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Protection animale

Une association pour les chats couardais

Une fois stérilisé et identifié, le chat « libre » retourne à son habitat naturel
Publié le 21/09/2021

Son nom dit tout. L’association « Les Chats errants couardais » a vu le jour en juin dernier. Et elle a fort à faire

Alors que nombre des villages insulaires sont dotées d’associations prenant en charge la gestion des chats errants, structures par ailleurs souvent soutenues par les Municipalités, il reste « quelques trous dans la raquette » comme on dit aujourd’hui.

Alors, même si elle habite Sainte- Marie, Michèle Butot, Présidente de l’association « Les Chats errants couardais » n’a pas hésité. Secondée par sa complice couardaise Brigitte Verrière, également trésorière, elle s’est lancée dans une démarche louable mais harassante.

Combien de chats errants sur La Couarde ?

A cette question, Michèle Butot et Brigitte Verrière sont bien en peine de répondre. Des chats errants, il y en a un peu partout à La Couarde, de l’avenue d’Antioche à celle du Mail en passant par le Chemin des Brardes et ses alentours. Ailleurs aussi sans doute. Comment savoir lorsque l’on débute à peine une telle entreprise ? Faire de chats errants des chats dits « libres », telle est la mission et elle est loin d’être simple quand on est seuls et sans moyens.

Chats libres, chats errants, quelle différence ?

Rappelons pour commencer, et à toutes fins utiles, que le chat bénéficie du statut d’animal domestique et est à ce titre protégé par la loi. Mais alors que le chat dit « errant » est totalement livré à lui-même tant en ce qui concerne sa vie que sa reproduction, le chat dit « libre » a été capturé, stérilisé et identifié avant d’être relâché sur son lieu de vie où il continuera à évoluer, souvent nourri par les membres d’une association ou la bonne volonté de particuliers soucieux de la cause animale. En l’occurrence, il ne pourra plus se reproduire. Et c’est là une donnée importante.

Éviter la prolifération

Au-delà même de la question du bienêtre animal, de plus en plus prégnante dans notre société, le recours aux campagnes de stérilisation est bien le seul moyen de résoudre un problème de taille, la prolifération féline. Car les chiffres parlent d’eux-mêmes : un couple de chats peut à lui seul avoir en seulement quatre ans près de vingt et un mille descendants.

Selon l’étude réalisée par l’association Ré Ensemble Autrement, qui s’est emparée du dossier des chats errants, il y aurait sur l’Île de Ré, environ cinq cents chats gérés par les associations. Mais il faut à ce chiffre en ajouter au moins cinq cents autres qui, du Sud au Nord du territoire, sont susceptibles de se reproduire selon les conditions de leur espèce et elles sont amplement favorisées. La question de leur stérilisation n’est donc pas un sujet vide de sens.

Dix stérilisations en deux mois

Michèle Butot et Brigitte Verrière ont le mérite de s’être attelées à une tâche immense. Pour cela, elles ont investi sur leurs deniers personnels et s’efforcent de répondre aux nombreuses sollicitations.

Opération sauvetage dans un garage où une personne a trouvé une chatte et six chatons. Ailleurs, ce sont cinq chatons de quinze jours atteints du coryza qu’il faut sauver. Pour être clair, beaucoup n’auraient pas hésité à les supprimer. Ne pouvant les accueillir car elle a elle-même des chats, Michèle Butot préfère les confier à une amie habitant près de Royan. Une femme qui a sept chats chez elle accepte de les faire stériliser : l’association avance les frais de vétérinaire et sera ensuite remboursée. Les exemples ne manquent pas, traduisant le besoin réel de s’emparer de la question.

Besoin d’aide et de moyens

Si l’association a déjà quelques adhérents, elle manque cruellement de moyens. Aussi l’investissement financier personnel est-il très important. Michèle Butot et Brigitte Verrière espèrent aujourd’hui avoir le soutien de la Municipalité couardaise, celle-ci pouvant elle-même solliciter des aides auprès de différentes structures telles la Fondation Brigitte Bardot (bons de stérilisation) ou encore via des Conventions comme celle proposée par 30 Millions d’Amis.

A la Mairie, Brigitte Verrière est en contact avec le second adjoint Denis Giraudeau. « Il est à l’écoute », nous précise-t-elle.

Dans tous les cas, et ils sont si nombreux, espérons qu’à La Couarde et dans les autres communes de l’île principalement concernées, les élus s’emparent enfin d’une question méritant vraiment d’être traitée.

Association
« Les Chats errants couardais »
Michèle Butot – 06 08 94 63 34

 

Vers une stérilisation obligatoire ?

Le 29 janvier 2021, les Députés de l’Assemblée Nationale ont adopté en première lecture une loi ayant pour objectif de renforcer la lutte contre la maltraitance animale. En instance d’examen au Sénat, cette loi envisage notamment une obligation de stérilisation des chats errants par les communes ou les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale).

Dans une autre loi, déposée au Sénat à la fin de l’année 2020 et prenant également en considération la stérilisation obligatoire des chats errants, il est prévu une compensation pour la charge financière qui s’ensuit pour une collectivité.

 

De l’implication des communes

L’Article L211-27 du Code rural et de la pêche maritime, modifié par ordonnance du 7 janvier 2010, stipule que le Maire d’une commune peut, de sa propre initiative ou à la demande d’une association de protection des animaux, faire procéder à la capture des chats errants en vue de leur stérilisation et de leur identification.

Pauline Leriche Rouard

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Vos réactions

  • Michèle
    Publié le 23 septembre 2021

    Je remercie personnellement la personne qui a écrit cet article.
    Cette personne a tout dit . Merci pour votre aide
    Bien Cordialement
    Michèle Butot
    La présidente de l’association des Chats Errants Couardais

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