Loisirs

Saint Valentin

Si on parlait d’amour ?

Publié le 05/02/2019
Si on parlait d’amour ?
5 (100%) 1 vote[s]

Des couples de l’île de Ré racontent leur histoire

Ringarde la commerciale Saint-Valentin à l’heure où la revendication et la contestation semblent être les seules postures légitimes ? Gnangnan les serments renouvelés et l’échange mutuel de billets doux au coin du feu ? Désuets les vers d’Aragon « C’était hier et c’est demain, je n’ai plus que toi de chemin, j’ai mis mon coeur entre tes mains… » ? Posons les armes un temps, laissons flotter le volatile sentiment qui tous un jour nous a vu tomber à son vent, anesthésiant sur le champ toute forme de raisonnement, créant une explosion (pacifique celle-ci) de notre coeur avec qui, tout à coup, tout fait « boum ». Ils s’aiment toujours et se souviennent…

Heureux ultimatum

C’est Bernard qui commence. Il embraye sur ses racines au Bois- Plage où il est né et a passé toutes ses vacances, étés de petite enfance, mélancolies jusqu’avant guerre…Il enchaîne sur son rêve de toujours de réintégrer la maison familiale au parfum de musique. Hors-sujet Bernard ! Marie-Lise appelée à la rescousse remet les choses en place. « Nous étions voisins à Paris, je cherchais un partenaire de tennis et un ami commerçant commun nous a mis en relation. C’était en 1980, j’avais 32 ans, lui, plus âgé, sortait d’une séparation. Avec le temps, il m’a invitée au cinéma puis pris la main un jour en sortant ». Une main qui l’a fermement conduite sur l’île de Ré « condition sine qua non de notre relation », fanfaronne Bernard qui, dans un élan viril, reprend le dossier. Il a beau jouer le gant d’acier, à les voir ainsi se titiller, il semble qu’une proposition plutôt séduisante se cachait en fait, derrière le triomphant ultimatum…

Bernard et Marie-Lise.

Bernard et Marie-Lise.

Une affaire de style

Week-end atlantique il y a dix-sept ans, un mois d’octobre. Marinière et vareuse, Fred a troqué son costume d’expert en immobilier pour découvrir l’île de Ré.

D’abord l’Abbaye des Chateliers, petit tour des villages, puis le port et l’Église de Saint-Martin : le charme opère… La journée s’achève, il est question en hâte de faire le plein de sel et autres spécialités locales pour la famille parisienne.

Bascule en boutique, tempête aux emplettes ; fait irruption Jean- François qui, félicitant le look du visiteur, emporte quelques faveurs dont un précieux 06.

Il travaille à côté, en voisin la vendeuse vient saluer, mais c’est à la capitale très vite qu’il va Fred retrouver. Un rendez-vous là, un réveillon ici et plusieurs allers retours signent rapidement l’engagement, concrétisé par un Pacs deux ans après leur rencontre. Le 14 août 2013, Patrice Déchelette (le maire de Saint-Martin était aussi le professeur de Jean-François aux Salières) unit le premier couple gaygai de l’île…

Fred et Jean-François

Fred et Jean-François

« 36 ans de période d’essai »

Joëlle et Richard sont originaires de Strasbourg, et comme un tas de couples qui n’osent pas toujours l’avouer, se sont rencontrés en boîte. « Il y a quarante ans » carillonnent-ils en se regardant complices. Encore ces années « 80 » fécondes d’une insouciance décomplexée, inspiratrices de sentiments légers assumés…

En 2005, il est question de changer de quotidien. L’ado Arthur a des envies de surf, ses parents d’océan. Au revoir la Petite France, cap sur l’Atlantique. « Cela aurait pu être partout entre Nantes et Bayonne. Nous avons choisi, un peu, mais pas vraiment au hasard, l’île de Ré » raconte Richard.

En 2014, les « love birds » se marient après 36 ans de vie commune et Arthur l’intrépide continue de traquer la vague tandis que ses parents souriants (un luxe quand le rire menace d’être payant peut-être alors que l’eau se vend dans des salons branchés) alpagués à la caisse du supermarché, témoignent de leur complicité.

Joëlle et Richard

Joëlle et Richard

« C’est vraiment tout simple…»

Oui mais… C’est fou comme on s’égare à vouloir tordre le coup à la simplicité qui pourtant si souvent a frappé à la porte. Marine et Aurélien se fréquentent depuis la primaire. Francis et Marie-Christine, (les parents de Marine) se sont rencontrés aux Gollandières, alors qu’elle était en vacances, et lui venu de Parthenay s’engageait pour la saison. Tous deux n’ont plus quitté l’île. Aurélien est quant à lui ce qu’on appelle un « enfant du pays ». Dans la même école au Bois, au collège des Salières, ils grandissent ensemble. Au lycée Vieljeux à La Rochelle, ils ne sont plus que 5 du groupe qu’ils formaient à Saint- Martin, et c’est là que la connexion se fait spontanément, alors même que les années passées ne les avaient pas spécialement rapprochés. 22 ans d’amour cimenté par Léo et Lucien, bientôt lui aussi au collège. La roue tourne sans routine…

Marine et Aurélien.

Marine et Aurélien.

Marie-Victoire Vergnaud

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires