Nature

Photo reportage Naturaliste

Un castor ? Non, un Ragondin !

©mathieu latour
Publié le 24/09/2019
Un castor ? Non, un Ragondin !
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Toilette matinale.

En vous promenant le long des marais d’eau douce peut-être avez-vous croisé cet étrange animal brun. Il est naturel de penser que cela ne peut être qu’un castor. Erreur, c’est un Ragondin (Myocastor coypus). Ce gros rongeur est très facilement reconnaissable avec sa fourrure brune, ses grosses moustaches, ses grandes dents oranges (couleur du au fer qui y est très riche) et sa queue non plate mais longue comme celle d’un rat. Cette dernière est ce qui le différencie du castor. C’est l’un des plus gros mammifères de l’île puisqu’il peut atteindre 90 cm queue comprise.

Tadorne éloignant un ragondin de ses petits.

Comme le castor, le ragondin est un mammifère aquatique dont les pattes palmées lui permettent de bonnes accélérations sous l’eau. Il vit dans un terrier qu’il creuse dans une berge, et dont l’entrée est au-dessus de l’eau ou en partie immergée. De moeurs surtout crépusculaire et nocturne, il s’observe de plus en plus souvent en plein jour. C’est un animal herbivore se nourrissant surtout de plantes aquatiques mais aussi de céréales, de racines ou encore de glands. Il ne mange quasiment jamais de viande contrairement à son petit cousin le rat musqué. La femelle a deux ou trois portées par an de cinq ou sept petits en moyenne. Fait particulier, ses mamelles sont déportées vers les flancs au lieu d’être placées sous le ventre comme chez la plupart des mammifères, ce qui lui permet de nager avec ses petits accrochés aux tétines.

Ragondin nageant.

Hélas pour la nature française, le ragondin est une espèce nuisible et invasive qui perturbe totalement l’environnement européen. A l’origine, il est originaire d’Amérique du Sud mais a été importé en France vers le XIXème siècle pour l’élevage et le commerce de la fourrure. Depuis de nombreux individus se sont échappés, se sont reproduits et ont proliféré. Sa fourrure épaisse et ses puissantes mâchoires font qu’il n’a aucun prédateur naturel en France. Cet animal perturbe l’écosystème puisqu’il s’attaque aux berges fragiles servant aux oiseaux pour la nidification et contribue à l’érosion de certaines zones. Il transmet aussi plusieurs maladies, détruit les nids d’oiseaux d’eau et s’attaque aux plantations de maïs dont il raffole. Il mange tout et détruit absolument tout.

Bien caché.

Dans l’île de Ré, le ragondin est présent dans les marais du nord où il trouve les seules zones d’eau douce comme les stations d’épuration. Probablement arrivé dans l’île par le pertuis Breton, il est très commun dans tous les marais littoraux et notamment le marais Poitevin. Excellent nageur, la traversée du pertuis Breton entre la baie de l’Aiguillon et l’île de Ré s’est opérée il y a une trentaine voire une quarantaine d’années au moment de la croissance forte de la population continentale. A l’heure actuelle, la régulation de ses effectifs est un total échec. Bien qu’il supporte très mal les grands froids, il reste toujours très commun et peu farouche.

Ragondin mangeant une pousse.

Mathieu Latour Photographe animalier Administrateur Ré Nature Environnement mathieu.latour98@gmail.com

Mathieu Latour

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