Culture

Exposition Sculpteur Marc Petit

Tout passe et tout demeure

Publié le 21/08/2019
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Le musée Ernest Cognacq accueille depuis le 12 juillet et jusqu’au 30 septembre une exposition du sculpteur Marc Petit, l’un des plus grands artistes contemporains. À ne rater sous aucun prétexte !

Très belle fin d’après-midi ce lundi 5 août pour le vernissage de l’exposition de Marc Petit. Celui-ci est sans aucun doute l’un des plus grands sculpteurs de notre temps. D’ailleurs, les galéristes ne s’y sont pas trompés qui l’ont élu comme tel lors d’une enquête réalisée par le magazine Miroir de l’Art auprès de mille d’entre eux début 2016.

Seize statues ou groupes monumentaux datant de ces quinze dernières années, habilement mis en scène dans les jardins du musée, donnent un fidèle aperçu du travail de Marc Petit. Il émane de ces sculptures représentant nos souffrances, nos doutes, nos peurs, notre humanité enfin, une profondeur et une force saisissante. Elles ne sont pas d’un accès facile, le joli ne fait pas partie du vocabulaire de l’artiste, ce qui le motive c’est la difficile recherche de la beauté. Il dit lui-même « Je sais pour l’avoir entendu dire parfois que certains trouvent ma sculpture très sombre. Elle l’est sans doute à la première vision, mais si l’on prend le temps de regarder encore, un nouveau sentiment peut naître. J’espère que mon travail invite à nous accepter tel que nous sommes et nous garde du désir trop grand de nous masquer à nous-mêmes ».(1)

Pour créer cet univers étrange à l’extraordinaire beauté plastique où la forme débouche sur la spiritualité, il utilise le bronze, matériau pérenne résistant au temps qui passe et à la mort qui le hante sans cesse jusque dans cette représentation de « La famille », un groupe de trois personnages à tête de mort. Tous ces êtres saisissants sont là pour poser des questions… et ne pas y répondre. C’est à cela que sert l’art selon Marc Petit. Sur le plan plastique justement, les influences qui le nourrissent sont « … Phidias, Michel-Ange, l’art roman, Rodin, Germaine Richier et bien d’autres… l’art primitif… Puis les arbres et la forme humaine bien sûr. » Les grands formats représentent une partie importante de son travail, ce qui n’exclut pas des formats plus intimistes dont on pourra trouver des exemples à la galerie MamMuti à La Flotte, également partenaire de cette exposition.

Rappelons que Chantal Gousseau, trop tôt disparue, admirative du travail de Marc Petit, avait souhaité faire connaître son travail dans l’île et avait eu contact à ce sujet avec Julia Dumoulin-Rulié, directrice du musée. Elle avait raison, ne manquez pas cette très belle exposition remarquablement mise en valeur par les jardins de l’Hôtel de Clerjotte.

(1) Le chemin se fait en marchant – Éditions de l’Abbaye d’Auberive, 2013.

Catheirne Bréjat

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