Nature

Photoreportage naturaliste

Les Rois de la Pêche

© Mathieu Latour - Grand cormoran en chasse
Publié le 13/10/2020

Il existe sur nos côtes des oiseaux qui se sont spécialisés dans la capture des poissons, faisant d’eux certains des plus grands pêcheurs du monde animal. On dit d’un animal qui se nourrit exclusivement de poisson qu’il est « piscivore ». Capturer ce type de proie n’est pas une tâche facile et demande patience et extrême précision. Différentes stratégies de chasse sont alors mises en place.

Martin-pêcheur sur son perchoir

Chez les rapaces, le roi incontesté de la pêche est le Balbuzard Pêcheur. Pouvant atteindre 1m70 d’envergure, les poissons représentent 99% de son régime. Il nous rend visite, le long du Fier d’Ars, en septembre pour une halte migratoire. Il possède une technique de pêche inégalée. Il repère sa cible en la survolant de 10 à 40 mètres de haut ou en vol stationnaire. Il plonge alors, tête la première, ailes repliées, serres en avant et capture sa proie. Ces serres incurvées (en forme de crochets) permettent au balbuzard de maintenir les poissons les plus glissants.

La détente du héron cendré

Les berges du littoral sont les perchoirs d’un autre expert en plongeon plus petit et plus coloré : le Martin-Pêcheur d’Europe. Très farouche dans l’Île de Ré, il est en effet très voyant avec son plumage bleu et orange. Il se tient à l’affût sur un point haut et lorsqu’un poisson est repéré, il quitte son perchoir d’un vol rapide, vient percuter la surface pour se saisir de sa cible avant de regagner son perchoir. Sa petite taille ne lui permet de capturer que de très petites proies.

Balbuzard et sa proie, un mulet

Dans les eaux moyennement profondes chassent le Grand Cormoran et le Harle Huppé (ce dernier nous rend visite en hiver). Ce sont d’excellents nageurs pouvant foncer rapidement sous l’eau pour prendre en chasse leurs proies. Le harle possède en plus des excroissances pointues dans son bec faisant penser à des dents. Un vrai harpon naturel qui garanti un bon repas. Quant au cormoran, ces plumes sont à moitié perméables ce qui lui permet d’être plus lourd et de plonger plus profondément. Mais il doit toujours faire sécher ses ailes au soleil après une partie de pêche.

Harle huppé mâle

Enfin, le Héron Cendré et l’Aigrette Garzette pêchent dans les marais salants. Ils peuvent attendre immobiles pendant plus d’une heure qu’un mouvement trahisse la présence d’une cible (ex : une anguille). Puis, ils détendent leur long cou pour attraper la proie sans avoir à la poursuivre. L’aigrette peut même attendre le long des trous d’entrée de canaux à marée montante qu’un petit poisson soit emporté par les courants.

L’aigrette attend patiemment à l’entrée d’une voie d’eau

Tous ces pêcheurs aguerris peuvent être observés le long des côtes mais il faut beaucoup de patience pour arriver à les voir en action.

 

Mathieu Latour
Photographe animalier
Administrateur Ré Nature Environnement
mathieu.latour98@gmail.com

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