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Toutes les communes interdisent l’accès aux forêts
Entre le 14 juillet et le 28 juillet, tous les maires de l’île de Ré concernés ont pris des arrêtés visant à interdire partiellement ou totalement l’accès à leurs massifs boisés et espaces naturels, afin de limiter les risques de départ de feux de forêt. Des arrêtés qui devraient se prolonger a minima sur tout le mois d’août.
Le préfet plaçait les îles et le littoral de Charente-Maritime en vigilance très sévère le 20 juillet, puis les 21, 22 et 23 juillet, précisant dès le 20 juillet qu’en complément des dispositions prises par l’Etat les maires des communes concernées pouvaient, en vertu de leur pouvoir de police, limiter les accès aux massifs boisés, notamment en période très sévère.
Des arrêtés municipaux qui se sont succédé entre le 14 et le 29 juillet
Le premier à prendre un arrêté fut le maire de La Flotte, qui, dès le 14 juillet, a axé son interdiction sur le camping en espaces naturels, agricoles et boisés, comme nous l’annoncions sur nos réseaux sociaux et dans Ré à la Hune 322. Cet angle d’approche a suscité sans surprise de nombreux commentaires.
Également président de la CdC, il a aussi informé ses collègues maires de cette action, afin de les sensibiliser à la situation. Il s’agit non seulement de limiter les risques d’incendie, mais aussi de se couvrir juridiquement.
Le maire des Portes a, à son tour, pris un arrêté le 24 juillet, fermant certains accès aux forêts et plages, aux voitures, vélos et piétons : accès desservant les plages du Petit bec, du Lizay, de Trousse-Chemise et de la Barre de Veille, ainsi que la Sente des Morines. Les accès des autres plages restent accessibles. Cet arrêté, immédiatement publié sur nos réseaux sociaux Ré à la Hune a été très majoritairement applaudi.
A la même date, le maire de Saint- Clément des Baleines interdisait l’accès au massif forestier du Lizay (accès Couny) aux véhicules motorisés. Depuis, il a pris le 28 juillet un second arrêté, en concertation avec le maire d’Ars, afin d’interdire l’accès aux véhicules motorisés sur le Bas-Rhin, ainsi que le parking.
Le maire de Sainte-Marie de Ré réagissait pour sa part dès le 25 juillet, interdisant l’accès, la circulation et le stationnement dans l’ensemble des massifs forestiers et espaces naturels de la commune, pour les piétons, cyclistes, véhicules motorisés ou non, ainsi que pour toute présence animale (chiens, chevaux).
Mardi 28 juillet, le maire du Bois-Plage prenait un arrêté courant jusqu’au 15 octobre, interdisant de circuler et de stationner sur l’ensemble d’un large secteur boisé de la commune, délimité sur une carte intégrée à l’arrêté et publiée sur nos réseaux sociaux.
La maire de Saint-Martin de Ré lui emboîtait le pas, interdisant l’accès au bois des Maraises, pour la partie qui est sur sa commune et dans un souci de cohérence avec les communes du Bois-Plage et de La Flotte, puisque ce massif forestier s’étend sur les trois communes.
La maire de La Couarde identifiait le même jour les secteurs boisés du Bois Henri IV et du Peu Bernard comme principales zones à risque et interdisait l’accès aux véhicules motorisés (thermiques ou électriques) dans les zones boisées des Brardes jusqu’à La Passe, ainsi qu’au Peu Bernard, en cohérence avec l’arrêté municipal du bois-Plage.
Le même jour, le maire d’Ars prenait un arrêté réglementant la circulation et le stationnement des véhicules à moteur dans le secteur de la forêt domaniale de La Combe à l’eau. Celui-ci spécifie que « dès que le niveau de vigilance « Feux de forêt » est classé sévère (orange), très sévère (rouge) ou exceptionnel (noir), la circulation et le stationnement des véhicules à moteur sont interdits sur les voies, pistes forestières, chemins et parkings concernés, notamment le parking du Bas-Rhin. »
Le 28 juillet également, le maire de La Flotte prenait un nouvel arrêté interdisant l’accès, la circulation, le stationnement et la présence dans les massifs forestiers et espaces naturels boisés de la commune, délimités sur un plan annexé à l’arrêté.
Fermant le ban, le maire de Rivedoux- Plage interdisait à son tour à partir du 29 juillet l’accès, la circulation et le stationnement dans les massifs forestiers et espaces naturels de Rivedoux-Plage aux piétons, cyclistes et véhicules motorisés.
Seul à ce jour le maire de Loix n’a pas pris d’arrêté et pour cause, puisqu’il n’a pas de massif boisé sur sa commune. Ce qui n’empêche pas la police municipale d’être extrêmement vigilante sur les espaces naturels.
L’ensemble de ces dispositions ont été publiées en temps réel sur les pages Facebook et Instagram de Ré à la Hune, suscitant de très nombreuses réactions, plutôt favorables, et des questions pratiques, les arrêtés pris par les maires étant plus ou moins détaillés.
Réunion de concertation à la CdC
Lundi 27 juillet, le président de la CdC, Jean Paul Héraudeau, rassemblait les maires afin de se concerter sur les mesures, rappelant que le risque feu est très important sur l’île de Ré. Le massif boisé couvrant les cinq communes de l’ancien canton sud fait ainsi partie des quatre massifs les plus à risque de Charente-Maritime.
Tout comme chaque commune a activé son Plan communal de sauvegarde (PCS) et le cas échéant sa réserve communale, la CdC a activé son PCIS. Les écogardes de la CdC sensibilisent sur le terrain, dans les massifs boisés, sur le risque incendie, menant aussi la nuit des patrouilles conjointes avec les forces communales, notamment polices municipales et rurales. Une vraie solidarité existe sur ce sujet entre les communes.
« Il existe des secteurs plus faciles à gérer que d’autres, par exemple Saint-Clément et Les Portes ont des forêts domaniales, entre RD et océan, avec des accès bien identifiés, alors que sur le massif forestier du sud de l’île de Ré, les accès sont multiples, on peut y accéder n’importe où », précise Jean Paul Héraudeau. « S’il convient de ne pas stigmatiser les campeurs sur parcelles privées, il faut rappeler que c’est interdit. »
« Je voulais qu’il y ait une prise de conscience, une coordination des arrêtés, que l’on se concerte en cas de problème, et a été aussi évoquée une solidarité (à définir) avec les évènements de Nouvelle- Aquitaine (Gironde et Landes). »
Et à moyen-long terme ?
Au-delà de la réaction de court terme, Ré à la Hune a interrogé sur les mesures de moyen-long terme que la CdC et les maires entendent prévoir.
« La caserne d’Ars sera financée à hauteur de 30 % par la CdC, bien que je n’y sois pas favorable car ce n’est pas de sa compétence et que les communes financent déjà le SDIS (par exemple 40 K€ pour Loix, 137 K€ pour La Flotte), mais j’honore l’engagement pris par mon prédécesseur auprès du Département et du SDIS 17. Même si l’emplacement de la caserne de Saint-Martin est un peu plus discuté (grand terrain en face de la piscine), j’ai demandé à la présidente du Département d’avancer et en dernier recours je solliciterai le préfet. »
Jean Paul Héraudeau en a profité pour rappeler son souhait de mettre en place un PAEN (lire notre interview en pages 10 & 11) : « J’ai réitéré ma volonté de mettre en place un PAEN, de limiter le boisement naturel de l’île, de protéger les espaces agricoles et les marais, de nettoyer les espaces naturels et boisés, la politique de l’eau est très importante aussi. », conclut le président de la CdC.
C’est à la suite de cette réunion que plusieurs maires, qui n’avaient pas encore réagi, ont pris un arrêté « risque incendie ». Pour protéger les habitants et vacanciers, et pour se couvrir juridiquement.
Si certains de ces arrêtés sont assez imprécis ou très larges, ou encore peuvent poser des questions de légalité, ils ont le mérite d’exister et de sensibiliser.
Le bon sens doit aussi l’emporter et ils seront appliqués avec discernement. Evidemment des dispositions spécifiques s’appliquent aux habitants des maisons construites dans les périmètres concernés, tout comme aux campings collectifs installés légalement.
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