Nature

Reportage animalier

Les Passereaux des marais salants

Mathieu Latour
Publié le 19/04/2019
Les Passereaux des marais salants
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Le printemps est enfin arrivé et il est temps pour la nature de se réveiller. Dès les premiers rayons de soleil, les sons de la biodiversité résonnent dans les marais salants. C’est le début d’une véritable symphonie musicale orchestrée par les passereaux. Ces petits oiseaux comptent plusieurs espèces dans l’île de Ré, dont certaines font de véritables voyages depuis l’Afrique où elles y hivernent. De retour sur l’île au printemps, ces migrateurs recherchent nourriture et partenaires pour la reproduction.

Linotte mélodieuse.

La plus célèbre de toutes est sans aucun doute la Gorgebleue à miroir (Lucina svecica). Il s’agit d’un de nos oiseaux les plus emblématiques. Le mâle est célèbre pour sa gorge de coloration bleutée (d’où son nom) avec une tâche blanche et un collier roux. La femelle possède, quant à elle, des couleurs plus ternes et une gorge blanchâtre. En pleine journée ensoleillée, on peut observer les mâles posés sur une aire de parade où ils chantent depuis le haut d’un buisson en dévoilant fièrement leurs belles couleurs et en imitant les chants d’autres passereaux. La plupart du temps, ils aiment les buissons de fleurs jaunes dont les couleurs contrastent avec les leurs. Les oiseaux ayant une perception des couleurs différente de la nôtre, les nuances de teintes ne sont que plus éclatantes pour les femelles. Celui qui possède la meilleure place de chant et qui se fait le mieux entendre obtient les faveurs d’une dame très exigeante.

Tarier pâtre survolant les champs

La gorgebleue partage son habitat avec un autre migrateur : la Bergeronnette printanière (Motacilla flava). Elle peut néanmoins être facilement reconnaissable par son ventre jaune et sa tête grise et blanche. Le plus souvent elle voltige autour des zones humides à la recherche d’insectes. Autrefois abondantes, les populations ont depuis diminué notamment à cause des pesticides et de l’urbanisation.

Gorgebleue chantant à l’aube.

Ces deux espèces affectionnent particulièrement le milieu des marais salants. La raison est l’abondance d’insectes (en particulier des diptères comme les Chironomes) née du réchauffement des eaux des marais par le soleil d’avril. De plus, elles trouvent des cachettes dans les hautes herbes et les buissons bordant les vasières pour construire un nid au sol, à l’abri des regards indiscrets.

Gorgebleue à miroir

Autour des marais, se trouvent les buissons de ronces. Leurs épines acérées forment une barrière naturelle qui protège les nids de deux autres espèces : le Tarier pâtre (Saxicola rubicola) et la Linotte mélodieuse (Linaria cannabina). La première est présente toute l’année tandis que la seconde est migratrice partielle. Le tarier mâle se reconnaît à sa tête noire tandis que la femelle a une tête gris terne. Les deux sexes ont un ventre orange et un collier blanc. La linotte se reconnaît à ses plumes rouges et son chant élevé. Elle peut avoir deux pontes durant l’année.

Tarier pâtre capturant un grillon

Toutes ces espèces sont facilement observables le long des pistes cyclables traversant les zones marécageuses et les champs. Tendre l’oreille et guetter le haut des buissons sont les meilleures solutions pour de superbes observations ornithologiques.

Mathieu Latour : Photographe animalier – Administrateur de Ré Nature Environnement
latourmathieu.myportfolio.com
mathieu.latour98@gmail.com

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Vos réactions

  • orneytorink
    Publié le 21 avril 2019

    Il me semble qu’une erreur s’est glissée dans la légende du tarier que vous identifiez comme un Tarier pâtre. On observe sur la photo de l’oiseau en vol (juste en dessous de celle de la Linotte mélodieuse) plutôt les caractéristiques du Tarier des prés (Saxicola rubetra). Long sourcil blanc bien marqué et ventre jaune orangé pâle. Il s’agirait donc, je pense, d’un individu mâle en plumage automnal.
    Bien à vous
    G Horney

    Répondre
    • Ré à la Hune
      Publié le 9 mai 2019

      Bonjour
      Merci pour votre commentaire et il est vrai que la confusion est parfois très juste entre les deux espèces. Mais j’étais dans une zone où le tarier des prés est absent de l’île et où le tarier pâtre se reproduit à foison
      Il s’agissait sûrement d’un spécimen femelle ou juvénile car de plus un tarier mâle pâtre venait le voir souvent
      Des photos des ailes repliées (non divulguées) nous ont permis l’analyse de l’espèce
      Mais il a été très difficile de le déterminer car effectivement le sourcil est plutôt blanc sur la photo mais pas aussi blanc que celui du tarier des prés
      Merci pour votre commentaire en espérant que l’article vous a plus
      Bonnes observations
      Mathieu Latour