Terroir

Bilan

Vendanges 2018 : ciel bleu sur le vignoble rétais

Rythme soutenu pour les vendanges de la Coopérative
Publié le 16/10/2018

Le froid au bon moment, un printemps pluvieux et un été royal… Si la saison 2018 n’a pas tenu toutes ses promesses pour certains, elle permettra en revanche d’exprimer le meilleur de notre vignoble. Bilan fruité des vendanges.

Il ne sera pas difficile à faire et tient finalement en quatre mots : une très belle année ! Pour ne pas dire exceptionnelle. Voilà qui réjouit viticulteurs et oenologues. Les premiers car ils ont profité à plein de vignes saines produisant des raisins d’excellente qualité, et les seconds car ils vont pouvoir travailler leurs assemblages afin d’extraire le meilleur de grappes arrivées à belle maturité. Voilà qui nous amène déjà… A l’année prochaine !

UNIRé

Belles vendanges et poursuite des objectifs

Pour Christophe Barthère, pas de doutes, les vendanges 2018 se sont déroulées sous les meilleurs auspices. Débutées à la même période que l’année dernière (fin septembre), elles se sont achevées le 8 octobre. Entre les deux, pas de temps mort, « les raisins étant à parfaite maturité » confirme-t-il, ajoutant que les conditions étaient exceptionnelles pour des vignes ayant tout le soleil et la chaleur nécessaires à leur épanouissement et à leur bonne santé. Pas de problème non plus du côté des nappes phréatiques, nourries des pluies hivernales et printanières, « tout était OK même au nord de l’île », précise-t-il. Côté récolte, elle sera un peu inférieure à celle de 2017 qui avait fait 48 000 hectolitres, mais de très bonne qualité, ce qui annonce notamment de beaux rouges. C’est donc maintenant à l’oenologue de la coopérative rhétaise et aux deux cavistes d’exercer leur talent.

Le Bio sur sa lancée

2018 aura vu la commercialisation de l’Azuré Rouge, désormais en conversion bio, avec un beau résultat pour une première année, tandis que son homologue Rosé a fait une belle progression. En seconde année de conversion, celui-ci sera donc frappé dès l’année prochaine du sigle AB le certifiant Vin Bio. Un petit logo qui ouvre de nouvelles perspectives et les portes des magasins et supermarchés Bio jusqu’alors inaccessibles même en période de conversion. Rappelons que 50 hectares sont aujourd’hui concernés par ce type de production. Les dégustations seront assurées dès le début 2019.

Pas de nouveaux produits en perspective

Avec 25 références en catalogue, la Coopérative rétaise ne se lancera pas dans la création de nouveaux produits, préférant conforter l’existant, notamment l’Azuré Rouge qui sera certifié en 2020. Quid d’un vin Bio Blanc ? « Bien sûr, il faudra y venir », assure Christophe Barthère, « mais ce n’est pas une priorité ».

Du côté des vins emblématiques, le Rosé des Dunes représente 400 000 bouteilles vendues tandis que le Royal Ré en fait 100 000 et le Trousse-Chemise se partage à parts égales entre ses deux versions, blanc et rosé. Quant au Pineau Il Rhéa, sa quantité sera assumée, ne serait-ce que parce que l’oenologue veille à disposer de la réserve nécessaire aux assemblages.

Enfin, Christophe Barthère n’est pas non plus mécontent des performances de l’Ultimium, ce rouge haut de gamme écoulé à 5 000 bouteilles qui répond aux attentes d’une certaine clientèle tout en permettant à la Coopérative de montrer son savoir-faire. D’ailleurs, c’est simple, il est aujourd’hui en rupture de stock.

Mais une amélioration des équipements

2019 sera l’année d’un réaménagement : celui du cellier qui permet la présentation des vins et leur dégustation aux nombreux visiteurs, qui viennent jusqu’à la Coopérative à la rencontre du terroir rhétais. « C’est un lieu important qui a un peu vieilli », explique Christophe Barthère, « Nous allons donc le moderniser mais aussi le rendre plus convivial ». Sûr que l’accueil des clients compte lorsque la vente directe représente, comme c’est le cas pour UNIRE, un fonds de commerce essentiel. A ce propos, et Septembre ? « Une belle activité et une clientèle qui a acheté » confirme Christophe tandis qu’un autocar rempli de visiteurs passe devant les fenêtres du bureau.

Et oui, même à la mi-octobre, les amateurs de vins rhétais sont encore là !

 

Coopérative des vignerons de l’Ile de Ré

Route de Sainte-Marie au Bois-Plage

– Ouvert tous les jours de 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h30

– Fermé les dimanches. Dégustation et vente directe.

Contact : 05 46 09 23 09

 

Domaine Pelletier

La qualité avant tout et des projets plein le chai

Pour Elisabeth et Jean-Philippe Pelletier, l’année 2018 était déjà à marquer d’une pierre blanche. C’est celle du lancement officiel de leur marque, de l’arrivée d’un matériel à la fois à la pointe et dans la plus pure tradition, mais encore de l’ouverture de leur chai et d’un bar à vins de dégustation. Bref, le résultat d’un travail colossal et d’un investissement à 7 chiffres. Mais Elisabeth est animée par la passion, celle qui donne une foi inébranlable et une énergie sans faille. Elle a suivi ses convictions et les résultats sont à la hauteur même si pour elle, ce n’est qu’un début.

Un savoir-faire exigeant

Tout en continuant l’expansion de son territoire viticole, Elisabeth Pelletier a mené les vendanges tambour battant, avec des machines flambant neuve, telles ces bennes en inox avec caisson d’égouttage, dotée d’un système permettant d’amortir le transport des baies pour éviter leur tassement.

De son côté, la Maître de Chai Dominique Papon n’est pas peu fière de ses belles barriques dans lesquelles elle va faire de la vinification intégrale, préparant les vins de haut niveau. Exercée avec des baies entières sur différents cépages, merlot, cabernet ou encore négrette, il s’agit ici de faire tourner les barriques plusieurs fois par jour, afin que les marcs restent immergés le plus longtemps possible. Un geste qui permet de préserver à plein les arômes de chaque cépage mais également d’intégrer le parfum du bois pendant la fermentation.

Chez les Pelletier, on ne blague pas avec le soin apporté aux grappes et on ne lésine pas sur les détails qui feront la différence sur le palais des connaisseurs. Ni dans les vignes, ni pendant la vinification.

300 000 bouteilles en prévision

Commencées le 11 septembre, une date normale pour Elisabeth, les vendanges se sont poursuivies jusqu’au 5 octobre, débutant avec le chardonnay suivi des sauvignon, rosé, merlot, cabernet rosé, négrette, rouges, colombard et enfin cabernets, récoltés plus tardivement pour garantir leur parfaite maturité. « Cela évite la pyrazine », explique Dominique Papon. Qu’est-ce donc que cela ? Une molécule naturelle qui donne de l’acidité, « un côté poivron vert au niveau aromatique ». Alors d’accord pour éviter le côté poivron vert ! Après 100 000 bouteilles en 2018, « c’est environ 300 000 qui seront mises sur le marché en 2019 », prévoit Elisabeth se félicitant de cette belle année. Côté distribution, toute l’Ile de Ré est couverte ainsi que La Rochelle, et le domaine expédie sur quelques départements de l’hexagone. 2018 est décidément un grand cru pour le vigneron rhétais indépendant.

Une création pour Noël

Elisabeth Pelletier ne manque ni d’idées ni d’enthousiasme. Aussi nous prépare-t-elle pour les Fêtes de fin d’année, une surprise pétillante, un vin effervescent issu d’un cépage Chardonnay. Et pour lui, l’équipe n’aura pas ménagé ses efforts puisque les raisins qui lui seront dédiés ont été vendangés à la main, soit des attentions toutes particulières digne d’un vin de champagne ! Ce nectar portera un nom créatif et à la hauteur mais vous n’en saurez pas plus pour le moment. Ce sera la surprise de Noël !

 

Domaine Pelletier

Zone artisanale de La Couarde (tout au bout du chemin) – Ouvert tous les jours sauf les dimanches

Dégustations de 10h30 à 13h00 et de 16h00 à 18h30. Et vente directe.

Contact : 06 88 06 35 06

 

Pauline Leriche Rouard

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires

Vos réactions

  • pseudo
    Publié le 27 octobre 2018

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article sur les vendanges rétaises 2018, vendanges se faisant l’écho de toutes les régions viticoles françaises, tant par la qualité sanitaire que par l’abondance de la récolte. Même les « bio » ne récoltant, en général, que 60% d’une appellation ont réalisé leur quota comme tout un chacun. Mais ma réaction quant à votre article concerne tout particulièrement la partie de votre article sur la sortie pour cette fin d’année d’un pétillant au domaine Pelletier que vous comparez à un champagne au vu de l’attention particulière portée à la vendange de ce chardonnay.
    En Champagne, l’attention portée à nos vins ne démarre pas aux vendanges, mais se fait toute au long de l’année et jusqu’à son arrivée chez le consommateur.
    Ensuite, un champagne, digne de cette appellation, ne sort de cave, qu’après 36 à 48 mois de soins très particuliers et non au bout de 14 à 15 mois comme ce sera le cas pour le pétillant que vous citez dans votre article que vous pourriez plutôt comparer avec un éventuel « Crémant ».
    En France, on vinifie des vins rouges en Bourgogne, dans le Bordelais et ailleurs.. mais il est impossible de comparer les vinifications bourguignonnes, bordelaises, de la Loire et d’ailleurs.

    Si vous souhaitez faire un article sur le champagne, puisque la période de fin d’année est très propice à ce sujet, je suis à votre entière disposition pour vous expliquer nos méthodes de culture, de vinification, nos démarches qualitatives, nos marchés nationaux et internationaux, avec dégustation à l’appui pour une compréhension totale de ce vin et la différence avec un effervescent rétais ou autre.
    Bien à vous,

    Didier Vergnon
    Gérant champagne JL Vergnon
    http://www.champagne-jl-vergnon.com

    Répondre
  • pseudo
    Publié le 31 octobre 2018

    J’ai laissé récemment un commentaire suite à votre article ci-dessus et suis surpris qu’il n’apparaisse pas.
    Est-ce une manière de ne pas assumer ce que l’on écrit ? c’est bien dommage..

    Répondre
    • Nathalie Vauchez
      Publié le 31 octobre 2018

      Désolée nous étions en congés et n’avons pas de structure 24/24…