Morgane Lefort - Véronique Richez-Lerouge et Djoumoi Said.
Publié le 07/06/2022

« Prête de longue date » pour se lancer dans cette campagne des élections, non investie par Ensemble ! à sa grande surprise, Véronique Richez-Lerouge a décidé de se présenter en candidate libre, en se mettant en retrait de la présidence du Modem de Charente-Maritime.

Ré à la Hune : Les Rétais vous ont découverte en 2020 à l’occasion des élections départementales, tous ne vous connaissent pas, pouvez-vous leur parler de votre parcours de vie et leur présenter votre remplaçant, Djoumoi Said ?

Véronique Richez-Lerouge : Originaire de Franche-Comté, journaliste de formation, j’ai exercé quinze ans dans la presse et TV régionales et écrit plusieurs ouvrages sur l’alimentation. Je viens à l’île de Ré depuis 25 ans et y habite depuis 11 ans. Mon métier actuel consiste à conseiller les entreprises en communication média. J’ai aussi une activité bénévole associative depuis vingt ans au travers de l’Association fromages de terroirs dont je suis présidente, qui organise chaque année en mars la Journée nationale du fromage. Il s’agit pour moi de convictions profondes, petite je buvais du lait cru à la ferme, j’ai vu les petits producteurs disparaître, la malbouffe est à l’origine de 40 % des maladies. C’est un sujet majeur en France, en fonction de son alimentation on choisit une société dans laquelle on veut vivre. Je mange bio et local depuis 35 ans. Et j’ai été élue conseillère départementale pour le canton de l’île de Ré en juin 2020.

Djoumoi Said habite La Rochelle depuis six ans, il a été conseiller délégué à la culture de Dunkerque et exerce le métier de projectionniste.

Qu’est-ce qui motive votre candidature aujourd’hui ?

Quand on est une journaliste engagée on travaille pour l’intérêt général et on s’intéresse à la chose publique. Quand on fait de la politique on est aussi au service de l’intérêt général. Je suis prête depuis longtemps, à 58 ans, je souhaite consacrer le reste de ma vie à la politique, je veux pouvoir agir. Par exemple j’ai pu via mes amis députés défendre le fait que le label bio soit réservé au sel naturel, ce serait encore mieux si je pouvais agir par moi-même !

C’est pourquoi, entre renoncer parce que non investie par Ensemble ! ou me présenter en candidate libre, j’ai choisi la seconde option car cela ne me ressemble pas de renoncer. Si je me suis mise en retrait de la présidence du Modem 17, je reste fidèle à mes valeurs politiques de centre-droit. Djoumoi Said est de la même famille politique que moi.

Les Républicains ne présentent pas de candidat sur la 1ère circonscription, il y a donc un espace politique vacant, j’ai un soutien officiel de la Fédération départementale LR qui appelle les électeurs du centre et de la droite sociale à voter pour moi*.

Au Département, on n’a pas la main sur certains sujets locaux essentiels comme celui du logement permanent, la solution passe par une incitation fiscale, il faut mener une politique de logement adaptée au littoral, c’est le sens du combat des élus locaux contre des usines à touristes. La vie à l’année est primordiale, il faut aussi lutter contre la spéculation immobilière, réguler les prix du foncier pour faciliter l’accès au logement pour les jeunes ménages et développer le logement des saisonniers avec des solutions architecturales adaptées.

Si vous êtes élue députée, garderez- vous votre mandat de conseillère départementale ?

Oui ce n’est pas incompatible, je trouve important que le député ne soit pas hors sol. D’ailleurs, j’estime que les députés peuvent rester maires, cela leur permet de mieux comprendre ce qu’il se passe sur le terrain.

De quelle manière souhaitez vous voir évoluer la démocratie française ?

Il est possible de réformer la démocratie en changeant le mode électoral, sans réformer pour autant les institutions. Le scrutin majoritaire oblige les parties politiques à nouer des alliances électoralistes contre-nature, qui ne durent pas dans le temps. Il faut introduire le scrutin proportionnel à deux tours et la reconnaissance du vote blanc, pour permettre une représentation réelle des citoyens à l’Assemblée Nationale. Je suis une démocrate, toutes les idées ont une place, je veux de l’efficacité politique. Ainsi à l’élection présidentielle j’ai parrainé le candidat du parti animaliste, car j’estime que ce parti défend des sujets intéressants pour la démocratie.

Appartiendrez-vous à un groupe et garderez-vous votre liberté de vote ?

Je suis positionnée centre-droit et ne suis pas dans l’opposition. Je soutiendrai la politique proposée, mais je voterai en conscience, j’ai suffisamment de caractère pour résister aux lobbyistes. On a vu au début du précédent mandat qu’un certain nombre de députés n’étaient pas assez préparés, on ne débarque pas comme cela dans la politique, la société civile n’est pas que vertueuse. La démocratie est malade, cela se traduit par la colère qui s’exprime dans la rue, le parlement doit rester un contre-pouvoir, certes avec une majorité en soutien du Président de la République mais aussi des députés debout, y compris dans le groupe majoritaire.

La démocratie directe et indirecte (par exemple l’élection des sénateurs) me paraît bien, il faut garder les deux crans, mais introduire plus de participatif et de référendums, avec une vraie écoute. Comme m’a dit un jour Alain Juppé, « La politique c’est un métier », il faut certes écouter les citoyens, mais aussi faire confiance à des politiques élus au scrutin proportionnel.

Quels sont les sujets que vous souhaiteriez défendre ?

Outre le sujet primordial du logement évoqué au début de cet entretien, le renforcement significatif et durable du pouvoir d’achat doit se faire par la revalorisation des salaires de tous les actifs (via une politique incitative vis-àvis des entreprises), avec un focus sur les métiers de la santé, la réindexation des pensions de retraite, l’aide financière aux étudiants, l’augmentation du minimum vieillesse et l’allocation Jeune Adulte Handicapé, ainsi que par l’encadrement des prix de l’énergie et du carburant.

Renforcer la loi pour mieux protéger nos arbres remarquables et nos forêts, contrecarrer le fléau de la financiarisation qui s’introduit partout, notamment dans la santé, soutenir une loi programmatique sur la dépendance et le grand âge, encourager les circuits courts alimentaires de proximité, relocaliser l’économie, stopper les pratiques cruelles sur les animaux d’élevage et de laboratoire, avec la création de petits abattoirs locaux, exiger une recherche médicale innovante sans animaux, voilà autant de sujets qui me tiennent à coeur.

Quelle est aujourd’hui votre position au sujet du projet éolien marin au large de nos côtes ?

« Non, mais… ». C’est-à-dire la ligne départementale de la majorité centre et droite, à laquelle j’appartiens. « Non », car il n’y a pas d’étude d’impact environnemental et il n’est pas possible d’implanter un tel projet en plein parc Natura 2000. « Mais… », car je ne suis pas anti-éolien, la solution passe par des éoliennes flottantes.

Je suis une écologiste de centre-droit de la première heure. La population ne supporte pas qu’on lui impose des projets, l’écologie doit se faire avec son accord, et non pas aller contre elle. La population fait preuve de bon sens. L’hydrothermique, le solaire, les moulins aérogénérateurs peuvent être d’autres solutions à privilégier. Une politique de transition énergétique ne peut pas détruire l’environnement qu’elle est censée contribuer à préserver.

Comment entendez-vous exercer votre mandat et être à l’écoute de la population ?

J’ouvrirai une permanence locale avec une équipe et me partagerai équitablement entre Paris et la circonscription. Je serai une députée de proximité à l’écoute de tous.

*Contacté par Ré à la Hune, le secrétaire départemental Les Républicains de Charente- Maritime, David Labiche, nous a confirmé que si, à son grand regret, le parti ne présente aucun candidat sur la 1ère circonscription, il ne soutient non plus personne. Lui et le président de la Fédération départementale, Didier Quentin, sont sur la même longueur d’ondes en la matière, en phase avec la ligne nationale du parti. Il est toutefois exact que certains Républicains, notamment le jeune Amaury Caillias-Laporte, ont eu des discussions avec la candidate.

Propos recueillis par Nathalie Vauchez

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