Loisirs

La Java des Baleines

« Surprendre le public avec des spectacles immersifs »

© Aurélie Bérard - Anne-Laure Nivet, de la compagnie Contempo Ré danse, danse en compagnie de ses élèves et du public de la Java des baleines
Publié le 01/09/2021

En partenariat avec les compagnies Contempo Ré Danse et La Mer écrite, l’association de dynamisation culturelle Label Oyat a organisé tout l’été des « happenings artistiques » sur le site de la Java des baleines, à Saint-Clément. Avec, à la clef, de belles surprises pour le public. Voilà ce que nous y avons vécu

Installés à la terrasse de la Java des baleines, les clients sirotent leurs verres ou dégustent un bon petit plat des food-trucks présents. Un jour comme les autres à Saint-Clément des Baleines. Sauf que… Soudain, la musique se fait un peu plus forte. Un spectacle de danse débute entre les tables. À droite, certains clients se lèvent en rythme. A gauche, ensuite, d’autres réalisent certains mouvements de la chorégraphie. Peu à peu, c’est toute la terrasse qui se prend au jeu, et plusieurs dizaines de personnes finissent par danser avec les artistes.

« L’objectif de ces happenings est de surprendre le public avec des spectacles immersifs. Et cette année, le pari est largement réussi ! », constate Jonathan Odet, cofondateur de la Java des baleines et de l’association Label Oyat. « Non seulement ces représentations ne sont pas annoncées, mais en plus une partie du public est mise dans la confidence, avec des consignes à exécuter. Tout cela rend, pour les autres personnes, la scène quelque peu absurde et irréelle au départ. Puis la surprise laisse place à la joie et à la gaieté. Peu à peu, les gens se lèvent tous pour participer. En cette période difficile de crise sanitaire, apporter de la légèreté et de l’émotion, c’est déjà un bel objectif d’atteint ! »

Anne-Laure Nivet, chorégraphe et danseuse professionnelle de la Compagnie Contempo Ré Danse, est chargée de cette résidence artistique initiée par Label Oyat. « C’est une création issue d’une réflexion avec Label Oyat cet hiver, puis réécrite avec mes danseuses au printemps. Nous avons réfléchi à comment mieux intégrer le public à la performance. Et ça marche bien ! Par exemple, cette année, je m’échauffe au côté du public, en plein milieu de la terrasse. Un monsieur m’a dit l’autre jour : « En faisant vos exercices à côté de moi, vous avez cassé la barrière entre la danseuse et moi ». Et ça, c’est l’objectif ! S’ouvrir au public, et le rendre actif. C’est d’autant plus intéressant que les gens sont heureux de danser avec nous, ça se lit sur leurs visages, et ils viennent nous remercier à la fin. »

Théâtre de l’invisible

L’autre partenaire de Label Oyat pour ces résidences artistiques, c’est la compagnie de théâtre arsaise La mer écrite, que la metteur en scène et comédienne Marine de Missolz dirige. Quand c’est son tour d’officier sur le site de la Java des baleines, les représentations sont encore plus subtiles. Une dizaine de ses élèves comédiens, enfants ou adultes, participent à chaque fois.

« A chaque performance, j’écris des propositions de sketches et de thèmes d’improvisation. Nous nous retrouvons l’après-midi pour les travailler ensemble. Puis, à partir de 18 heures, les performances se mettent en place, tout en s’adaptant au public et à l’ambiance de la soirée. L’idée est de créer des situations étranges pour les gens. Certains se rendent compte qu’ils ont affaire à des comédiens, d’autres pas du tout ! » Ainsi, cet été, le public de la Java a pu croiser un groupe de scouts égarés cherchant un refuge pour la soirée car leur campement avait pris l’eau, ou encore une femme partie en campagne politique et cherchant auprès du public des idées utopiques pour un monde meilleur.

Ces résidences artistiques soutenues par la Communauté de Communes ont été initiées il y a trois ans par l’association de dynamisation culturelle locale Label Oyat. Le principe de base, c’est le théâtre de l’invisible, inventé en Amérique latine à un moment où il devenait trop dangereux de militer de façon traditionnelle ouvertement. A Saint-Clément des baleines, en 2021, il s’agit simplement de faire tomber le mur qui se dresse traditionnellement entre le public et les artistes. Jonathan Odet explique : « Il s’agit de changer le rapport au spectacle. Nous déplaçons l’espace scénique en le sortant du cadre codifié de la scène et de la représentation frontale. Nous l’amenons directement dans le public, ce qui permet de transformer ce dernier en acteur du spectacle, plutôt qu’en simple spectateur. »

Bonne nouvelle : d’autres performances en danse et théâtre issues de ces deux résidences devraient être proposées sur les communes d’Arsen- Ré et Loix à l’automne.

Aurélie Bérard

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