Nature

Découverte

« Protéger les zones humides, c’est nous protéger nous »

© Fabien Mercier/LPO - Sur les 100 000 hectares de zones humides que comptent la Charente-Maritime, moins de 10 000 sont classés en Réserve naturelle nationale comme la baie de l’Aiguillon ou les marais de Lilleau des Niges dans le Nord de l’île de Ré
Publié le 13/02/2021

Le mois de février est l’occasion de célébrer la journée mondiale des zones humides. Jusqu’au 2 mars, les associations environnementales du département proposent de nombreuses découvertes de ces espaces naturels proches de nous mais souvent méconnus. Rencontre avec Fabien Mercier, responsable de projets naturalistes à la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Charente-Maritime

 

LR à la Hune : C’est quoi exactement une zone humide ? Qu’est-ce qui la caractérise ?

Fabien Mercier : C’est toute zone en eau, de la montagne jusqu’à l’océan : les cours d’eau, les lacs, les rivières et leurs abords, mais aussi les étangs, les vasières, les tourbières, les marais… En Charente-Maritime, les zones humides représentent 10% du territoire. Nous avons trois types de zones humides : des douces, des salées et des saumâtres. Évidemment, dès qu’on s’éloigne de la mer, on va vers de l’eau douce. Si on parle en termes de surface, la majorité des zones humides de Charente-Maritime se trouve sur le littoral.

C’est donc un milieu naturel très particulier. Quels types d’animaux et de plantes vivent dans les zones humides ?

Tout dépend si on est dans un milieu salin, doux ou saumâtre. Certaines espèces peuvent vivre indifféremment dans une eau douce ou salée, comme les anguilles, qu’on trouve encore chez nous. Dans les zones humides, il y a également de nombreux oiseaux d’eaux : des oies, des canards, des hérons, des goélands, des mouettes et plein de petits échassiers appelés limicoles. On y trouve aussi toutes sortes d’amphibiens comme les tritons et les grenouilles. Dans les marais en particulier, on retrouve certaines espèces de papillons, comme le cuivré des marais, et des orthoptères comme le criquet des roseaux ou le criquet tricolore. Concernant la flore, on va trouver essentiellement des roseaux, des joncs et des scirpes. Dans les prairies humides, il y a pas mal de plantes qu’on ne trouve pas dans les autres milieux, comme l’Angélique des estuaires. C’est un milieu riche en termes de biodiversité.

Fabien Mercier est naturaliste à la LPO – © Anne-Lise Durif

Est-ce que nos zones humides abritent des espèces spécifiques à la Charente-Maritime ou à la région ?

Sans être une espèce endémique (1) locale, les berges de la Charente abrite les dernières populations de visons d’Europe. L’espèce est menacée d’extinction alors qu’elle était très répandue sur le continent autrefois. La LPO mène depuis plusieurs années un programme européen pour étudier et protéger ceux qui restent dans le marais d’Yves (2). La Charente-Maritime accueille également un autre animal rare : la cistude d’Europe. Cette espèce aquatique est l’unique tortue autochtone de France. La région abrite les regroupements les plus importants de notre pays. Et le marais de Brouage, en particulier, est le premier site de France en termes de population.

Pourquoi ces Journées mondiales des zones humides sont importantes ?

Elles ont pour objectif de faire comprendre au public à la fois leur richesse, leur utilité et leur fragilité. Les zones humides ont un rôle de régulateur à bien des niveaux. Elles servent de zones tampons en cas de submersion. En cas de crue, elles permettent de freiner la vitesse du courant lorsque l’eau descend en aval. En cas de sécheresse, elles libèrent l’eau qu’elles ont absorbée l’hiver, comme une éponge. Elles jouent également un rôle dans la régulation du climat : les températures et les pluies peuvent être influencées par l’évaporation de leur eau. Ça crée aussi des zones de fraîcheur très localisées. C’est pour ça qu’il y a souvent du brouillard lorsqu’on s’approche d’un marais. Grâce à certains animaux et végétaux, les zones humides filtrent également diverses pollutions naturelles présentes dans l’eau. Cette eau rejoint ensuite les nappes phréatiques qui servent à alimenter nos réseaux en eau potable. En fait, protéger les zones humides et leurs habitants, c’est aussi nous protéger nous en tant qu’être humain.

 

  1. Qui ne vit que dans une zone géographique précise, comme le koala en Australie par exemple.
  2. Le programme inclut également les quelques visons d’Europe identifiés vers Angoulême, en Charente.

 

 

La Journée mondiale des zones humides est célébrée tous les 2 février pour commémorer la signature de la Convention de Ramsar (Iran) sur les zones humides en 1971. Cette convention, le plus ancien de tous les accords modernes mondiaux et intergouvernementaux sur l’environnement, a pour objet la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides. Ce texte protège ainsi la multitude d’espèces animales et végétales qui y vivent.

 

Les sorties

Les découvertes de la baie d’Aytré et de Chef de Baie sont complètes mais il reste des places sur d’autres dates. Sorties limitées à 8 personnes et sur inscription. Le lieu de rendez-vous est donné lors de l’inscription.

  • Sortie Échappées Nature au Marais d’Ars. Le 17 février de 15h30 à 18h. Découverte des oiseaux et de la nature dans les marais d’Ars-en-Ré. Inscription auprès de la Maison du Fier.
  • Sortie « Oiseaux et Nature » de La Lasse (Loix), le 19 février de 09h30 à 12h. Découvrez les oiseaux et la nature entre marais et vasières. Inscription auprès de la Maison du Fier.
  • Les oiseaux d’hiver du Marais de Tasdon, à La Rochelle. Le 20 février de 14h à 17h. Session 1 : 14h > 15h30. Session 2 : 15h30> 17h. Inscription auprès de l’Espace Nature.
  • Sortie « Oiseaux et Nature » de Sainte-Marie-de-Ré,  le 23 février de 14h30 à 17h. Découvrez les oiseaux et la nature entre plage et cultures. Inscription obligatoire auprès de la Maison du Fier. Lieu de RV indiqué lors de l’inscription.
  • Sortie Oiseaux et Nature de la Réserve naturelle nationale de Lilleau des Niges aux Portes-en-Ré. Le 2 mars de 15 à 17h30. Découvrez les oiseaux et la nature en bordure de la Réserve naturelle. Inscription auprès de la Maison du Fier.

 

 

 

 

Propos recueillis par Anne-Lise Durif

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