Loisirs

Portrait d'artistes

Un chœur féminin qui crée du lien, ici et ailleurs

Concert à la Chapelle d’Ars en 2018 (Arlette à gauche).
Publié le 11/05/2022

Concert de « Iavnana » en prévision, voilà l’occasion de nous plonger dans l’histoire de ce chœur féminin.

« Le Chant, une manière d’exprimer son cœur autrement. » Anne Ajalbert, auteur écrivain, consultante en art musical.

« Iavnana », c’est deux groupes d’une dizaine de personnes, l’un au Bois-Plage et l’autre à Ars, qui tout au long de l’année se retrouvent autour de Arlette Sarthou pour explorer les chants du monde traditionnels.

« Iavnana » porte bien son nom car c’est aussi un genre de chanson folklorique géorgienne, traditionnellement conçu comme des berceuses, mais historiquement chanté comme des chansons de guérison pour les enfants malades.

Arlette, la passion de la musique avant tout

Arlette Sarthou est arrivée de La Rochelle sur l’île comme institutrice aux Portes en Ré en 2001. Elle a tou- jours chanté dans différents chœurs avec une formation musicale assez poussée, elle aime partager ce qu’elle apprend, c’est dans sa nature. Elle apprend la musique avec des chanteurs et compositeurs prestigieux comme Giovanna Marie, la grande amie de Pasolini, Anne Kop, chef au grand chœur…

Nelly donne des cours de danse à l’école des Porte-en-Ré, et en échange, Arlette lui propose des cours de chant. Et voilà les premières pierres posées lorsque des copines entendent parler de ce cours et se joignent à elles. En 2006, Iavnana voit progressivement le jour et des femmes rejoignent le groupe avec tout de même certaines exigences de la part d’Arlette sur la qualité et des petites auditions. En 2008, elle prend sa retraite « Je m’étais dit que j’aimerais bien ne faire que de la musique et c’est ainsi aujourd’hui ».

Arlette nous explique le premier concert en 2013 à la chapelle des Filles de la Sagesse à Ars : « A un moment j’ai dit « Cela serait bien que l’on chante en public ! » Et là il y a eu un déclic, le concert était quinze jours après et tout d’un coup cela commençait à sonner comme je le voulais depuis longtemps avec une harmonie impressionnante ». Ensuite l’association se crée, beaucoup de concerts sont donnés, dans les crèches pour les bébés, à la fête du Sel, à la bibliothèque de la Couarde… Des stages sont proposés régulièrement, avec des intervenants spécialistes de percussion corporelle, de chant harmonique… Comme ce jour où suite à un stage de chants géorgiens, un repas chanté à la mode traditionnelle avait séduit le public et les chanteuses.

« La musique a un effet calmant qui aiderait les tout-petits à gérer leurs émotions. » Nicole Malenfant, enseignante en techniques d’éducation à l’enfance et auteure.

Comme elles chantent souvent dans les crèches, beaucoup de mamans ou de personnel des crèches ont rejoint l’aventure humaine, les bébés en ont même profité dans le ventre de leurs mères. Arlette raconte : « Les bébés rampent dans le public. Avec les petits, on a une écoute extraordinaire, les pavillons grands ouverts et sans filtre ». Elle rêve de faire un autre chœur uniquement composé de personnel de crèche « j’adore les berceuses et les chants pour enfants ».

« Ce n’est pas tant le chant qui est sacré, c’est le lien qu’il crée entre les êtres. » Philippe Barraqué, Musicothérapeute docteur en musicologie

Un jour en 2010, Arlette dépose des affiches à l’office du tourisme et c’est ainsi qu’elle rencontre Laura Silhol qui se joint tout de suite au chœur. Laura nous explique : « Ce que j’aime dans ce chœur c’est l’originalité des chants que nous apporte Arlette. A chaque fois c’est une très belle surprise. A la première écoute, on est sceptique et très vite cela nous emballe. Il y a une vraie exigence, Arlette est très confiante, ambitieuse pour nous, c’est plusieurs voix, c’est compliqué mais au final on en fait quelque chose de très beau ».

Prochains concerts : un voyage par le chant

A titre personnel, elle participe à beaucoup de stages, notamment chaque année avec un chef argentin, de la musique écrite, assez savante et traditionnelle d’Amérique du sud. Elle ne propose pas de chant renaissance ou religieux, surtout du traditionnel de différents pays du monde.

A 17h le 15 mai à la chapelle des Filles de la Sagesse à Ars, les deux groupes de chants nous emmènent en voyage. D’abord un passage en Biélorussie, avant d’explorer la Géorgie, d’être surpris par les sonorités tziganes, de découvrir le vieil Espagnol et enfin finir en Afrique. Arlette nous raconte : « J’ai demandé à une copine biélorusse de me traduire l’un des chants et elle m’a dit « Mais pourquoi tu fais chanter un chant du XIIe siècle avec du Biélorusse ancien, il y a pourtant des chansons actuelles très jolies. » Mais c’est celle-là que j’aime !! ».

Il y a bien sûr d’autres concerts prévus comme par exemple la participation à la fête du village de Saint-Clément le 21 mai « Le printemps des Baleines » sous une forme beaucoup plus courte. Aussi une fête de la solidarité avec les migrants à La Rochelle en Automne où dans le public, des Georgiens pourront apprécier de retrouver certaines de leurs racines.

Le voyage continu

Les inscriptions se font au fil des rencontres depuis toujours. L’aventure continue avec peut-être prochainement un travail autour du répertoire de chants Séfarades, Arlette a repris les cours de violon avec Lison à Ars et continue de s’épanouir pleinement dans cette aventure musicale et humaine.

« Dans une grande chorale, on peut se cacher, ici, dans nos petits groupes ce n’est pas possible » Arlette Sarthou.

Jonathan Odet

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