Patrimoine

Entretien

Les fortifications de Saint-Martin-de-Ré, patrimoine mondial de l’Unesco à préserver

Pour l’association Vauban Fortifications, l’entretien actuel des fortifications est très insuffisant
Publié le 16/10/2019

Depuis 2008, l’ensemble fortifié de Saint-Martin-de-Ré, oeuvre de Vauban, a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. L’association « Vauban Fortifications » alerte aujourd’hui sur l’état de détérioration d’une partie de ce site extraordinaire.

L’association « Vauban Fortifications » est née de la fusion en 2017 de deux associations : « L’étoile de Vauban », créée en 2005 pour préparer la demande d’inscription à l’Unesco de l’ensemble fortifié de Saint- Martin-de-Ré et « Les amis des fortifications » créée en 1998 par Yvonne Berriau.

Actuellement, « Vauban Fortifications » s’occupe de la promotion de ce site exceptionnel martinais en organisant notamment différentes manifestations en son sein. Elle a également vocation à aider à assurer la protection du site et de l’environnement de la cité, tout en veillant à sa conservation.

L’ensemble fortifié de Saint-Martin, patrimoine mondial de l’Unesco

Édifiées entre 1681 et 1685 par le Maréchal de Vauban, ingénieur militaire réputé, les fortifications qui encerclent Saint-Martin-de-Ré devaient protéger toute la population de l’île en cas de débarquement ennemi. Elles constituent aujourd’hui l’un des plus beaux exemples conservés en l’état de réduit insulaire fortifié. Inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité en 2008, elles font désormais partie des douze sentinelles de Vauban, classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

La « Convention pour la protection du patrimoine culturel et naturel » est un accord international adopté par la Conférence générale de l’UNESCO en 1972. Elle est fondée sur le principe qu’il existe sur terre des endroits d’une valeur universelle et exceptionnelle qui devraient faire partie du patrimoine commun de l’humanité. Quarante-trois biens français sont actuellement inscrits sur cette liste du patrimoine mondial.

L’avantage pour les collectivités locales d’une telle inscription est bien entendu la notoriété que cela confère au site visé. Mais une telle inscription implique également un certain nombre d’obligations et de contraintes et notamment de protéger le bien et de garantir un état de conservation suffisant en vue de sa transmission aux générations futures. L’article 4 de la Convention pour la protection du patrimoine mondial stipule ainsi que « chacun des États partie à la présente Convention reconnaît que l’obligation d’assurer l’identification, la protection, la conservation, la mise en valeur et la transmission aux générations futures du patrimoine culturel et naturel visé aux articles 1 et 2 et situé sur son territoire, lui incombe en premier chef ».

L’état des parapets des fortifications se dégrade

La détérioration d’une partie des fortifications inquiète « Vauban Fortifications »

Le hic pour les collectivités locales c’est qu’aucune subvention ne découle de l’inscription sur la liste du patrimoine mondiale de l’Unesco. Or l’entretien de tels sites peut s’avérer très coûteux. C’est le cas pour les fortifications de Saint-Martin-de-Ré. L’ampleur des travaux est telle que la commune n’a pas les moyens de prendre en charge la totalité.

Lucette Noviel, membre de l’association « Les amis des fortifications » depuis 2001 (et présidente depuis 2011) est la présidente de la nouvelle structure « Vauban Fortifications ». Selon elle, l’entretien actuel des fortifications est insuffisant. Les membres de l’association sont ainsi très préoccupés par l’état d’une partie de l’édifice et notamment par le problème de la végétation qui pousse sur les parapets entraînant le descellement et la chute de pierres des murs des courtines et bastions (notamment au niveau des bastions Sainte- Thérèse et de de Bourgogne). Et si depuis trois ans, cinquante jeunes du service militaire volontaire débroussaillent les fossés pendant quelques jours chaque année, cela reste pour Lucette Noviel largement insuffisant pour endiguer le phénomène sur l’ensemble des fortifications.

Des démarches qui n’aboutissent pas

Pourtant, Lucette Noviel pense que des aides pourraient être débloquées dans le cadre de dispositifs adaptés et permettre ainsi de financer une partie des travaux ; par exemple via le dispositif de protection des Monuments Historiques. Un représentant de ce mécanisme est d’ailleurs venu dernièrement évaluer l’étendue des travaux nécessaires sur une partie de la citadelle. « Vauban Fortifications » en a fait part aux services de la mairie de Saint-Martin mais n’a reçu aucune réponse concernant la construction éventuelle de dossiers de subvention en ce sens. L’association a parallèlement transmis un courrier au Conseil départemental afin d’obtenir un financement via les produit de l’Ecotaxe. La demande a été refusée.

L’association a également alerté par courrier la Ministre de la justice. En juillet 2019, Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, s’est rendue sur place et a annoncé une enveloppe de six-cent-mille euros pour la rénovation d’une partie du mur d’enceinte extérieur de la prison. L’association regrette de ne pas avoir été prévenue de cette visite et de ne pas avoir pu partager ses observations et doléances relatives à l’état de la citadelle.

Aujourd’hui l’association ne se sent pas assez soutenue et s’inquiète de la détérioration de ce patrimoine exceptionnel.

Un nouveau panneau a été installé au niveau de la Porte des Campani. Il retrace dans les grandes lignes la vie de Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1er mai 1633 – 30 mars 1707).

Margaux Segré

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Vos réactions

  • Claudiej
    Publié le 29 octobre 2019

    Un article qui montre que les bonnes volontés ne sont pas toujours soutenues dommage. Pourtant c’est l’intérêt d’une mairie de protéger le bien commun et de se donner les moyens d’être aidé pour ce faire. Bon courage à l’association, chaque fois que je viens sur l’île il y a toujours un temps pour St Martin et Vauban. Bonne route

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  • daniel
    Publié le 29 octobre 2019

    Bravo pour les efforts effectués par l’association ,association ou j’aimerai bien adhérer

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  • Jean-claude
    Publié le 29 octobre 2019

    Bonjour les Rhétais ! …. ou les Rétais ! …… ou le monde de RÉ !
    Je suis allé à l’île-de-RÉ en juin et comme mon ancêtre était originaire de Saint-Martin-de-Ré, je suis allé voir. En fait ça ressemble beaucoup à ma ville dans le Vieux-Québec, l’intramuros. Ici il y a eu 7 fortifications successives et ce territoire est aussi reconnu par L’Unesco. J’ai aimé le respect que vous avez à conserver la vieille ville. Ici avec les millions de touristes qui déferlent, on se spécialise dans les commerces de T-shirt et tous les objets pour satisfaire dans ce type de commerces touristiques. Ne tombez pas dans ce panneau. La différence avec Saint-Martin, c’est qu’ici il faut résister à l’hiver. Mais si François Freschet de Saint-Martin a survécu, Québec est possible.

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  • dede
    Publié le 3 novembre 2019

    pourquoi ne pas mettre sur le chantier les chomeurs remuneres par pole emploi?quel gachi de laisser la degradation se faire alors qu’il serait possible de l’arreter avec de la main d’oeuvre accessible.

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