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Sensualité et légèreté à la Galerie Glineur

Artiste permanent depuis presque 20 ans, Dominique Pouchain aime exposer en pleine nature, à voir jusqu’au 23 août à la galerie
Publié le 24/08/2020

« Au détours des formes » avec Pouchain

Arômes de nougat, parfums de lavande… de cette terre drômoise qu’il n’a jamais quittée, Dominique Pouchain exhale toutes les saveurs. Une nature généreuse qu’il enlace tout entière dans son oeuvre, ode à la joie et la liberté dans la création. Dans son atelier de Dieulefit, berceau du travail de la céramique où ses parents l’initièrent, il explore les subtilités de la matière qu’épouse volontiers sous son art la lumière. Au coeur de sa recherche, comme un écho intime. Terre oxydée qui crée des ombres métalliques, noir mat qui renvoie la chaleur, lignes épurées, courbes sensuelles : son travail vigoureux et charnel convoque tous les sens. Les chèvres, licornes et hippopotames, tribu totémique qui peuple en signature sa poésie animalière sont visités pour cette collection toute personnelle par des oiseaux qu’il a nourris en cet hiver, ni plus ni moins confiné qu’à l’accoutumée dans ces contrés sauvages. Des échassiers- visiteurs qui là encore forment un clan bienveillant, protecteur de nos jardins et intérieurs. Quant aux monotypes qu’il affect i o n n e d e p u i s quelques années, i l s sont explosions de couleur pour compléter la palette de cet artiste protéiforme.

En équilibre avec Solari

Les techniques sont différentes, mais la correspondance entre les deux sculpteurs est bien présente. S’ils partagent la liste des inclinations électives de la galerie, les artistes, entre terre et ciel invitent, chacun à sa façon au voyage. Solari, bien que résidant à Bruxelles, transmet de l’Uruguay, son pays natal, les accents d’une élégance contemplative rapatriée dans un coeur enclin à l’élévation.

Jongler toujours… Le cercle, ballon ou cerceau, vient contrer l’ambition timidement manifestée en pointe des pieds. Qu’est-ce qui préfigure l’instant magique suspendu dans la broderie des nuages ? Les personnages de Solari, le bien nommé, sont là pour nous éclairer ! Comme un moment volé à l’équation de la société, il est question d’inventer l’équilibre entre aspirations et composition avec un cadre de plus en plus imposé.

On dit de lui « qu’il manie le chalumeau comme le crayon de dessin », dessins en forme de desseins, qui viennent enrichir depuis peu ses pérégrinations plaquées en toiles graphiques, comme une « carte du Tendre » propre à transcender l’instinct de survivance. Monsieur Solari ou l’insoutenable légèreté de l’être.

Galerie Glineur
18 rue de Sully
à Saint-Martin-de-Ré
www.galerieglineur.com

Marie-Victoire Vergnaud

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