Logements

Tournée des communes

Lionel Quillet face aux enjeux casserons

Le président de la CdC Lionel Quillet était invité par la municipalité d’Ars pour un temps d’échange le 12 décembre
Publié le 23/01/2024

Ars-en-Ré est la 3e municipalité à avoir accueilli Lionel Quillet dans le cadre de sa tournée des communes. Trois points principaux ont été abordés : la protection du port, les travaux de rénovation de l’ancien bâtiment de la DDE et la problématique du logement.

Tout comme à Saint-Clément des Baleines le 30 novembre, Lionel Quillet s’est présenté à Ars-en- Ré le 12 décembre en « porteur de bonnes nouvelles ». De là à dire qu’il aime jouer le père Noël en cette fin d’année 2023, il n’y a qu’un pas. Et c’est sur le sujet de la protection du bassin de la Prée et du port d’Ars que le président de la Communauté de Communes s’est montré le plus généreux.

Financement d’un batardeau

Les tempêtes du début du mois de novembre avaient en effet donné des sueurs froides à la municipalité et aux habitants d’Ars. Selon Lionel Quillet, la situation est d’autant plus urgente que pour l’instant Ars est mise de côté dans les travaux du PAPI. « La construction de la digue protégeant Ars, votée en 2020, n’est pas encore programmée. Ce ne sera donc pas avant 2026. Et d’ici là, il peut se passer beaucoup de choses. J’ai demandé à la présidente du Département un planning pour Ars. Je vous conseille d’en faire autant, il faut mettre une pression très forte maintenant. »

Face à cette inertie et à l’urgence de la situation, Lionel Quillet a donc annoncé que la CdC pourrait aider la commune à se payer une digue provisoire. « Je pense qu’il faut absolument, comme à Loix, prévoir un batardeau pour l’hiver. Un batardeau c’est provisoire, démontable et adapté à cette situation d’urgence. Si vous le souhaitez, et sous réserve de la délibération de mes collègues, nous pourrions intervenir à hauteur de 50% de la somme. » Pour ce qui est de la protection des plages, le « plan érosion », déjà annoncé par Lionel Quillet à Saint-Clément le 30 novembre puis en Conseil communautaire le 14 décembre, pourra aussi concerner la commune casseronne sur la Grange et Grignon.

« Ce sont de très bonnes nouvelles », estime la maire Danièle Pétiniaud- Gros. « Le batardeau est une défense indispensable pour nous, et le plan érosion aussi. Sur le PAPI, il nous faut absolument une réponse du Département concernant le calendrier. Je ne peux pas laisser ma population inquiète comme ça. Lors des tempêtes nous étions sur le port avec mon premier adjoint à 6 heures le matin et à 18 heures le soir pour se demander ce que nous pouvions faire. » L’achat de ce batardeau a d’ailleurs été immédiatement acté lors du conseil municipal du 20 décembre (voir p. 12).

Qui occupera l’ancien bâtiment de la DDE ?

Deuxième bonne nouvelle apportée par le président : les travaux de l’ancien bâtiment de la DDE vont enfin pouvoir être lancés. Acheté par la CdC en 2011, ce bâtiment avait jusqu’ici cumulé les déboires. « Ce bâtiment, c’est une tragédie, pire que le Titanic », s’est amusé Lionel Quillet devant les élus casserons, tout en rappelant que ce projet aura coûté au total 4 millions d’euros à la CdC, achat et travaux confondus. « Mais ça y est, nous allons enfin lancer la rénovation », a-t-il annoncé avec soulagement. « Ils débuteront au mois d’avril et il y aura un arrêt ferme entre le 15 juillet et le 31 août », avec une date de livraison prévue début 2026. Lionel Quillet a averti les élus locaux : c’est à eux maintenant d’anticiper quels en seront les futurs locataires. Si la CdC est propriétaire des murs, c’est bien au service de la commune d’Ars que devra se mettre le bâtiment. Avec un bémol néanmoins, affiché carte sur table par le président dès le début du projet : en faire un lieu favorisant la vie permanente sur Ars. « Il y aura comme prévu une salle d’exposition à votre disposition, mais aussi quatre emplacements commerciaux. Je suis déjà assailli de candidatures, qui viennent de commerçants locaux, mais aussi de Rochelais, Parisiens, même de Singapour ! Nous y mettrons ce que vous voudrez, c’est à vous décider. Mais le choix de ces commerces, c’est un moment important, il faudra cibler des activités qui manquent à Ars ou auront disparu à ce moment-là, et le plus possible des activités à l’année. Il faudra fixer un cahier des charges précis. » Bref, exiger des commerces ouverts à l’année.

Lutter contre le sur-tourisme et favoriser le logement permanent

Dernier grand sujet abordé avec les élus casserons : le logement, « stratégie prioritaire de votre commune et de la CdC ». Fidèle à son habitude, Lionel Quillet a répété que le logement est à la base de la vie permanente. Aujourd’hui la situation semble plus inquiétante que jamais, avec l’arrivée sur l’île de Ré « des gros fonds d’investissements venus du monde entier », qui profitent de « la niche fiscale » offerte par le gouvernement sur la location des meublés. Le président semble vouloir passer la vitesse supérieure sur cette question et a appelé les élus d’Ars à réfléchir aux possibilités que donne le classement de l’île en zone tendue. « La Rochelle a déjà réagi, tout comme d’autres villes, Saint-Malo par exemple, et c’est à notre tour de prendre des décisions. »

Lionel Quillet entend élaborer une stratégie à l’échelle de l’île et proposera une délibération à ce sujet au mois de mars. « D’ici là, je demande à chaque commune d’y réfléchir. » « Qu’est-ce que vous voulez mettre en place ? Limiter le nombre de maisons que chacun peut mettre en location ? Ou alors mettre en place des quotas au niveau de la commune ? Interdire la location de meublés touristiques sur la zone artisanale ? » Lionel Quillet a donné plusieurs pistes aux élus casserons, qui, selon la maire, y réfléchiront en réunion d’équipe dans les semaines à venir. « C’est une très belle piste de réflexion par rapport à tout ce que nous vivons aujourd’hui », nous confie Danièle Pétiniaud-Gros. « Il y a un vrai besoin de rééquilibrer un certain nombre de choses. Il faut inverser cette tendance pour que les jeunes qui veulent s’installer là puissent le faire, mais aussi pour limiter le nombre de ces meublés qui sont ingérables. Je suis maire depuis trois ans, je sens bien que la population arrive à saturation. On perd en qualité de vie et on perd en qualité d’accueil. Avant il y avait une intégration de ces personnes qui venaient par amour de l’île de Ré, les habitants étaient capables de les accueillir. Maintenant on est débordé. Il y a une vraie saturation. »

La rencontre entre les élus casserons et le président de la CdC s’est terminée dans une ambiance plus légère autour d’un apéritif partagé salle des mariages.

Aurélie Bérard

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