Territoire

Cérémonie d'installation - Saint-Martin de Ré

Un nouveau directeur pour la Maison centrale

© Nathalie Vauchez - Pascal Bruneau (à l’extrême gauche), Olivier Falorni, Patrice Déchelette, Brice Blondel, Laurent Ridel, Lina Besnier, Véronique Richez-Lerouge et Franck Linares posent pour Ré à la Hune à l’issue de la cérémonie
Publié le 08/02/2024

Lundi 22 janvier 2024, Pascal Bruneau a été officiellement installé dans ses fonctions.

La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du préfet, Brice Blondel, et en présence du directeur de l’administration pénitentiaire Laurent Ridel, le discours ayant été prononcé par Franck Linares, directeur interrégional des services pénitentiaires de Bordeaux.

Des représentants des autorités judiciaires et administratives, des institutions, des collectivités locales, des partenaires locaux ainsi que des personnels de l’administration pénitentiaire ont assisté à la cérémonie, qui s’est déroulée dans la cour d’entrée du quartier de La Citadelle, sous la pluie, avec pour maître de cérémonie le Rétais Christophe Berrod, commandant, responsable infra-sécurité et des Equipes locales de sécurité pénitentiaires (ELSP).

Originaire de l’Oise, nommé directeur de la Maison Centrale de Saint Martin de Ré depuis le 1er septembre 2023, Pascal Bruneau, avant de rentrer dans la pénitentiaire, a effectué une carrière militaire très riche d’avril 1981 à août 2000, où il finit adjudant-chef et reçoit de nombreuses distinctions. Il a opéré des missions extérieures dans des lieux très sensibles (au Liban, en République centrafricaine, au Cambodge et en ex-Yougoslavie). Il porte un intérêt particulier aux territoires d’Outre-Mer, puisqu’il a été basé plusieurs années à Mururoa et à Kourou, ce penchant pour l’Outre-Mer va se confirmer à l’administration pénitentiaire qu’il rejoint en septembre 2000 en qualité de directeur des services pénitentiaires. Mayotte, La Guyane, La Réunion émaillent sa carrière pénitentiaire, entrecoupées de quelques années en métropole.

A plusieurs reprises, il croise Laurent Ridel, directeur de l’administration pénitentiaire, qui dans une notation souligne ainsi ses qualités : « Un cadre de haut niveau, doté d’un remarquable sens du service public. »

Arrivée de 20 personnels supplémentaires

Franck Linares a ainsi souligné le parcours professionnel exemplaire de Pascal Bruneau, qui « justifie pleinement votre nomination au poste de directeur de la Maison Centrale de Saint-Martin-de-Ré. Le fait de vous confier à nouveau la direction d’un établissement pénitentiaire (la quatrième en dix ans) démontre les compétences et la confiance que l’institution pénitentiaire vous reconnaît. Je vous invite à poursuivre votre action en vous appuyant sur vos personnels dont je souhaite saluer le professionnalisme, l’investissement et l’engagement sans faille dont ils font preuve. Soucieux des équilibres et du bon fonctionnement de la Maison Centrale de Saint-Martin-de- Ré, grâce au soutien du directeur de l’administration pénitentiaire, j’ai d’ailleurs pu décider d’affecter vingt personnels supplémentaires à l’occasion de la mobilité des surveillants en cours. Notre défi est de bien accueillir ces nouveaux personnels, notamment en matière de possibilité de logement, ce qui nécessite la participation de tous les partenaires locaux. » Message certainement reçu par les élus locaux présents.

© Nathalie Vauchez – Le préfet, Brice Blondel et le nouveau directeur de la Maison Centrale, Pascal Bruneau.

Le nouveau directeur a pour mission de continuer à faire évoluer cet établissement par la poursuite et la mise en oeuvre de travaux. Après la restructuration complète des cours de promenade de la Caserne, ce sera au tour en 2024 des cours de promenade de la Citadelle, à restaurer et à sectoriser.

Au-delà de 2024, il devra continuer à la Citadelle la restauration des remparts historiques et améliorer la sécurité et l’ergonomie des postes protégés des agents, et à la Caserne, étudier la possibilité de réhabiliter le QI-QD actuellement désaffecté et envisager de construire une nouvelle unité sanitaire.

Pascal Bruneau a aussi dans sa feuille de route la poursuite du déploiement du dispositif du surveillant-acteur et le développement de la formation continue des agents, ceci dans le cadre d’un dialogue social constructif avec les représentants des organisations syndicales.

« La circulaire du 16 novembre 2018 qui rappelle les principes du surveillant acteur pose un postulat de départ : Une détention sécurisée, de nature à assurer la sécurité de tous : personnels, intervenants et personnes détenues. C’est dans ce cadre que la déclinaison du plan national de lutte contre les violences prend tout son sens au sein d’une Maison Centrale telle que la vôtre : je vous demande de poursuivre et d’accentuer la mise en place de ce plan essentiel pour les personnes détenues et pour vos agents. La journée nationale du 22 septembre consacrée à la mémoire et au souvenir des agents morts ou gravement blessés en service doit nous rappeler la vigilance qui s’impose et qui doit nous éloigner de toute forme de routine. », a martelé le directeur interrégional des services pénitentiaires de Bordeaux.

Les personnes détenues participeront à « deux événements majeurs ayant lieu en 2024, à savoir les élections européennes de juin, pour lesquelles la population pénale peut participer, et les Jeux Olympiques, événement planétaire devant permettre de développer encore davantage les actions sportives au sein de votre établissement. » Ce fut aussi l’occasion d’appuyer sur la mission essentielle de réinsertion de la prison via des activités, le travail, la formation professionnelle, l’enseignement, qui contribuent également à l’ambiance qui règne en détention. Le nouveau directeur d’établissement continuera de s’appuyer sur son ajointe, Séverine Godefroid, qui a assuré l’intérim, entre le départ d’Anne Lavaud et l’arrivée de Pascal Bruneau, toutes deux présentes à cette cérémonie.

Un peu d’histoire

Franck Linares a ainsi fait un bref historique de l’établissement martinais :

« Prévue par Vauban au moment de sa construction comme une entité militaire, la citadelle deviendra quasiment dès sa mise en service en 1686 une prison. La caserne quant à elle va servir dès sa mise en service en 1690 et jusqu’en 1945 de logements pour militaires, avant de devenir prison. A la Citadelle, seront notamment incarcérés au fil de l’histoire les protestants refusant d’abjurer leur religion après la révocation de l’édit de Nantes et les différents opposants aux rois incarcérés par lettre de cachets. Au début du 19ème siècle, Napoléon Bonaparte y fit emprisonner les républicains, les monarchistes et les réfractaires aux levées en masse. A la destitution de l’empereur, les soldats fidèles à Napoléon y seront à leur tour emprisonnés. Puis viendront les événements de la commune où 400 communards sont enfermés en 1871. En 1873, la citadelle de Saint Martin devient lieu de regroupement des condamnées aux travaux forcés avant leur transportation vers Cayenne, et cela jusqu’en 1938, date à laquelle le bagne de Cayenne est fermé.

Pendant les deux guerres mondiales, la prison de Saint-Martin sert de prison pour les soldats allemands capturés au front (1914-1918) et, entre 1939 et 1945, comme lieu d’incarcération des résistants et des détenus politiques qui ont été pour la plupart utilisés à la construction du mur de l’Atlantique. Une fois la seconde guerre mondiale terminée, la citadelle et la caserne de Saint-Martin permettent d’incarcérer les condamnés de droit commun. La prison de Saint Martin est depuis 1970 utilisée comme maison centrale. »

 

La Maison Centrale de Saint-Martin

Capacité : 400 places

Taux d’occupation : 92 % environ (320 à 380 détenus selon les périodes). Contrairement aux Maisons d’Arrêt qui connaissent des taux d’occupation de 150 % (jusqu’à 230 % à Bordeaux), à la Maison Centrale, qui accueille de longues et très longues peines, chaque détenu est seul dans sa cellule.

Réinsertion : 60 % des détenus à Saint-Martin travaillent, contre une moyenne en France de 40 %. Une façon de « rendre la prison utile et préparer sa réinsertion ». Les Unités de vie familiale, des activités sportives, la formation y contribuent aussi.

Prosélytisme religieux : Si avec la destruction des « Casinos » le prosélytisme semble avoir bien régressé, quelques détenus radicalisés sont tout de même isolés au sein de l’établissement de Saint-Martin.

Informations recueillies par Nathalie Vauchez

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