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Surf club rétais : SOS d’une association en détresse

©Nathalie Vauchez- Le surf club rétais explique que son local d’entreposage des planches et combinaisons ne peut servir d’espace d’accueil, et aimerait pouvoir disposer du poste de secours, inoccupé hors juillet & août, ce qui n’est réglementairement pas possible.
Publié le 04/03/2022

Dans un courrier envoyé à différentes collectivités locales et départementales, le Bureau du Surf club rétais et Rémy Cormier, directeur de l’association, alertent sur leur situation critique, faute de local et craignent de ne pouvoir ouvrir fin mars, afin d’accueillir licenciés, section nautique et UNSS du collège des Salières.

Forte de ses 340 licenciés, l’association Surf club Rétais propose des cours à l’année de mars à Juin et de septembre à décembre aux déjà pratiquants, ainsi que l’organisation d’événements glisse locaux et nationaux, compétitions, handi-surf, séjours sportifs et section sportive au collège rétais. Elle a pour vocation la pratique du surf en loisir et en compétition. L’association est bien distincte de l’école partenaire Ré-Surf, structure privée, qui propose des cours pendant les vacances scolaires.

« Une situation ubuesque »

Aujourd’hui elle lance un cri de détresse, sa survie étant en jeu. C’est ce que Le président, Julien Dion, le Bureau, et le directeur, Rémy Cormier ont écrit aux élus de la Communauté de Communes de l’île de Ré, de certaines Communes rétaises et aux élus du Département de la Charente-Maritime, le 16 février dernier. Président du Comité départemental de Surf de Charente-Maritime, Xavier Renaudin dénonce aussi cette situation et apporte son soutien au club rétais.

« Nous vivons depuis le 31 décembre 2021 une situation ubuesque… Nous ne disposons plus d’aucun point d’accueil pour l’activité de notre association ». Si cette lettre arrive « tardivement » c’est que Rémy Cormier avait trouvé une solution temporaire avec le Yacht Club de Saint-Martin. « Malheureusement le service portuaire du Conseil départemental a exigé d’occuper le bureau que le Yacht club nous proposait. Je n’ai appris cette décision que très récemment. Vous conviendrez que c’est très tard pour pouvoir organiser la survie de notre activité », explique-t-il.

Avant 2022, accès au poste de secours du Gros jonc et bureau à La flotte

Mais comment le Surf club rétais en est-il arrivé à cette situation ? Avant 2022, le Surf club rétais disposait de l’accès gratuit au poste de secours non chauffé de la plage du Gros Jonc durant le printemps et l’automne, qui faisait office de bureau du secrétaire, d’infirmerie et de vestiaire des moniteurs. Ce local, situé sur un terrain de l’ONF, a été refait à neuf et ne peut désormais réglementairement accueillir que les sauveteurs durant l’été. Le Surf club rétais occupait aussi gratuitement « en co-working » un espace de 10 m2 à la MJA (Maison des Jeunes et des Associations) à La Flotte, qui accueillait un bureau pour deux personnes réalisant les tâches administratives. Avec la prise de compétence Adolescence par la CdC de l’île de Ré, opérationnelle au 1er janvier 2022, le local de la MJA a été mis à disposition par la Commune de La Flotte à la CdC. Celle-ci n’ayant pas la compétence sportive, la convention avec l’ex MJA a été dénoncée.

Le Surf club rétais disposait aussi de 16 m2 de terrain (printemps et automne) en face du poste de secours de Gros-Jonc pour y entreposer son local de stockage des planches et combinaisons. Ce terrain est loué à l’ONF (3000 € par an) pour les mois d’avril à juin et de septembre à novembre. Le Surf club rétais a signé une convention avec l’ONF jusqu’en 2031. Toutefois « l’installation d’un point d’accueil n’y est pas envisageable », explique Rémy Cormier.

« La survie de notre association est en jeu »

Le Surf club rétais ne dispose donc plus aujourd’hui que du terrain loué à l’ONF, ce qui rend très difficile le travail administratif et impossible le recrutement d’un moniteur et d’un secrétaire, faute de conditions de travail acceptables. Ses représentants en appellent donc aux élus pour trouver une solution à court terme, puis à long terme : « La survie de notre association est en jeu. A ce jour nous sommes dans l’incapacité d’ouvrir fin mars comme prévu, afin d’accueillir nos 340 licenciés, la section nautique et l’UNSS du collège des Salières », alertent-ils.

Ils proposent différentes options : pouvoir trouver à court terme un accord avec l’ONF afin d’avoir accès au nouveau poste de secours du Gros-Jonc, inoccupé et chauffé ; à long terme pouvoir construire un local en arrière-plage du Gros-Jonc et/ou modifier leur convention avec l’ONF, afin de permettre l’installation d’un point d’accueil relié aux réseaux eau et électricité, jouxtant leur local de stockage. Et ils se disent « ouverts à toute solution que l’on voudra bien nous proposer. »

Des contraintes réglementaires inextricables

L’ONF a expliqué au Surf club rétais que, pour des raisons réglementaires, il ne pouvait accéder au local, situé dans la bande des 100 mètres, destiné exclusivement à accueillir l’été les sauveteurs.

Ce que confirme le Maire du Bois-Plage et vice-président de la CdC, délégué notamment à la vie sportive, Gérard Juin, contacté par Ré à la Hune. Une rencontre est d’ailleurs prévue mardi 1er mars entre le Surf club rétais, Gérard Juin et Brice Samson, directeur du Pôle Services à a population (après notre bouclage). « Le poste de secours n’a pas vocation à être habité à l’année, l’autorisation de construire sur ce site de l’ONF, à cet endroit, a été circonscrite à cet usage de poste de sécurité. S’il y avait eu une possibilité, nous en aurions fait bénéficier le Surf club rétais, mais il n’y en a pas. Il ne faut pas tout mélanger, le club voudrait bénéficier de deux choses en même temps. Si j’ai bien compris la demande du Surf Club rétais, elle concerne d’abord la mise à disposition d’un local pour un bureau. Nous recherchons et avons des solutions à proposer, par exemple en co-working comme cela était le cas à La Flotte, mais pas au bord de la plage. Pour un bureau d’accueil sur ou à proximité de la plage, c’est légalement et réglementairement très compliqué, les options envisagées au Bois ou à Sainte-Marie ne sont pas viables. Même si c’était constructible, ce qui n’est pas le cas, tout devrait être démonté hors saison, pour remettre la plage et l’arrière-plage à leur état naturel. Le surf club rétais a son local à proximité du poste de secours, rac- cordé à l’eau et l’électricité, dont il se sert à partir d’avril. Il lui manque donc surtout un bureau pour l’hiver, nous avons quelques options à lui proposer pour la location de bureaux », conclue Gérard Juin.

C’est donc pour le moment un peu un dialogue de sourds, puisque le Surf club rétais explique que son local d’entreposage ne peut en aucun cas servir de point d’accueil. La rencontre prévue mardi 1er mars entre le Surf club rétais, Gérard Juin et Brice Samson devrait permettre une meilleure compréhension mutuelle des besoins des uns et des contraintes des autres et, il faut l’espérer, avancer pour que le surf club rétais puisse reprendre ses activités dès le mois de mars 2022.

Il n’en reste pas moins qu’une fois de plus, élus et usagers rétais se trouvent confrontés à une situation inextricable, du fait de réglementations extrêmement contraignantes et restrictives, qui pénalisent les activités à l’année.

Nathalie Vauchez

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Vos réactions

  • jphbs
    Publié le 11 mars 2022

    Il est quand même navrant que pour une région qui est à l’affiche pour « force océan 2022 » et qui promouvoit les sports nautiques de buter sur ce genre de problème. Promouvoir l’océan et les sports nautiques demande un minimum d’effort, de volonté ou financier.

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