Culture

Programme Galerie Glineur

Trois univers différents, trois grands artistes

« Femme sur les genoux d’un lièvre » sculpture de Ruta Jusionyte
Publié le 12/07/2021

Deux événements célèbreront à la Galerie Glineur, en juillet, le retour à une vie artistique quasinormale. Ruta Jusionyte et Francisco Sepulveda seront à l’honneur le 10 juillet et Gordon Hopkins présentera ses nouvelles toiles le 17

C’est avec grand plaisir que l’on retrouve les univers si dissemblables et passionnants de ces trois artistes. Ruta Jusionyte nous revient avec une vingtaine de créations qui toutes racontent une histoire différente, ayant cependant pour dénominateur commun, l’humour, la tendresse et l’élégance du mouvement. Peintre et sculptrice, elle présente ici essentiellement ses sculptures, en bronze et en terre, des personnages qui semblent plus apaisés que ceux de sa précédente exposition. Ils ont même, parfois, l’air heureux tel ce lièvre, au coup d’oeil malin et sourire béat, assis confortablement sur un croissant de lune, comme si cela était la chose la plus naturelle au monde. L’impression générale est que l’artiste s’est affranchie du passé tragique de la Lituanie, son pays d’origine, et qu’un changement s’est opéré dans son travail. Ses créatures n’offrent plus les visages tragiques et torturés d’il y a quelques années ; elles sont détendues, certaines esquissent un sourire. Le monde qu’elle crée se divise en deux catégories : d’un côté une race humaine constituée en grande partie d’éléments féminins et, de l’autre, un bestiaire fabuleux composé d’hommes à tête d’animal. Un grand lièvre élégant revient fréquemment dans ce monde où l’on rencontre minotaures, chevaux ailés ou dragons formant un univers onirique, qui n’est pas sans rappeler celui de Lewis Carroll. On remarquera le couple « Femme et minotaure assis », où ce dernier enlace tendrement sa partenaire. C’est un monde dont la sensualité n’est pas absente, mais elle reste discrète et légère, c’est une affaire privée et le minotaure ne fait qu’effleurer délicatement le sein droit de la dame.

Le monde surréel de Francisco Sepulveda

Francisco Sepulveda est né à Santiago, du Chili. Cela a son importance pour apprécier les influences qui façonnent son oeuvre. Peintre et graveur, il a étudié à l’école des Beaux-Arts de Santiago puis à l’atelier Wilfredo Lam ou il a exploré les techniques expérimentales de la gravure. Les nouvelles toiles qu’il expose à la galerie Glineur en ce mois de juillet nous font découvrir la luxuriance et la complexité de ses racines. Ses tableaux racontent des histoires revisitées par la mythologie sud-américaine et dans lesquelles on navigue sans cesse entre rêve et réalité et les légendes s’invitent dans son quotidien lui donnant un aspect surréaliste. L’univers intemporel dans lequel évoluent ses personnages est rendu mystérieux par l’utilisation qu’il fait de la couleur. Des bleus, des violets et des verts extraordinairement lumineux structurent ses toiles et ses gravures. Son monde poétique et onirique englobe l’ensemble de sa création. Trois mots sont généralement utilisés pour caractériser son travail : magique, exubérant et mystérieux. On peut ajouter celui de fascinant. Francisco Sepulveda, dont les oeuvres figurent déjà dans des collections publiques et privées célèbres, expose régulièrement en France, Suisse, Allemagne, Etats-Unis et Amérique Latine ; il est à 42 ans ce qu’il est convenu d’appeler un grand artiste.

L’apparente facilité de Gordon Hopkins

Élevé dans la beauté des paysages et des jardins de Californie, Gordon Hopkins est marqué à jamais par le besoin de couleur et de lumière qu’il va chercher, depuis qu’il vit en Europe, du côté de l’Espagne ou de l’Italie ; on se souvient de l’époustouflante série, en 2019, sur Amalfi ! Sa peinture est tellement forte et son impact immédiat sur le vivant que nous sommes, que nous ne pensons qu’à la joie de vivre qu’elle nous transmet. Pourtant la technicité, si elle disparaît derrière la séduction, est bien présente. La composition de ces tableaux est parfaitement équilibrée, le trait, cet élément si difficile à maîtriser selon les calligraphes asiatiques, est direct et ferme et ses couleurs apparemment toutes simples sont travaillées en couches successives pour les rendre denses et lumineuses. Cet univers joyeux et vitaminé, qui nous ravit, est le résultat d’un long travail où rien n’est laissé au hasard. Gageons que la douzaine de nouvelles toiles que vous découvrirez le 17 juillet vous enchanteront et illumineront la galerie !

Galerie Glineur
18 rue de Sully – Saint Martin de Ré
05 16 19 13 90
galerie.glineur@neuf.fr
www.galerieglineur.com

Catherine Bréjat

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires