Élection

Législatives

Premier tour des législatives : les réactions des candidats

Publié le 14/06/2012

Olivier Falorni persiste et signe

Olivier Falorni, bien que débordé par les sollicitations des medias nationaux a néanmoins consenti à répondre aux questions de Ré à la Hune. Nous l’en remercions.

Ré à la Hune : Je présume que vous devez être satisfait des résultats : présent au second tour avec un score qui talonne celui réalisé par Ségolène Royal, et surtout l’absence de triangulaire.

Olivier Falorni : En effet, je ne suis pas malheureux du score que les électeurs rochelais et rétais m’ont octroyé. Ils ont saisi la différence entre le député vue à la télé et le député de terrain. Si l’UMP n’est pas présente au second tour, il faut reconnaître que S. Chadjaa a fait une belle campagne. C’est une jeune femme dynamique qui s’est montrée un adversaire coriace, pugnace, mais handicapée par le bilan catastrophique de la droite depuis plus d’une dizaine d’années. Les électeurs ne sont pas traditionnellement des électeurs godillots auxquels on peut imposer des oukases parisiens. L’histoire de La Rochelle en témoigne.

Vous avez dès lundi matin déclaré sur les ondes que votre présence au second tour était « inéluctable ». Vous confirmez ? Cela malgré le fait que les appels au désistement en provenance de la rue de Solferino fasse « chauffer » votre portable ?

Je persiste. J’ai d’ailleurs enregistré ma candidature officielle en préfecture dès lundi après-midi. Ce qui est le plus étonnant dans tout cela, c’est la leçon de morale politique que voudraient me donner tous ceux qui ont allègrement bafoué les statuts du Parti en interdisant aux militants de choisir leur représentant. Madame Royal, après avoir privé les militants de vote d’investiture, voudrait aujourd’hui être la seule candidate. Cela ne s’était plus jamais vu en France depuis Napoléon III. Je pense que les électeurs rochelais et rétais ont le droit de choisir. D’ailleurs, ils ont compris qu’il ne s’agissait pas d’un combat anti-Royal mais contre les dénis de démocratie et les personnes qui les perpétuent.

L’enjeu s’avère de taille. Si vous gagnez, ne craignez-vous pas des « représailles » tant parisiennes que régionales, car tout laisse à penser que dans ce cas de figure Ségolène Royal conservera la présidence de la Région ? Et si vous perdez, comment envisagez-vous votre avenir politique ?

Nous avons vécu une campagne extrêmement dure. Nous avons du faire face, nous et nos alliés à des menaces, à des chantages. La campagne s’est faite sur fond de clientélisme. Nous nous attendons donc à aucun cadeau, ce qui ne nous fera pas reculer pour autant.

Nous n’envisageons pas du tout la défaite car notre cause est juste. Par ailleurs, j’ai la chance d’exercer un métier que j’aime. Je ne suis pas un apparatchik. Je vis avec mon salaire de professeur et de ce fait ma parole reste libre et je suis serein pour l’avenir.

Les résultats du 1er tour semblent montrer que des électeurs de droite ont choisi de voter Falorni plutôt que Chadjaa. Alors avec les incitations de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique Bussereau à voter Falorni plutôt que Royal au second tour, cela ne vous pose-t-il pas un léger cas de conscience ?

Une chose est sûre, il n’y a aucun accord de passé avec la droite, mais bien une volonté de rassemblement des électeurs puisque je souhaite être un député rassembleur. Il est logique dans ces conditions que les démocrates de droite et du centre reconnaissent dans ma candidature la volonté d’être au service de tous les habitants de la circonscription, cela au-delà de toutes barrières. Le soutien de Dominique Bussereau se fait sans compromission ni compromis, sans tractation politicienne quelconque. Nombre de citoyens qui ne partagent pas mes valeurs savent que je respecte les leurs comme Michel Crépeau avant moi et bien d’autres démocrates de tous bords politiques.

À quelques heures de ce second tour, quel dernier message aimeriez-vous faire passer auprès des électeurs de la première circonscription compte-tenu de l’importance de l’abstention constatée au tour précédent ?

L’abstention est sans doute le résultat d’une politique dont les gens et surtout les jeunes ne veulent plus, à savoir celle des manipulations d’appareils, des parachutages, des passe-droits qui pourrissent la démocratie. Une politique, je le rappelle, contre laquelle les Socialistes se sont prononcés à 93% contre. La lutte contre l’abstention ne peut passer que par la rénovation des pratiques politiques que je souhaite incarner. Quant au message que je désire faire passer aux électeurs pour ce second tour, c’est que rien n’est plus démocratique que de choisir librement son représentant, que la possibilité de rencontrer son député car facilement accessible, ancré sur son territoire et proche des nouvelles préoccupations des habitants.

C’est ce député que je m’engage à être si les électeurs m’accordent leurs suffrages dimanche 17 juin prochain.

Propos recueillis par Jean-Pierre Pichot

François Drageon

Ré à la Hune : Après une bonne campagne, vous étiez attendu autour de 8 %. Comment expliquez vous les 1,88 % soient 1117 voix qui se sont portées sur vous ?

François Drageon : Je constate que la campagne « cathodique » et médiatique La Rochelle-Ré s’est portée à 99 % sur le combat entre Ségolène Royal et Olivier Falorni. Difficile dans ces conditions de faire vivre un idée! Nous ne sommes pas tous égaux devant les médias ! J’assume ma responsabilité et ma place avec 1117 électeurs qui m’ont fait confiance. J’en suis très heureux.

Avec 19,47 % Sally Chadjaa n’est pas au niveau habituel de la droite aux législatives sur la circonscription (25 à 30 %). Vous êtes mis en cause dans sa défaite car il lui a manqué 790 voix pour arbitrer ce second tour. Qu’en dites vous ?

Plutôt que de chercher un bouc émissaire, il vaudrait mieux se poser la question de savoir pourquoi Sally Chadjaa n’a réuni que 19,47 % des voix, là où Dominique Morvan en obtenait 35 %. Perte sèche : près de 16 %. La droite au second tour des présidentielles qui viennent de se dérouler assurait 45% dans la circonscription, et voila qu’aujourd’hui le rapport de force serait de 75% à gauche toutes causes confondues, 20% à droite et au centre droit et 5% pour le Front National. Perte sèche : 25%… et moi, avec à peine 2% je serais le responsable de cette situation ?

Les responsables sont ceux qui ont décidé, comme depuis des années et des années, de sacrifier leur électorat et leurs idées sur l’hôtel d’une stratégie boutiquière, celle là même qui nous conduit au mur depuis tant d’années. Le bruit de fond « voter Falorni, pour éviter Royal, dès le 1er tour », cette stratégie non pas du compromis mais de la compromission, Sally Chadjaa n’en est pas l’actrice mais la victime, comme moi, comme les électeurs trompés.

Difficile de fédérer une droite sans débat d’idées, sans impératif moral, sans dialectique, qui fait preuve d’incurie, de maladresses et de manquements. Nous devrons reconstruire sur des ruines , alors que le Front National conforte son ancrage sur le département.

Jean-Pierre Raffarin et Dominique Bussereau, entre autres, appellent à voter contre Ségolène Royal. Comment vivrez vous ce second tour ?

Depuis 3 mois, l’appareil départemental ne cherche qu’à faire barrage à Ségolène Royal, en conduisant une campagne « fantasmagorique ». J’aurai pu le faire, je m’y suis refusé.

On me trouve trop intello, mais je préfère me battre pour des idées, pas contre les personnes.

Le second-tour, c’est merveilleux ! remarquable ! digne d’être couvert par un journal « people ».

Comment voyez-vous maintenant votre avenir politique et la création de la section rochelaise du Parti Radical Valoisien envisagée lors de votre campagne ?

Il y a deux manières de faire de la politique, par conviction ou parce que l’on a des besoins. Je n’ai pas de besoin, mais j’ai des convictions ! Je me bats pour défendre mes idées et pas contre les idées des autres. Alors je continue et je serai encore présent et combatif dans deux ans.

Tant qu’à la section rochelaise du Parti Radical Valoisien, elle est en cours de création. Il faut créer et faire vivre à La Rochelle et sur l’île de Ré une section active du Parti radical, qui, demain, sera une force de réflexion et de proposition pour les combats futurs. Une AG constitutive de notre Mouvement est prévue vendredi 22 juin à 19 heures au Domaines des 3 îles à Châtelaillon-Plage en présence de Xavier de Roux.

Propos recueillis par Michel Lardeux

Ségolène Royal, soutenue et combattue

Ségolène Royal, Maxime Bono, Jean-Marc Ayrault

Avant le 1er tour, Jean-Marc Ayrault était venu témoigner de son soutien et de celui du Président Hollande à SégolèneRoyal, en présence du Député sortant Maxime Bono

Si au soir du 1er tour des Législatives l’entourage de Ségolène Royal semblait quelque peu tendu, la candidate elle ne s’est pas départie de son apparente assurance et a attiré un nombre invraisemblable de caméras et micros venus évidemment à La Rochelle pour elle.

Car si ses adversaires ont eu beau jeu d’en faire leur cible principale de critiques dans cette campagne, ils ont aussi largement bénéficié de la notoriété nationale et internationale de cette femme politique hors normes.

L’une de ses forces certaines est de savoir jongler en permanence entre cette forte visibilité médiatique et le travail de terrain, car oui elle est indéniablement une femme de terrain, appréciée dans les milieux populaires pour sa proximité avec les gens. Dès lundi matin, elle battait d’ailleurs campagne à Mireuil.

Des critiques démontées une par une

Les critiques justement elle les démonte une par une, avec calme. Elle serait parachutée ? D’abord elle est Présidente de la Région pour la seconde fois consécutive, très largement réélue, et s’est toujours intéressée à La Rochelle voire à l’île de Ré durant l’après Xynthia. Ensuite, elle-même et son entourage voient là une forme d’ostracisme peu glorieux. Elle est la candidate des appareils parisiens ? Oui elle est LA candidate de la majorité présidentielle, Jean-Marc Ayrault puis Martine Aubry et Cécile Duflot sont venus sur place en témoigner, mais son principal concurrent ne s’est-il pas lui-même cherché une légitimité « parisienne » en rappelant souvent son soutien à François Hollande, en s’affichant sous une étiquette « Majorité présidentielle » ou encore tout récemment en se félicitant d’un message de soutien de Valérie Trierweiler, compagne du Président de la République (que son statut de « 1ère compagne » mais aussi son histoire personnelle avec Ségolène Royal auraient dû inciter à une certaine réserve, car à quel titre intervient-elle au juste ?).

Ségolène Royal a certes une forte personnalité et un anticonformisme qui dérangent, elle est adorée ou violemment détestée comme le montre ce torrent d’agressivité à son encontre durant cette campagne, elle n’en reste pas moins fidèle à ses valeurs de gauche et n’a pas manqué de rappeler que dès le 1er tour de nombreuses voix de droite (et non pas de centre droite…) se sont portées sur le candidat « divers gauche » Olivier Falorni.

Martine Aubry est venue soutenir Ségolène Royal entre les deux tours, aux côtés du Député sortant Maxime Bono

Martine Aubry est venue soutenir
Ségolène Royal entre
les deux tours, aux côtés du
Député sortant Maxime Bono

La candidate du rassemblement des partis de gauche

C’est mathématique, si l’on se réfère aux scores passés de Maxime Bono et à ceux de la droite, parmi les 29 % de votants ayant voté Falorni, il n’y en aurait qu’autour de 8 % issus de la gauche. Car il est clair que les suffrages perdus par la droite ne se sont pas portés sur Ségolène Royal, et que le score de 60 % enregistré par ces deux candidats PS et divers gauche est bien supérieur aux scores historiques – même récents – de la gauche rochelaise.

Olivier Falorni se désigne comme le candidat « du rassemblement », « entendez par là le candidat qui récolte des voix Sarkozystes », il divise beaucoup et « sème la discorde partout où il passe » dixit Maxime Bono qui en profite pour mettre en exergue « le maigre bilan de ses trois mandats locaux ». Et il est vrai que l’ensemble des partis de gauche se rassemblent aujourd’hui derrière la candidature de Ségolène Royal.

Un goût amer et une campagne volée aux Rétais et Rochelais

Enfin, tout au long de cette campagne, il a été dit que Ségolène Royal – si elle obtenait le Perchoir – ne serait pas présente sur le territoire, elle affirme que ce mauvais procès d’intention lui a toujours été fait, alors que ses bilans en tant que Présidente de Région et Députée des Deux Sèvres prouvent le contraire, avec plusieurs réélections à la clé. Et n’oublie pas de rappeler que la belle carrière politique nationale de Michel Crépeau et son poids politique ont permis de faire avancer de grands chantiers à La Rochelle, comme le TGV, l’Université ou le nouveau port de pêche. Il est clair que cette avalanche de critiques et la trop forte médiatisation de ce duel fratricide aura totalement occulté les débats de fond, voire les débats tout courts, l’existence des autres candidats qui avaient aussi des choses à dire et à proposer et que, quelle que soit l’issue de cette élection dimanche 17 juin, la victoire de l’un ou de l’autre aura un goût amer.

Bon nombre de Rétais et de Rochelais auront aussi eu le sentiment d’être pris en otage dans une campagne qui leur a été volée. La forte abstention est là pour en témoigner.

Nathalie Vauchez

Appel des élus de gauche à voter pour Ségolène Royal

Le Front de Gauche et Europe-Écologie-Les Verts, dans le cadre du désistement républicain, rejoignent, comme ils s’y étaient engagés, les Radicaux de Gauche, les Centristes Humanistes et le Parti Socialiste. Ainsi, toute la Gauche est désormais rassemblée au 2e tour pour soutenir Ségolène Royal.

 

Sally Chadjaa

Ré à la Hune : Il vous manque un peu moins de 800 voix pour être au deuxième tour des législatives. Vous avez fait une bonne campagne, comment expliquez-vous cette situation ?

Sally Chadjaa : Effectivement, je n’ai pu atteindre la barre des 12,5% des inscrits. Malgré une bonne campagne et de bon résultats, l’abstention qui pèse assez lourd sur ces législatives fait que je n’arrive qu’à 11,75%. Il y a sans doute parmi les électeurs de droite et du centre droit certains qui ne se sont pas sentis concernés. C’est dommage. Pourtant j’ai mené cette campagne comme je l’avais souhaité et je ne me suis pas perdue en cours de route. J’ai innové sans cesse et réalisé de nombreuses opérations de proximité, toujours dans le but d’être au plus proche et à l’écoute de mon électorat. Je ne rejette la responsabilité sur personne, cependant le duel Royal/ Falorni a occulté beaucoup de choses essentielles.

Vous estimez que le combat d’Olivier Falorni contre Segolène Royal a nui à la campagne ?

Les médias se sont tellement focalisés sur cette lutte fratricide que les électeurs ont été privés d’un véritable débat démocratique. Ils défendent tous les deux les mêmes idées et leur combat, qui en a amusé certains mais choqué d’autres, s’est fait au détriment des autres candidats et des électeurs, ne laissant aucune place à un débat d’idées. Les problèmes de fond n’ont pas été abordés et on ne connaît pas leur position sur les grands dossiers de notre circonscription comme le grand port maritime par exemple, le maintien de l’aéroport ou la défense et sauvegarde des digues. Or il est important avant d’élire un député de savoir ce qu’il a l’intention de faire et quelle position il défendra à l’Assemblée Nationale. On s’est concentré sur les universités du PS comme si la circonscription ne vivait que de cela !

Qu’est-ce que cela fait lorsque l’on est une jeune candidate de 34 ans d’avoir Ségolène Royal comme adversaire ?

SC : Cela fait deux ans que je l’observe. J’admire sa pugnacité et j’ai appris en la regardant faire à me renforcer et à savoir me conduire dans l’adversité. Avoir une telle adversaire m’a obligée à accélérer mon apprentissage !

Quelle consigne donnerez-vous pour le vote du second tour des législatives ?

Ainsi que je l’ai déjà dit, je voterai blanc car voter pour l’un ou pour l’autre revient au même, c’est-à-dire voter pour les idées de François Hollande. En tant que militante UMP, je n’appellerai pas à voter pour des candidats que je serai amenée à combattre dans un proche avenir. Il faut avoir une ligne politique claire.

Comment voyez-vous votre avenir politique ?

J’ai un indéniable avantage sur tout le monde : je suis jeune et je viens de vivre une étape importante de ma formation politique. Dans cinq ans, je serai toujours là et j’aurai moins de 40 ans. D’ici là il y a des municipales, des cantonales, des régionales… De quoi s’occuper et ne pas se faire oublier. Par ailleurs, je suis convaincue de l’utilité de mon action sur le terrain comme de celle de mon combat politique.

Propos recueillis par Catherine Bréjat

 

 

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires