Vie politique

Conseil communautaire du 6 juillet 2021

Un 3ème match, plutôt sportif, s’est joué à la CdC

© Nathalie Vauchez - Un premier Conseil communautaire de l’île de Ré tendu après les élections départementales, qui ont laissé des traces. Le contexte redeviendra-t-il plus serein à la rentrée ?
Publié le 07/07/2021

Ce premier Conseil communautaire post-élections s’annonçait tendu. S’il a démarré de façon sereine, le climat s’est fortement envenimé au milieu du gué

L’intérêt communautaire a été modifié afin d’intégrer deux compétences. Concernant les actions de ramassage des algues vertes, dont des arrivages massifs sont observés sur le littoral de l’Île de Ré depuis la fin des années 1990, avec un impact important sur les milieux naturels, le Conseil communautaire estime plus équitable de considérer qu’elles relèvent de l’intérêt communautaire et n’incombent pas aux communes concernées, qui devaient jusqu’ici en supporter les frais.

Concernant la compétence adolescence, elle se traduira par la gestion directe des structures adolescents (Ré espace Jeunes à La Flotte et Ré Bois Jeunesse au Bois-Plage) par la Communauté de Communes de l’Ile de Ré : il convenait de l’intégrer dans la définition de l’intérêt communautaire.

Plusieurs équipements sportifs subventionnés

Plusieurs fonds de concours pour les équipements sportifs ont été évoqués. Ont ainsi été votées les subventions pour le City stade et le skate parc du Bois-Plage (17 527 €), la réhabilitation et l’extension de la base nautique d’Ars-en-Ré (249 176 €), la rénovation de deux courts de tennis à La Couarde-sur-Mer (16 380 €), l’installation d’un tableau de scores dans la salle du Godinand à Saint-Clément des Baleines (2350 €), la rénovation du terrain multisports et de l’aire de loisirs de Saint-Clément des Baleines (1597 €), la création d’un mini-terrain de foot en libre accès au sein du complexe sportif situé près du collège, à Saint-Martin de Ré, terrain accessible à toute la population par un portail depuis la piste cyclable (6189 €).

Concernant le Plan d’Action du Document Stratégique de la façade maritime Sud-Atlantique, le conseil a émis un avis général favorable sur le volet opérationnel du document stratégique de la façade Sud-Atlantique mais a décidé d’émettre un avis défavorable « sur les actions relatives aux énergies marines renouvelables compte-tenu de l’absence d’information technique suffisante permettant de se prononcer favorablement. » En d’autres termes, alors même que le débat sur l’éolien n’a pas encore eu lieu, ce document prévoit déjà un appel d’offres « pour le projet éolien en mer au large d’Oléron ». Cet avis défavorable a été voté par 27 voix, seul Patrick Salez s’abstenant, estimant qu’il y a “un flou” sur cet appel d’offres.

Le programme et le lancement du marché de maîtrise d’oeuvre pour la réhabilitation du bâtiment du quai de la Criée à Ars-en-Ré, qui, outre l’extension du pôle santé, accueillera un local dédié à la culture et des locaux commerciaux (lire notre article sur www.realahune.fr), ont été approuvés. Le montant prévisionnel des travaux s’élève à 2,550 M€.

Le projet de Zone d’Activités Economiques de Sainte-Marie cristallise les tensions

Si la convention cadre avec l’Etablissement Public Foncier de Nouvelle- Aquitaine pour la mise en oeuvre de projets économiques et de logements et les conventions opérationnelles pour la construction de logements à loyers modérés à La Poizière (Bois-Plage), à Les Noues (Ars-en-Ré), à Les Ouches (Saint- Clément des Baleines) n’ont pas soulevé d’objections particulières, la convention opérationnelle pour l’aménagement de la Zone d’Activités Economiques de Sainte-Marie de Ré a donné lieu à des débats vifs entre Didier Guyon, émettant des réserves sur ce projet, et les élus de la majorité municipale maritaise, présentant les tenants et aboutissants du projet.

Le Premier vice-président de la CdC, Patrick Rayton, a expliqué qu’il s’agissait d’approuver le principe d’une convention avec l’EPF, chacun des projets donnant par la suite lieu à une convention spécifique, par projet. Malgré cela, Didier Guyon s’est abstenu, estimant que l’installation d’artisans pouvait se faire différemment sur la commune, voire sur d’autres communes. Le président de la CdC, Lionel Quillet, a alors demandé à Didier Guyon de se positionner clairement. Il a embrayé sur la virulence de la campagne électorale, notamment sur les réseaux sociaux, s’étonnant que le débat démocratique n’ait plus lieu au sein des conseils municipaux et communautaire, mais sur les réseaux. « Vous avez ouvert la boîte de pandore, vous jouez là un jeu très dangereux » a-t-il lancé à Patrice Raffarin.

« Des propos diffamatoires à l’encontre des Maires »

Lina Besnier, qui rongeait son frein comme bon nombre des autres Maires, a alors dénoncé de façon fort virulente les propos « extrêmement déplacés » voire « diffamatoires » tenus à l’encontre des neuf Maires ayant soutenu le binôme de la majorité départementale, par une « ancienne journaliste » sur les réseaux sociaux après le second tour des élections départementales, « propos likés par Patrice Raffarin, Didier Guyon, etc. »

Patrice Raffarin a estimé que « ce débat lamentable n’a pas sa place ici », Lina Besnier estimant que « ces propos doivent être retirés. »

Lionel Quillet puis Gisèle Vergnon sont intervenus pour tenter de calmer le jeu, estimant qu’ « il faut que l’île de Ré travaille », expliquant à Patrice Raffarin que ces propos déplacés étaient extrêmement blessants pour tous les Maires et qu’il les avait « likés ». Patrice Déchelette, qui en est à son 3ème mandat et est en général assez modéré, a aussi formulé sa forte désapprobation quant à ces propos tenus après les élections.

Rendez-vous en octobre, avec le rapport de la Cour Régionale des Comptes

Lionel Quillet a souhaité rappeler qu’il n’avait pas tenu un seul propos désagréable, qu’en démocrate qu’il est il admettait sans réserve la victoire électorale du binôme adversaire. Mais il n’accepte pas d’avoir été traité de « pourri », à grands coups de « Rendez nous l’argent ! », alors que le rapport de la Cour Régionale des Comptes, qu’il ne pourra rendre public qu’en octobre prochain compte tenu de la procédure contradictoire, confirme que rien n’est illégal, qu’il n’a « évidemment pas volé les fameux 15 M€. »

Il a demandé à Patrice Raffarin de bien vouloir en octobre prochain, quand ce rapport sera rendu public, expliquer à son fils Nicolas Quillet, qui a été pris à partie dans la cour de récréation du collège des Salières, que « non, son père n’est pas un pourri », en faisant un préalable indispensable pour que la CdC et les conseillers départementaux puissent travailler ensemble de façon constructive. Lionel Quillet a également évoqué le « signalement » sur son Entreprise fait par Le Maire de Rivedoux-Plage auprès du Procureur quelques mois avant le début de la campagne électorale, signalement classé sans suite. « Jamais je n’ai vu cela en 30 ans de vie publique » a asséné Lionel Quillet. « Ce n’est pas fini » a répondu Patrice Raffarin.

« Je voudrais que cela s’arrête, cela va être très difficile de travailler ensemble, vous avez remis en cause l’honneur d’un homme, de ma famille, de mon Entreprise, l’île de Ré pourrait en pâtir. Je souhaite qu’on fasse la paix, je ne peux être plus positif » a conclu Lionel Quillet. Le cours du Conseil communautaire a repris, la fameuse convention opérationnelle avec l’EPF Nouvelle-Aquitaine pour l’aménagement de la ZAE de Sainte- Marie ayant été votée à la grande majorité des 28 votants, puisqu’il y a eu trois abstentions et un vote contre.

Avis défavorable sur le projet de parc éolien en mer

Le dernier point de l’ordre du jour – la motion d’avis défavorable sur le projet de parc éolien en mer – a été votée par la grande majorité du Conseil communautaire, Marc Chaigne s’abstenant, et Patrice Raffarin, Patrick Salez, Didier Guyon et Julie Foulquier votant contre cette motion.

Ce vote s’est fait à l’issue d’un long débat sur lequel Ré à la Hune aura l’occasion de revenir, étant en bouclage le jour de la tenue du Conseil communautaire. En deux mots, Lionel Quillet « ne souhaite pas rentrer dans le débat « pour ou contre l’éolien offshore », car le projet se fera quoi qu’en disent les élus et les habitants. Je dénonce l’absence possible de recours auprès du tribunal Administratif et de la Cour d’Appel, seul le Conseil d’Etat pouvant être consulté ».

Patrick Salez et Didier Guyon sont favorables au débat citoyen et pensent que le projet de l’Etat pourra être amendé, « comme cela a été le cas ailleurs » , selon Patrick Salez qui a longuement argumenté. Nous y reviendrons.

« Quand il n’y a pas de recours possible il n’y a aucun débat démocratique possible » a martelé Lionel Quillet, « je souhaite prendre date ». « Nous ne pouvons sacrifier l’île de Ré et les Rétais au nom d’un effort européen général à faire. Nous pouvons agir en matière de sobriété énergétique et nous sommes favorables au solaire sur l’île de Ré, que l’Etat nous refuse au prétexte d’atteinte à l’environnement. » Il a ainsi été largement suivi dans sa position par 23 votants sur 28.

Avant de clore la séance, le président de la CdC a annoncé la tenue de la Fête des Associations dimanche 12 septembre 2021 à La Barbette à Saint-Martin de Ré, d’un séminaire de travail pour tous les délégués communautaires à la fin septembre, « afin d’évoquer de nouvelles façons de travailler et de nouveaux projets. Une nouvelle feuille de route ». Le prochain Conseil communautaire aura lieu en octobre.

Propos et informations recueillis par Nathalie Vauchez

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