Environnement

Espaces naturels sensibles

Plus de moyens pour les espaces sensibles

Lionel Quillet et Dominique Bussereau présentant le nouveau logo qui permettra d’identifier les espaces naturels sensibles à partir de l’été 2020.
Publié le 09/04/2019
Noter cet article

Après s’être doté d’un nouveau schéma départemental recensant les espaces naturels sensibles, le Département a voté une enveloppe financière revue à la hausse. Il espère ainsi intégrer officiellement de nouveaux sites dans son dispositif d’aide à la préservation de l’environnement naturel et paysager.

C’est la suite logique d’une décision actée lors de la session d’automne du Département, en octobre 2018 (lire notre édition de novembre et sur realahune.fr). Après trois ans d’études, le Département avait voté son nouveau « Schéma départemental des espaces naturels sensibles (ENS) » valable pour dix ans. Rentré en vigueur en janvier 2019, ce schéma recense tous les sites naturels classés « sensibles » selon les critères de la collectivité. A savoir : des sites « à forts enjeux environnementaux et paysagers », comme les habitats côtiers, les zones humides type marais ou bords de fleuve, les habitats floristiques et faunistiques de type méditerranéen (comme sur la pointe de Suzac, dans l’estuaire), les grands sites paysagers, les forêts, les falaises de calcaire ou même la fonctionnalité « écologique » de certains systèmes agricoles préservant leur environnement naturel et paysager (haies, prairies, ec.). Le Département a ainsi identifié cent trente sites présentant une richesse écologique et un intérêt paysager, « avec un périmètre permettant d’en maîtriser sa gestion ». Sur ceux-ci, cinquante figuraient déjà sur le précédent schéma ENS, dont dix ne sont autres que les Pôles-Nature, comme l’Asinerie du Baudet du Poitou. Sur l’île de Ré, sont ainsi classés ENS le Fiers d’Ars, le port des Salines, la forêt du Nord et les forêts intérieures, Mouille-Pieds, Le Defend et la pointe de Sablanceaux. Ensemble, ces cinquante sites représentent 54 000 ha de terrain (dont 10 000 de forêt domaniale publique), soit 8% de la surface du département.

Une enveloppe de cinq millions d’euros

En revoyant sa copie, le Département pourrait intégrer à terme quatre-vingts nouveaux sites à ce programme de protection environnementale. Les ENS représenteraient alors 16% du territoire. « Mais attention, il n’est pas question que le Département prenne seul en charge ses sites », prévient le vice-président Lionel Quillet, « rien ne se fera sans un ou plusieurs partenaires de type collectivité locale, association, etc. qui puisse prendre en charge et mettre en oeuvre les actions à mener. » Le Département apporte surtout son expertise et son soutien financier.

Celui-ci a justement profité de la révision de son Schéma pour revoir à la hausse son budget annuel dédié à la cause : un peu plus de cinq millions pour la mise en oeuvre des actions, préemption de terrains comprise. Sur cette enveloppe, cent trente mille euros sont dédiés au programme d’entretien et de valorisation de l’Arbre (EVA), un dispositif d’aide à la plantation d’arbres dans le cadre de la restauration des paysages ruraux. Concrètement, l’accompagnement du Département passe par cinq types d’actions concrètes. Il peut ainsi prendre en charge le lancement d’études de connaissances et de suivi scientifique d’un site ; aider à la mise en place d’un plan de gestion d’un site ; contribuer à l’aménagement et la valorisation du site, avec une ouverture au public par exemple ; assurer un suivi de gouvernance à travers des « conférences (régulières) de partenaires » ; Participer à des acquisitions de parcelles si nécessaire. Sur ce dernier point, le président du Département Dominique Bussereau prévient : le droit de préemption des maires en cas de vente de terrains restera leur carte majeure et il n’appartiendra qu’à eux d’en faire usage ou non.

En ce sens, s’il assure entretien et protection par les actions de l’homme, ce schéma des ENS ne pourra en aucun cas être un rempart juridique contre d’éventuels projets d’implantation, d’éoliennes notamment – le projet du Blayais en est un exemple. « Mais ce sera quand même un argument supplémentaire pour se battre contre les projets éoliens qui voudraient s’installer sur un site ENS », assure Dominique Bussereau, rappelant qu’il n’appartient qu’aux élus locaux d’intégrer les ENS à leur Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) et d’en poser les règles et les contours.

Anne-Lise Durif

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires