- Associations environnementales
- Environnement & Patrimoine
- Les Portes-en-Ré
Les marais du Fier d’Ars sous haute surveillance
L’association « Sauvons nos levées et nos marais rétais classés » a tenu son assemblée générale le 21 août aux Portes-en-Ré devant une centaine d’adhérents. L’occasion de faire le point sur l’avancée de nombreux dossiers concernant l’avenir du Fier d’Ars.
Alain Pochon, invité en tant que maire des Portes mais aussi premier vice-président de la Communauté de Communes en charge notamment de la protection du littoral, a ouvert la troisième assemblée générale de cette association créée en 2024. Au coeur de son intervention : le PAPI 2*.
Après avoir fait un point financier et annoncé un surcoût de 20 millions d’euros sur ce projet, il a dit espérer le lancement des travaux en 2028. « Là où ça coince aujourd’hui, c’est au sujet des compensations (…) Pour l’instant nous n’avons pas trouvé d’accord sur ces échanges de marais, mais on va y arriver. » « Mon voeu », a-t-il complété, « est d’arriver à ce qu’on ait la réunion avec la préfecture à la fin de l’année pour avoir l’accord des autorités en décembre. Mais même si j’y arrive, il faut savoir que l’Etat mettra un an avant que le dossier se finalise. » Alain Pochon mise donc sur un lancement des travaux d’ici deux ans. Travaux qui, ensuite, « dureront trois ans. »
Patrick Bouraine, son premier adjoint à la mairie des Portes et membre du conseil d’administration de l’association Sauvons nos levées et nos marais rétais classés, a précisé que la compensation se ferait au niveau de l’ancienne décharge des Portes, dont le coût de dépollution s’élèverait, selon ses estimations, à plus de 23 millions d’euros. « À cela il faut penser aussi à la dépollution de l’ancienne levée du Fier sur 1500 mètres, ce qui rajoute encore 3 à 4 millions d‘euros. »
« Les digues qui entourent le Fier ne sont pas comprises dans le PAPI 2 et sont dans un état catastrophique », a-t-il complété. « Si on ne fait rien, tous nos marais ont du souci à se faire. Et si les marais du nord de l’île disparaissent, l’île de Ré perdra beaucoup de son âme ». Selon Patrick Bouraine toujours, la maritimisation de la réserve de Lilleau des Niges et son report sur d’autres marais, souhaité par la LPO, ferait perdre 85 hectares à la commune des Portes, « ce qui ferait un total de 220 hectares dont serait privé Les Portes, soit 20% de la surface totale communale. »
Le président de l’association Laurent Bommart a quant à lui alerté l’auditoire sur les procédures d’expropriation du Conservatoire du littoral en prenant l’exemple de la zone du Défend à Rivedoux. « Bien sûr le dossier n’est pas transposable à nos marais. Pour l’instant. Mais dès la réalisation des digues du PAPI 2, cette procédure pourrait parfaitement être lancée et nous serions ainsi dépossédés d’une grande partie du territoire de la commune des Portes. Et ceux qui prônent la maritimisation obtiendraient ainsi satisfaction au mépris de la volonté des habitants. Cette mobilisation que nous devons avoir ne doit en aucun cas baisser. La moindre faiblesse sera exploitée pour aboutir à cette extension. »
Laurent Bommart a également évoqué une éventuelle adhésion à certaines associations nationales comme “Sites et monuments”, ce qui permettrait de défendre les idées de l’association et d’assurer la protection du site du Fier d’Ars tel qu’il existe.
* PAPI : Programme d’actions de prévention des inondations.
Lire aussi
-
Environnement & PatrimoineRisques littoraux : comprendre pour mieux agir
Spectacle, jeux, sortie nature : La CdC de l’île de Ré organise une semaine d’animations gratuites, du 19 au 23 octobre 2026, pour mieux vivre avec les risques d’érosion et de submersion.
-
Environnement & PatrimoinePréserver le ciel rétais et sa biodiversité nocturne
Une trentaine de personnes ont assisté le 10 octobre à Ars-en-Ré au premier évènement « Le Jour de la Nuit » organisé sur l’île de Ré. Objectif : sensibiliser à la question de la pollution lumineuse, mais aussi inciter les municipalités à l’obtention du label Villes et Villages étoilés.
-
Environnement & PatrimoineRegards d’extinction, une sublime sensibilité
Après quatre ans de prises photographiques et six mois d’écriture et de montage, l’exceptionnel ouvrage de Mathieu Latour est sorti. Un bijou.

Vos réactions
Si l’on refuse l’extension de la réserve, on la diminue donc; que devient alors la richesse et la beauté de l’île en grande partie fondée sur la nature et l’accueil des oiseaux migrateurs et le plaisir qu’elle apporte aux habitants et aux visiteurs si on réduit les espaces naturels? Dilemme éternel entre le vivant humain et le vivant non humain nécessaire aux plaisirs de la vie! Pas simple à résoudre