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Théâtre, danse et poésie ont déferlé sur le nord de l’île
La première édition du festival Vagues libres s’est déroulée du 25 au 27 septembre. Neuf spectacles et trois soirées musicales ont été proposés par la compagnie La mer écrite entre Ars, La Couarde, Saint-Clément et Les Portes.
C’est un véritable marathon qu’a couru la petite équipe de l’association La mer écrite sur ces trois jours de festival. Proposer neuf spectacles sur un temps si court et sur quatre communes différentes a nécessité une organisation technique très millimétrée, orchestrée par Marine de Missolz, directrice artistique du festival, et Djamil Benali, coordinateur technique de l’événement.
« Je suis très heureuse du déroulement et de la réception de cette première édition », dit Marine de Missolz au lendemain de ce festival. « Nous avons réussi à réunir une très belle équipe de bénévoles qui s’est investie joyeusement dans l’aventure auprès des équipes artistiques professionnelles. Le public est venu en nombre en provenance d’horizons divers, et a manifesté un enthousiasme unanime. Nous sommes déjà tournés vers la préparation de la seconde édition l’année prochaine à la même période. »
Programmation exigeante
Tête d’affiche de ce festival de haute voltige : Mina Kavani dans son seul en scène I’m deranged. Une pièce haletante et brillamment mise en scène qui a été jouée dans la salle des Marais de la Prée aux Portes. Le public, une petite centaine de personnes, a ovationné l’actrice iranienne contrainte à l’exil. Son interprétation, naviguant entre rage brute et grande vulnérabilité, a touché les spectateurs venus des différents villages du nord de l’île. Dans un tout autre registre, Salti, de la Compagnie Toujours Après-Minuit, a enchanté petits et grands réunis dans la salle du Godinand à Saint-Clément. Porté par trois interprètes espiègles et dynamiques, ce spectacle qui mêle jeu corporel, danse et poésie, a célébré devant un public captivé la danse comme remède universel contre la tristesse, la morosité et la peur. BlackoutSongs, dernier spectacle du week-end programmé le dimanche soir à Ars, a également retenu l’attention du public. Dans une mise en scène d’Arnaud Anckaert, les deux acteurs Caroline Mounier et Fabrice Gaillard ont su insuffler une grande vitalité, de la tendresse et de l’humour à un sujet sombre, l’alcoolisme.
Questions de société
Les six autres spectacles programmés par Marine de Missolz ont navigué entre théâtre (« La vie en rose saumon » d’Hervé Guilloteau), danse (« Je suis lent » de Loic Touzé), littérature (« Le Projet Barthes » de Sylvain Maurice), poésie (« Être Fou plutôt qu’à genoux » de Gabriel Dufay), philosophie (« Ecce Homo » de Frédéric Leidgens), et sociologie (« Scum-Manifesto » de Laurent Sauvage).
« Avec ce festival, je veux faire découvrir un certain théâtre, le théâtre d’où je suis issue », explique la metteuse en scène. « Un théâtre qui ne se préoccupe pas avant tout de divertissement, mais qui questionne, bouscule, bouleverse, qui laisse des traces dans l’âme et la conscience du spectateur… Les spectacles de « Vagues Libres » sont tous des réflexions à cœur ouvert sur l’existence et sur le monde qui nous entoure. Ils n’assènent pas un discours, mais au contraire tentent un dialogue au présent avec le spectateur dans l’élan vertigineux de susciter une expérience unique qui nous mette tous au même niveau face à ce mystère incommensurable, tragique et magnifique qu’est la vie.»
Les trois soirées du festival se sont terminées en musique, entre le concert folk d’Arianna Monteverdi, et les set DJ de Canes Venatici et de DJ Righton.
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