Nature

Faune et Flore

Pour des plages vivantes … et partagées !

©LPO - Reposoir de tournepierres et de bécasseaux sur une plage
Publié le 19/05/2021

Le beau temps revient et avec lui des envies de balades ou de farniente sur la plage !

Pour bon nombre de Rétais et de vacanciers du mois de mai, il devient urgent de se prélasser sur le sable, les doigts de pieds en éventail, en se croyant seul (ou presque) au monde avant le grand rush des estivants.

Mais, malgré des apparences souvent trompeuses, la plage n’est pas un désert de sable. Dans ce milieu plein de vie, cohabitent une faune et une flore fragiles et soumises à des pressions – notamment humaines – importantes à la belle saison !

Que ce soit dans la laisse de mer (ces amas d’algues échouées en haut de plage), sous un morceau de bois mort en décomposition ou à l’ombre des plantes de la dune embryonnaire, des habitants presque invisibles nous observent du coin de l’oeil : puces de mer (des crustacés sauteurs bien connus des amateurs de bronzette) et insectes xylophages (« qui mangent du bois ») sont de ceux-là. Ces lilliputiens du sable font partie de cette biodiversité méconnue mais indispensable au bon équilibre naturel des plages.

Les oiseaux ne sont pas en reste. C’est le cas du discret gravelot à collier interrompu. Ce petit échassier coureur de grève passe l’hiver en Afrique et revient en Europe au printemps pour établir son nid dans la dune embryonnaire. Il compte sur les teintes claires de ses oeufs pour les dissimuler et les soustraire à l’appétit des prédateurs éventuels. Déposés à même le sable, les oeufs sont très vulnérables, notamment au piétinement involontaire des promeneurs.

Dès la fin de l’été et pour tout l’hiver, d’autres oiseaux utilisent le haut de plage pour se reposer le temps de la marée haute. Très sensibles aux dérangements, ces bécasseaux, tournepierres et autres gravelots, n’ont qu’une envie après avoir parcouru des milliers de kilomètres depuis leur Grand-Nord natal : qu’on les laisse tranquilles ! Pour respecter leur quiétude, il est donc important de ne pas les déranger en en ne tentant pas de les photographier « à tout prix », en contournant les zones de rassemblement à marée haute et surtout – on n’y pense pas toujours – de tenir les chiens en laisse.

Ce printemps, de nombreux acteurs de la protection de la nature, dont la LPO, lancent d’ailleurs une campagne nationale pour préserver les espèces sauvages qui peuplent les plages. Cette opération intitulée « Attention, on marche sur des oeufs ! » vise à sensibiliser les usagers du littoral et les gestionnaires de plages au respect de la faune sauvage qui partage ces espaces souvent très fréquentés.

Hervé Roques / LPO

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