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Marie Nédellec, une femme de gauche fidèle

© Nathalie Vauchez - Marie Nedellec et Antoine Grau.
Publié le 07/06/2022

Soutenue par le Maire de La Rochelle et président d’Agglomération Jean-François Fountaine, ayant pour suppléant le Maire de Lagord et 1er vice-président de la CdA Antoine Grau, pouvant se targuer de bien d’autres soutiens de l’autre côté du Pont, Marie Nédellec, femme de gauche, s’est lancée à corps perdu dans cette campagne courte, déterminée comme à son habitude.

Ré à la Hune : Marie Nédellec, pouvez-vous présenter votre profil aux Rétais qui ne vous connaissent pas ?

Marie Nédellec : J’ai 37 ans, un enfant, j’ai grandi en Bretagne et je suis arrivée à La Rochelle à l’âge de 21 ans où après avoir été salariée j’ai rapidement créé une agence de communication digitale, puis une seconde structure toujours dans le numérique pour faciliter le quotidien des citoyens dans leurs démarches administratives et diminuer les tâches chronophages dans les petites collectivités. Enfin j’ai créé Team Smart, une plateforme collaborative qui accompagne le bien-être des collaborateurs grâce à l’intelligence artificielle. Parallèlement à cela je me suis engagée en faveur de l’entrepreneuriat au féminin, dans « Trajectoires d’Entreprises au féminin » dont j’ai été présidente de janvier 2017 à janvier 2020.

Jean-François Fountaine est venu me chercher en 2019 pour l’accompagner dans sa réélection. Etre présidente d’association, c’est faire de la politique déjà, faire bouger les lignes. J’ai été notamment chargée de la communication de sa campagne et après sa victoire à la Ville de La Rochelle il m’a proposé les délégations de commerces, attractivité, communication et numérique, ces deux dernières délégations je les exerce aussi à la Communauté d’Agglomération. En 2021, j’ai été élue Conseillère départementale aux côtés de Dominique Guégo, sur le canton de La Rochelle 2 (centre ville, La Genette, Les Minimes).

Quelles sont vos motivations aujourd’hui pour ces élections législatives et quels mandats conserverez-vous, si vous êtes élue ?

Soit je mets mon parcours au service des autres, soit je m’en sers pour mon intérêt propre, j’ai choisi la première option. La société évolue, certains sujets ont besoin d’être portés à l’Assemblée Nationale. Notre territoire a ses propres problématiques à défendre. Si je suis élue à l’Assemblée Nationale je resterai au Département où je suis élue dans le groupe d’opposition mais où je travaille en bonne intelligence avec la majorité actuelle. Je suis une femme de gauche, j’entends porter particulièrement les sujets sociaux.

Antoine Grau, qui êtes-vous et pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette campagne aux côtés de Marie Nédellec ?

Je suis Maire de Lagord et 1er Vice Président de la Communauté d’Agglomération de La Rochelle mais aussi citoyen. La politique n’a jamais été une profession pour moi. J’ai en effet exercé pendant plusieurs décennies la profession de médecin anesthésiste réanimateur au Centre Hospitalier de La Rochelle. J’ai profondément côtoyé, dans cette expérience humaine, la détresse physique ou morale qui peut tous nous toucher un jour. Mais j’en ai gardé aussi une passion ardente pour le service public de santé, si fragilisé aujourd’hui. Enfin, le praticien et le citoyen que je suis, ne peut rester indifférent au droit de la dignité, à la désertification médicale où à l’accès pour tous aux soins de santé mentale.

Maire de Lagord depuis 2014 et élu de la Communauté d’Agglomération, j’ai toujours prôné les valeurs de consensus, de solidarité, d’équité, de rassemblement, dans la fidélité à mes convictions de toujours, d’homme d’une gauche moderne, démocrate et sociale. A la viceprésidence de l’Agglomération, dans le mandat 2014-2020 j’ai porté le premier PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal) approuvé en décembre 2019. Je suis un vieil ami de Jean-François Fountaine que j’ai connu dans mes activités nautiques puisque j’ai accompagné la Mini Transat pendant 15 ans, été au conseil d’administration de la société des Régates Rochelaises. J’ai une délégation lourde à la CdA avec l’urbanisme, les finances et l’administration générale.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai accepté avec plaisir d’être le suppléant de Marie Nédellec, jeune femme engagée et fidèle à nos convictions. Marie symbolise le renouvellement politique dont nous avons besoin, je me considère comme un passeur.

Comment concevez-vous le rôle de député ?

Marie Nédellec : Il doit avoir une proximité forte avec les élus et acteurs locaux du territoire et porter des amendements au sein de son groupe parlementaire en phase avec ses idées politiques. Je ferai partie du groupe de gauche, mais je ne suis pas dogmatique et voterai pour tout projet pertinent.

Quels sont les projets que vous entendez porter en priorité ?

La lutte contre toutes les formes d’inégalités est mon cheval de bataille, à commencer par le logement, préoccupation propre à notre territoire tant sur l’île de Ré qu’à La Rochelle. La réglementation sur les zones tendues ne concerne que six communes de la circonscription. La Rochelle avait fait la demande d’encadrement et plafonnement des loyers, elle n’a pas pu bénéficier de cette mesure réservée seulement à certaines zones tendues. Cela pose de grandes difficultés. Je souhaite pouvoir donner plus la main aux collectivités, en inversant la fiscalité, très avantageuse actuellement pour les locations touristiques. Il faut que la location à l’année soit plus attractive pour les propriétaires de logements. Certaines collectivités essaient actuellement de mettre en place des dispositifs pour contrer le airBnB, elles essuient beaucoup de recours.

Ce sujet est en lien direct avec la préservation environnementale et la lutte contre les gaz à effet de serre, les gens doivent pouvoir se loger plus près de leur travail.

Avec le tourisme aussi, puisque le logement saisonnier est devenu une problématique importante, il faut accompagner l’hôtellerie-restauration en légiférant.

Je souhaite aussi oeuvrer pour améliorer le quotidiens des gens, ce qui passe par la revalorisation des bas salaires, la lutte contre le travail de courte durée et en temps partiels contraints, notamment dans le secteur de l’aide à domicile, l’atteinte de l’égalité salariale femme-homme par des contrôles plus intensifs…

Notre système de santé, notamment l’hôpital public, est au bord du gouffre, il faut le sauver en embauchant, en revalorisant les salaires et en défendant le nombre de lits, mais aussi en remettant l’humain au centre des pratiques de soins et en sortant de la logique mortifère de rentabilité des hôpitaux.

Antoine Grau : Un phénomène plus récent est inquiétant, il concerne la fermeture de petites structures hospitalières publiques, qui crée une disparité dans l’offre de santé selon où l’on habite. Les équilibres de notre système de santé étaient déjà très fragiles, avec des équipements insuffisants, cette logique comptable mise en place dans le secteur hospitalier depuis trente ans est dramatique.

Marie Nédellec : Un autre sujet qui ne date pas d’aujourd’hui est celui du grand âge, il faut légiférer pour donner plus de moyens aux structures, les EHPAD ne peuvent plus être à but lucratif, il faut augmenter l’aide de maintien à domicile et avancer sur le droit à une fin de vie digne, choisie et apaisée.

L’environnement est aussi un enjeu transversal fort pour notre territoire. C’est l’ensemble des mesures liées à notre quotidien qui doivent être concernées : favoriser le recours aux circuits courts, lutter contre les passoires thermiques, assurer le mix énergétique seront mes priorités. Pionnier de la défense de l’écologie urbaine, ambitieux avec le projet Territoire Zéro Carbone, notre territoire doit servir de modèle et d’expérimentation à l’échelle nationale.

Concernant l’écotaxe payée au passage du Pont de l’île de Ré, quelle est votre position ?

Il ne faut pas enlever complètement le péage du Pont, mais le redéfinir en tenant compte de la proximité de La Rochelle et de l’île de Ré. Il faut sans doute que le tarif saisonnier du pont s’applique dès cette période de mai/juin, et par contre baisser le tarif hivernal à 3 ou 4 € pour permettre aux Rochelais de venir plus facilement à l’année sur l’île. Créer un troisième tarif pour l’hiver serait judicieux et de nature à favoriser la vie à l’année sur l’île de Ré. Mais il n’est pas question dans mon esprit de supprimer le péage.

Approuvez-vous le projet éolien offshore au large de nos côtes ?

J’ai des réserves sur la première zone, il me paraît impossible d’implanter des éoliennes en site protégé. Hors zone Natura 2000, il faut tenir compte de l’acceptabilité des citoyens et du monde économique. Nous avons 146 km de côtes, l’économie de la pêche est importante, il faut la préserver, tout comme il faut protéger l’ostréiculture. J’ai d’ailleurs mis en place une étude sur l’impact économique et environnemental des paquebots de croisières, que souhaite-t-on ?

Nous élaborons aussi en commun entre La Rochelle et l’île de Ré un Plan Alimentaire Territorial, nous avons des convergences en la matière.

Le mot de la fin ?

Pour porter ce projet social, écologique, économique, pour bâtir l’avenir, l’Europe nous aidera, encore plus dans le contexte actuel.

Si je suis élue, je prévois des permanences mobiles pour aller au contact des habitants, mais j’irai aussi régulièrement sur les marchés, leurs lieux de vie, je garderai ce contact qui m’est cher

Propos recueillis par Nathalie Vauchez

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