- Portraits
- Hommage à Jacqueline Gendre
Une grande dame s’en est allée
Jacqueline Mercier, épouse Gendre, est décédée à La Rochelle, mercredi 15 janvier à l’âge de 87 ans.
J’avais eu l’occasion de rencontrer longuement et à plusieurs reprises Jacqueline Gendre, il y a une dizaine d’années, dans le cadre d’une interview qu’elle avait bien voulu m’accorder. Elle m’avait fait confiance, dévoilant une femme attachante à la forte personnalité et cependant consciente de ses fragilités. Formée à la dure, subissant la dureté de son père et l’indifférence de sa mère, elle avait travaillé très tôt dans les parcs à huîtres, les vignes et les meublés appartenant à sa famille. Marquée par son enfance, elle avait acquis une lucidité qui ne la quittera plus jamais.
Un binôme remarquable
Jolie, intelligente, dotée d’un tempérament joyeux, elle adorait danser et c’est ainsi qu’elle rencontra et séduisit Léon Gendre. Musicien, Léon Gendre appréciait de danser avec une jeune femme qui, comme lui, avait le sens du rythme. Ils formeront un couple exceptionnel, travaillant tous deux énormément et progressant ensemble. Comme le souligna Léon Gendre, lors de notre entretien, le couple partageait des valeurs communes et se complétait pour le reste. Bien des fois, Jacqueline le conseillera sur la marche à adopter dans telle ou telle situation, comme pour la pêche aux pétoncles où, jeune marié, un matelot étant recherché pour une campagne de pêche, elle l’envoya se présenter, alors qu’il n’était jamais monté à bord d’un bateau. Il fut engagé et cette activité représenta son gagne-pain cinq années durant !
Au milieu des années 60, ils feront construire le Richelieu, un hôtel haut de gamme où descendront personnalités politiques, littéraires et appartenant au monde de la finance. Jacqueline Gendre y apprendra beaucoup, dans tous les domaines, et fera en sorte que son allure et sa culture soient à la hauteur de la situation. Elle lisait énormément, s’intéressait à la vie politique comme son arrière-grand-père Aristide Guignier, maire de La Flotte de 1927 à 1935, et fut une hôtesse accomplie pour la clientèle de l’établissement, répondant à tous ses désirs y compris ceux de la conversation.
Une « faiseuse » de maires
En 1977, la politique s’empare de leurs vies avec l’élection de Léon Gendre qui devient maire de La Flotte. Il déclarera à ce sujet, à propos de Jacqueline : « Je lui dois mon arrivée à la mairie ». Il le répètera en 2008. Cette nouvelle responsabilité envahit l’existence de Léon Gendre et signifie que Jacqueline est de plus en plus seule pour faire tourner Le Richelieu. Malgré ce surcroît de travail, elle trouvera le temps de s’intéresser à la vie municipale, de s’occuper des réceptions, du Centre communal d’aide sociale, dont elle était encore présidente d’honneur, et de participer aux campagnes électorales. Elle joua un rôle important dans les décisions prises, seule capable de tempérer le maire lorsque c’était nécessaire. Il est vrai que Flottaise de naissance, elle connaissait particulièrement bien les problématiques du village ainsi que ses habitants.
Beaucoup plus récemment, j’entendrai Jean-Paul Heraudeau, son cousin, me dire : « Si je suis maire, c’est grâce à Jacqueline », car elle n’était pas seulement un bourreau de travail mais aussi un esprit ouvert qui avait une vision globale de la situation de sa commune et dont « l’avis comptait plus qu’on ne peut le penser. »
Les Flottais et Rétais ont rendu un dernier hommage à Jacqueline Gendre le 23 janvier, en l’église Sainte-Catherine de La Flotte, lors d’une belle et émouvante cérémonie, marquée par les discours de son époux et de son fils Richard.
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Vos réactions
Superbe article à la mémoire de Madame Jacqueline Gendre, que je connaisais bien et affectionnais pa