Enfants et jeunes

Départ à la retraite

Une page se tourne pour Hélène Cassin et l’école de La Flotte

Hélène Cassin enseigne depuis dix ans en CP mais depuis 18 ans à l’école élémentaire de La Flotte.
Publié le 28/06/2018

Enseignante à l’école élémentaire de La Flotte depuis 19 ans, Flottaise d’origine, Hélène Cassin accompagne avec rigueur les petits dans l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, mais aussi dans la pratique sportive et la découverte du monde. Elle achève sa dernière année scolaire.

Issue du milieu agricole, après une scolarité à l’école élémentaire de La Flotte et au Collège de Saint-Martin, son père la destinait à suivre les cours de l’école ménagère. C’était sans compter sur les professeurs du Collège qui détectent le potentiel de la jeune adolescente et la poussent à choisir une toute autre orientation. Elle qui, petite fille, était en extase devant ses maîtresses, intègre l’Ecole Normale à La Rochelle à 18 ans et en sort diplômée à 21 ans.

Jeune remplaçante à Reims, en Segpa, elle se sent impuissante face à des pré-adolescents en décrochage, puis enseigne dans plusieurs écoles. Mais elle souhaite revenir en Charente-Maritime : affectée quelques années dans la ZEP de Mireuil, elle parvient à obtenir sa mutation dans différentes écoles de l’île de Ré : Le Bois-Plage, Sainte-Marie-de-Ré, La Couarde-sur-Mer avant d’intégrer en 1999 l’école élémentaire publique de La Flotte. D’abord en charge de CE1 et CE2, elle se voit ensuite confier il y a 10 ans la classe de CP, classe charnière s’il en est dans l’éducation des enfants.

Un métier passionnant et… difficile

Hélène apprécie bien sûr le contact des enfants, mais aussi l’autonomie inhérente à son métier et la latitude donnée aux enseignants, dans le cadre d’un programme certes imposé. « Les façons de travailler avec les enfants sont toujours différentes, j’innove et je m’adapte à chacun mais aussi au groupe. J’ai parfois eu des classes difficiles, il y a des « crus » très variables d’une année à l’autre ».

« La paperasse » est par contre sa bête noire et il y en a de plus en plus : « Avant j’écrivais sur le tableau « Je suis partie à la plage avec les enfants chercher des coquillages », aujourd’hui il faut prévenir au moins trois jours avant, justifier l’intérêt pédagogique de la sortie, trouver des accompagnateurs, tout est devenu compliqué ! » peste-t-elle.

L’autre difficulté réside dans le manque de considération, avant tout de l’Education Nationale, mais aussi parfois des parents et des enfants : « On ne nous fait plus confiance », déplore-t-elle. Un exemple flagrant concerne le redoublement : « Aujourd’hui on ne redouble plus. Nous accompagnons les enfants toute l’année, nous savons parfaitement si certains ne sont pas mûrs pour passer dans la classe supérieure… Résultat, ils décrochent l’année suivante et c’est comme cela que l’on retrouve à l’entrée au Collège des enfants qui ne savent pas lire. Il faut vraiment que ce soit les parents qui fassent la demande du redoublement, dans l’intérêt de leur enfant pour que ce soit accepté…« .

Les CP de cette année, avec au fond de la classe, Hélène Cassin (assise), Monique, AVS, et Sandrine, ATSEM (debouts, respectivement à gauche et à droite de la photo).

Les CP de cette année, avec au fond de la classe, Hélène Cassin (assise), Monique, AVS, et Sandrine, ATSEM (debouts, respectivement à gauche et à droite de la photo).

Une jeune génération éveillée mais qui papillonne beaucoup

On dit souvent la jeune génération plus éveillée que celles qui l’ont précédée, qu’en est-il ? « Les enfants ont des centres d’intérêts très divers, ils bénéficient de tellement d’ouvertures, de loisirs, sont aussi l’objet de tant de sollicitations. Mais ils papillonnent trop, ne savent plus se poser et prendre le temps, se concentrer… Si les classes de CP, CE1 voire CE2 restent des périodes de découverte, les enfants deviennent vite blasés, dès le cours moyen ».

« Quant aux parents, s’il y a un noyau d’entre eux toujours très concerné par l’enseignement donné aux enfants, d’autres s’en désintéressent totalement ». Ce que l’on imagine fort frustrant pour une enseignante très impliquée dans son métier et la réussite de ses élèves, à qui elle propose d’ailleurs un accompagnement adapté, en fonction de la plus ou moins grande autonomie de chacun des quatre groupes qu’elle a constitués dès la Toussaint.

« L’école de La Flotte n’en est pas moins privilégiée, comme probablement toutes celles de l’île de Ré, avec une municipalité à fond pour l’école, celle-ci disposant d’un très vaste espace, d’installations et de matériel de qualité ainsi que de dotations financières généreuses. »

Ses meilleurs souvenirs : les sorties à la journée, les rencontres USEP, les Jeux Rétais, les fêtes de l’école… Sur les moins bons souvenirs, Hélène ne dira mot, préférant se souvenir « des directeurs formidables » avec lesquels elle a eu la chance de travailler. A cet égard, elle connaît l’actuelle directrice Véronique Préclin depuis l’année 2000.

Rigoureuse et réactive, ferme et bienveillante, un cocktail bénéfique à ses élèves

Les parents interrogés ne tarissent pas d’éloges sur l’enseignante : « Modernité et équilibre la caractérisent. Equilibre entre l’expérience de la maîtresse expérimentée et les nouveaux programmes à enseigner d’une part. Modernité à toute épreuve, d’autre part, en utilisant des outils récents à bon escient (TBI) pour la musique, les arts, le français ou les maths, en inscrivant ses jeunes élèves aux rencontres sportives de l’USEP, à une classe poney et à des sorties dynamiques. » « Une enseignante très juste à l’écoute et bienveillante avec ses élèves, j’admire sa patience, sa franchise et son énergie ». « Elle sait apporter la fermeté, couplée à l’affectif dont ont besoin les enfants de CP. Elle favorise auprès de ses élèves le développement de l’autonomie et de l’estime de soi ». Une nouvelle tranche de vie s’ouvrira dans quelques semaines pour Hélène Cassin, qui prévoit de voyager, pratiquer davantage tous les sports qu’elle affectionne, et profiter de ses filles de 30 et 22 ans. D’ici là un hommage appuyé lui sera certainement rendu lors de la fête de l’école du 23 juin.

Nathalie Vauchez

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