Terroir

Production salicole

Marais salant île de Ré. Une production de sel 2014 très mauvaise

Sel de Ré : la récolte 2014 est une des plus basses jamais enregistrée !

Publié le 08/10/2014

La récolte de sel de la saison 2014 n’atteindra que le quart du tonnage des années normales. Une situation difficile pour les sauniers coopérateurs et indépendants qui travaillent toute l’année sur les marais salants rétais.

Un été calamiteux

« La saison 2014 a commencé tard, autour de mi-juin. En juillet et août, la météo nous a été très hostile, avec un ensoleillement en dessous de la normale et des précipitations records, équivalentes à près d’une année de pluie tombée en deux mois. Nos bassins étaient remplis d’eau douce » disent les sauniers, peu récompensés de leurs efforts pour préparer leurs marais et qui travaillent dur sur les 4 saisons. « Il a fallu effectuer plusieurs nettoyages et remettre en état nos marais submergés, évacuer l’eau de pluie et la vase qui s’écoulaient des chemins, » rajoutent-ils fatigués et le moral dans les sabots!

Un stock salutaire à la coopérative… mais pour combien de temps ?

À la coopérative des sauniers de l’ile de Ré qui réunit en son sein 70 sauniers, les surplus des bonnes années sont mutualisés en prévention des calamités. « Nous avons deux années de stock de fleur de sel et trois ans pour le gros sel. Avec environ 3000 tonnes de sel, nous pouvons répondre à la demande de nos clients… Mais nous pourrions connaître des difficultés si la prochaine saison 2015 s’avérait aussi mauvaise que celle-ci » s’inquiètent Emmanuel Mercier et Pascal Dufour. « Nous rentrerons seulement cette année 400 tonnes de sel, soit un quart d’une année normale, et 70 tonnes de fleur de sel, soit un tiers d’une année normale. » Contrôlé avant l’ensilage, le sel 2014 est de bonne qualité. Si la météo favorable de septembre est une petite consolation, c’est trop tard, car les heures d’ensoleillement diminuent et les journées sont plus courtes.

Le sel de Ré se vend bien !

Convoité pour sa qualité, et en attente de l’obtention du sigle d’identification européen IGP (indication géographique protégée), le sel de Ré se vend bien. Cette démarche engagée depuis 2012, associe les sauniers coopérateurs et les sauniers indépendants. Importante dans un environnement concurrentiel, cette procédure est une reconnaissance de la qualité de la filière d’exploitation et de l’authenticité du produit. Le sel de Guérande a déjà son IGP.

Jean-Michel Pelin, Président de l’association des sauniers indépendants de la Charente-Maritime , qui regroupe 18 sauniers sur l’ile de Ré suit attentivement l’évolution de ce dossier. « Les sauniers indépendants de l’île de Ré réalisent un chiffre d’affaires équivalent à celui de la coopérative. Nous faisons le même métier de saunier. Mais en qualité de chef d’entreprise, chacun de nous commercialise ses produits, avec la volonté de leur apporter de la valeur ajoutée, de fournir à ses clients la qualité extra qu’ils attendent. Nous travaillons sur le marketing, le conditionnement de nos produits, la commercialisation d’une gamme élargie. Il y a un potentiel de développement, mais il devient compliqué de trouver de bons marais. La plupart se situent sur des terrains du conservatoire du littoral et il faudrait, pour réunir les meilleures conditions d’exploitation, obtenir des conventions d’une durée supérieure aux 9 années du bail actuel. Maintenir les prix à la production et à la vente est nécessaire pour développer nos entreprises, maintenir nos marais salants, poursuivre la formation de jeunes sauniers. »

Une « Maison du sel » pour succéder à l’écomusée du marais salant ?

Avec Pierre Philippe Robert, alors président du Groupement d’études rétaises, Michèle Pelin est à l’origine de l’écomusée du marais salant et s’inquiète de son avenir. « Je souhaite voir naître une vraie maison du sel, regroupant tous les sauniers de l’ile de Ré (coopérateurs et indépendants), afin de promouvoir notre activité », dit Jean-Michel Pelin, Président de l’association des sauniers indépendants. « Seule l’île de Ré n’a pas de reconnaissance. Tous les bassins de production de sel marin, y compris à l’étranger ont une représentativité professionnelle forte. »

Michel Lardeux

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