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N°235 - 21/01/2022

L e projet éolien off-shore Atlantique sud démontre, s’il en était encore besoin, que l’Etat impose de plus en plus souvent ses décisions aux élus des territoires, sans concertation ni information, et sans tenir compte de la réalité de terrain. Les maires, tout comme les présidents des intercommunalités et des autres collectivités territoriales ont-ils encore la main ? Il en va ainsi aujourd’hui pour l’éolien et les radars tourelles, comme il en a été auparavant, par exemple, pour la gestion au lendemain de Xynthia des « zones noires » devenues « zones de solidarité », l’établissement des cartes d’aléas et l’élaboration des PPRL (Plan de prévention des risques littoraux) qui impactent lourdement et durablement l’ensemble du développement des territoires concernés.

La façon dont le projet éolien off-shore « étendu » a déboulé sur la Charente-Maritime – les associations environnementales ont été les premières à lever le lièvre, sans qu’aucune information officielle n’ait été faite au préalable auprès des élus – et dont le déploiement serait envisagé au « pire » endroit de la façade atlantique (même la CPDP* semble en convenir aujourd’hui), illustre bien ce propos. Quasiment pas d’information aux élus et aucune concertation préalable avec les territoires concernés, notamment les îles d’Oléron et de Ré.

Or ce projet est de nature à bouleverser tous les équilibres de nos territoires et remettre en cause l’ensemble de la politique de protection environnementale et d’aménagement de territoire déployée depuis plus de cinquante ans par les élus locaux et du Département, avec l’appui alors bienveillant de l’Etat… lui-même.

Cela devient ainsi très compliqué pour les élus locaux de gérer leur commune et l’intercommunalité, avec des financements qui se réduisent comme peau de chagrin, des diktats tombés de Paris, et des populations qui se retournent d’abord vers l’échelon de proximité pour demander des comptes. Et si certains estiment que « face aux décisions de l’Etat on ne peut rien faire », d’autres se battent pour défendre les causes d’un territoire, qu’ils connaissent parfaitement et vivent au quotidien, la population locale venant très largement en appui des élus qui portent ces combats. Même s’ils sont parfois perdus d’avance… *Commission Particulière du Débat Public, présidée par Francis Beaucire.

 

Nathalie Vauchez