Nature

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Un petit phoque gris à la plage : Trois petits tours et puis s’en va

Une journée à la plage pour ce jeune phoque gris en bonne santé.
Publié le 22/01/2020

Samedi 4 janvier. A l’orée de cette nouvelle année (est-ce un heureux présage ?), les promeneurs qui flânaient sur une plage de La Couarde ont eu une belle surprise.

Une journée à l’Ile de Ré

En arrivant sur la plage des Aneries, impossible de se méprendre : il se passait bien quelque chose, à voir le cercle (respectueux) rassemblé à quelques mètres de l’eau. Au centre, la silhouette d’un petit phoque gris. Échoué, blessé ? Pas du tout.

Facétieux, héros de cette journée, le jeune mammifère se contente d’exposer son ventre charnu au soleil en une belle séance de gainage. « Il prend la position dite de la banane », me précise Jean- Roch Meslin, présent depuis des heures aux côtés de l’animal en sa qualité de référent de l’Observatoire Pélagis de La Rochelle.

Mais que fait-il là, ce petit phoque, tout seul ? « Il a perdu son groupe et dérivé » explique Jean-Roch. A cette époque, des colonies de phoques se déplacent au large de la Bretagne et des îles britanniques. Et parfois, comme lors de tempêtes, des jeunes se perdent.

Deux mois et en pleine forme

Oui, mais alors, que va-t-il devenir ? Cela se voit qu’il est jeune, ce petit phoque désormais orphelin. Comment va-t-il survivre ? « Il est en bonne santé », continue Jean-Roch, « il a environ deux mois et de la graisse là où il faut. Il est capable de se nourrir seul et n’est pas blessé. Il va profiter du soleil jusqu’au bout et repartir ». C’est vrai qu’il est dodu et n’a pas l’air mal en point.

Je m’interroge : « il n’a pas l’air d’avoir peur, on dirait même qu’il prend la pose ». « Tu sais », précise Jean-Roch, « tant qu’ils n’ont pas été agressés par les hommes, les animaux, mêmes sauvages, ne se méfient pas de l’homme ». Tout est dit. Bouche bée, une petite fille ose à peine bouger, fascinée par le jeune animal qui se contorsionne et s’étire d’aise. C’est un joli moment.

Alors oui tout va bien. A la fin du jour, le petit phoque gris rejoindra l’océan et vivra sa vie. Comme lui, il n’y a plus qu’à savourer le soleil de janvier mais aussi la chance que l’on a d’être là, à cet instant précis. Un privilège de notre vie rétaise. En espérant que dans son voyage, notre hôte d’un jour retrouvera de la compagnie.

Pauline Leriche Rouard

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