Patrimoine

Patrimoine maritime

Mobilisation autour de l’écluse Moufette

Une motivation visible devant le chargeur et l’ecluse de la Moufette en arrière plan.
Publié le 20/05/2022

En réparation depuis 2015 et endommagée par une tempête en octobre, les bénévoles de l’écluse de Saint-Clément des Baleines fédèrent un ensemble d’énergies autour des travaux de restauration.

Ce mardi 3 mai, l’émulation est remarquable autour de l’écluse ! Dans les rochers se trouvent les maires de Saint-Clément des Baleines, de La Couarde et d’Ars, le président de la Communauté de Communes, le président de l’Adépir, des bénévoles de la Moufette et d’autres écluses de l’île, mais aussi une dizaine de volontaires de l’armée et un chargeur.

Des Villageois passionnés au service du patrimoine

Norbert Rizo, président de la Moufette, nous explique que la tempête d’octobre a tapé à peu près 30 mètres d’écluse. Suite à cette casse, l’équipe, qui est plutôt âgée et se démène depuis des années par tous les temps pour entretenir et faire vivre cette écluse, a décidé de lancer une campagne de sensibilisation pour se faire aider.

C’est ainsi que le 3e régiment militaire des services volontaires a contacté l’association pour proposer une aide du 3 au 5 mai et du 17 au 19 mai. Avec une convention tripartite Mairie/ Moufette/Armée et la participation de la Communauté de Communes et de l’Adépir c’est un véritable élan de solidarité qui s’est mis en place.

Norbert nous en dit plus sur le fonctionnement des travaux d’entretien des écluses : « Dans l’écluse on a trois métiers, le bâtisseur, celui qui met les pierres en place en forme de fer à cheval, les gros bras qui emportent les pierres au plus près des bâtisseurs et enfin les petites mains qui sont capitales aussi, elles prennent les petites pierres qu’elles mettent au milieu. Comme cela par cycle de marée, on fait à peu près deux à trois mètres de mur ».

Le contexte

Lionel Quillet, président de la CdC, rappelle que l’île de Ré est l’un des trois sites de France où il y a le plus d’écluses en fonctionnement. On en comptait 140 en 1870, elles sont aujourd’hui au nombre de 14. Ce déclin s’explique entre autres par les tempêtes et le manque d’entretien régulier. Il ajoute : « Je rappelle qu’une écluse s’entretient toute l’année et qu’il faut y aller même en plein hiver, qu’il faut vite intervenir quand il y a un trou avant que la prochaine marée ne refasse des dégâts. Donc il faut remercier tous les bénévoles des associations. On est dans le plaisir de pêche mais aussi dans le plaisir d’être ensemble. »

Moufette est emblématique car elle est une des plus grandes et des plus pêchantes de l’île, réputée depuis toujours mais aussi la plus exposée aux intempéries. Dominique Chevillon, président de l’Adépir nous explique : « Jusqu’aux années 50, c’était les paysans ou les gens du coin qui géraient les écluses, pour se nourrir, c’était important, les hommes bâtissaient, les femmes et les enfants calaient les pierres ».

Les élus sont sensibilisés sur le côté patrimonial mais aussi pour le lien social que cela génère, Lionel Quillet estime que l’on retrouve ici le principe rétais, on se débrouille et on trouve des solutions ensemble, associatifs, entreprises, élus, citoyens… Même l’entreprise Ré TP (travaux publics) a joué le jeu en faisant un prix.

Un ballet bien orchestré

Dominique Chevillon précise : « On sélectionne les pierres, on les assemble et on les bloque, il n’y a pas de liant. Ces techniques nécessitent des compétences. C’est vraiment un savoir-faire assez rare et c’est pourquoi nous avons mis à disposition de Moufette des bâtisseurs en plus des leurs pour ces journées ». Le contingent de volontaires fait donc des tas de pierres qu’ils mettent dans le godet pour emporter au pied du mur où les bâtisseurs agissent.

Lina Besnier, maire de Saint-Clément des Baleines, conclue : « On remercie l’armée car les jeunes qui travaillent avec elle sont en recherche d’eux-mêmes et il y a un vrai rôle social. Ils ont entre 18 et 24 ans et sont pris en charge par l’armée pendant huit mois avec une rémunération et un permis de conduire, une formation professionnelle et une place sur le marché du travail à la clef. C’est le côté formateur de ce dispositif de réinsertion sociale qui est intéressant ».

Un peu plus tard, c’est le général cinq étoiles, Pierre Schill, qui honore la commune et le contingent de sa visite, il apporte encore davantage de visibilité à ces passionnés de notre territoire que sont les volontaires de Moufette !

Rappel aux visiteurs : Il ne faut pas marcher sur les murs d’écluse et surtout ne rien enlever dessus, tout est scellé naturellement dans le temps et chaque coquillage, chaque pierre à une fonction bien particulière dans ce processus qui associe le vivant.

Pratique Pour reconstruire cet ouvrage, l’Amicale de Moufette est à la recherche de bénévoles tout au long de l’année. Pour participer aux opérations, appelez au 06 95 56 13 71 ou 06 71 18 91 14.

Jonathan Odet

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